On peut avoir été gâté par la nature, avoir des aptitudes physiques exceptionnelles, s’être entraîné comme une bête depuis des mois et avoir une santé de fer… Aussi petit soit-il, un problème, même pas plus large qu’une pièce d’un euro, peut réduire à néant votre objectif aussi humble qu’il peut-être : l’échauffement cutané.

Par Jean-François Tatard – Photos : Brooks/DR

Les problèmes d’échauffement de la peau dus aux frottements sont très fréquents en course à pied, et peuvent être si handicapants qu’ils nous contraignent à aucune autre issue que l’abandon. Pendant et après la course, beaucoup d’entre nous y sont confrontés. Souvent sous les pieds mais aussi entre les cuisses, sous les aisselles, aux mamelons et autant d’autres terrains de prédilection de zones de frictions violentes ou répétées de la peau sur la peau ou du tissu sur la peau. Pour faire simple c’est le vernis qui dégage ! Et il peut ainsi y avoir une présence de liquide séreux en sous cutané et même de poche de sang.

Comment prévenir ?

Première bonne nouvelle : s’il y a un problème, c’est qu’il y a une solution. Et s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème. Alors avant de guérir mieux vaut essayer de prévenir. Mais comment ? C’est simple, il faut protéger les zones à risque. Alors, focus sur les pieds, les mamelons, l’intérieur des cuisses et le nombril.

Les pieds

Par répétition du geste, la course à pied provoque des micro traumatismes cellulaires sous les pieds. Cela déclenche des réactions inflammatoires qui se manifestent sous forme d’ampoules ou ce que les gymnastes appellent des « steaks » pour imager cette destruction de l’enveloppe cornée. Ainsi, appliquer une crème anti-échauffement ayant des vertus spécifiques est donc indispensable. Elle prépare le pied à l’effort, joue un rôle de lubrifiant et laisse en surface un film protecteur. Comme une deuxième peau qui évite ou au pire retarde l’apparition des ampoules. Idéalement, il faut appliquer cette crème avant l’entraînement ou la compétition. Aussi, par expérience, mon premier 100 km m’a donné comme précieuse indication qu’il fallait tanner les pieds tous les soirs, 10 jours avant un objectif d’une distance aussi longue. Pas compliquer à trouver ? Sans ordonnance, vous demandez du tanin à votre pharmacie.

Tout bête aussi !

Ne vous aventurez jamais sur une course avec des chaussures et/ou chaussettes neuves que vous n’avez jamais essayées avant. Pensez que les pieds gonflent au fur et à mesure que la distance s’allonge. Une demi pointure de plus n’est souvent pas de trop pour courir un marathon par exemple. Et le top dans la chaussure c’est de mettre des chaussettes sans coutures.

L’ampoule

À la première rougeur, il y a l’alarme qui sonne ! Il est temps de mettre un pansement hydrocolloïde type Compeed ! Par contre, si l’ampoule est déjà présente, il y a quelque chose qui fonctionne bien mais qui nécessite une seringue. Il s’agit de ponctionner le liquide de l’ampoule et de le réinjecter avec de l’éosine. Et si elle est ouverte, trop tard ! Enfin… Never Give Up (à tatouer sur la peau du runner d’ailleurs) ! On désinfecte la plaie avec un antiseptique. Pas de coton surtout ! Puis on met un pansement occlusif !

Trois marques à retenir ?

Compeed, Epitact, Urgo.

Les mamelons

On ne rigole pas ! Ce n’est pas drôle ! À l’arrivée des courses, demandez aux bénévoles qui récupèrent les dossards, il n’est pas rare de voir deux taches de sang sur les tee-shirts à la place des tétons. Mais là encore il y a des solutions en amont : de la pommade grasse sur le mamelon, un pansement adhésif en couverture et puis plus simplement : un maillot de course de qualité hydrofugée et anti transpirant.

L’intérieur des cuisses

Encore plus souvent l’été quand on court en short, les frottements entre les cuisses provoquent des irritations. Alors après les pieds et les mamelons, il vous reste encore de la pommade ? Allez hop, en couche épaisse et sans faire pénétrer, laissez une bonne tartine au niveau des adducteurs.

Le nombril

Maintenant que vous connaissez la recette, investissez dans un carton de pommade de grasse ou de vaseline… à appliquer largement à l’endroit où la peau frotte contre le short ou le slip.

Comment guérir ?

Il n’est jamais trop tard ! Vous connaissez l’adage des champions ? « If you quit once, it becomes a habit. So never quit ! » Maintenant que le problème existe… Nettoyez avec du sérum physiologique sur une compresse stérile (jamais de coton) et désinfectez à la Bétadine. Ensuite, utilisez du Tulle gras ou un pansement occlusif.  Si la pharmacie de famille est vide, il doit bien y rester de la Biafine. Tartinez, laissez pénétrer et renouveler jusqu’à « saturation » de la peau. Vous pouvez aussi recouvrir d’un feuillet et maintenir l’ensemble pendant une ou deux journées avec une bande non collante. Surtout, il faut éviter la croute. Vous avez beau être majeur, dans le fond, vous allez continuer de gratter la croute comme un gamin de cinq ans et ça ne va jamais cicatriser.

Pour conclure

On ne se répètera jamais assez : chacun est différent et comme pour l’entraînement, il n’existe aucune vraie recette universelle qui satisfera tout le monde… Le plus important c’est surtout de bien se connaître et de surveiller vos propres zones sensibles sur votre corps. À l’entraînement et après chaque course, examinez-vous afin de savoir prévenir en fonction du contexte ! Et continuez encore aussi longtemps que la vie vous offrira d’années à courir sans jamais être perturbé.

 

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