Vous courez et êtes en quête de liberté ? Vous cherchez un terrain d’exploration et d’introspection où la contrainte chronométrique serait définitivement en suspens et où la seule adversité aurait pour nom : vous-même ? Vous aimez la nature et puisque c’est d’actualité, vous avez envie de profiter de la douceur du printemps ? Voici les avantages de la course en nature.

Par Jean-François Tatard

@Photo : Pyrenees vallées des gaves trail

Le « trail » où littéralement traduit par la « course nature » est une course se déroulant dans la nature verte hors des routes goudronnées. Elle permet de rompre avec la monotonie des parcours urbains : running en forêt, course à pied à travers les chemins de montagne, footing à la plage… Les panoramas sont complètement uniques et aussi variés qu’il existe de possibilités de s’aventurer.

Du point de vue physique

Je ne sais pas s’il existe meilleure école pour apprendre à maîtriser son corps. On est constamment à la recherche de son propre équilibre. Puissance, force, équilibre, proprioception, qualités respiratoires, coordination, adaptation de l’allure, maîtrise du geste et des appuis, la « course nature » est un subtil mélange de toutes les qualités que nous offre notre belle mécanique.

Du point de vue mental

Côté mental, courir en milieu naturel nous sort du quotidien et de cette forme de monotonie qui consiste à reproduire les mêmes parcours. C’est un retour à la liberté et à l’indépendance profonde.

Écoute de soi-même et adaptation !

La « course nature » est ouverte à tous. À l’entraînement, pour progresser ou se faire plaisir, et en compétition. On trouve des courses de 5 km, puis de 15 à 30 km. Pour les plus aguerris, il en existe même qui dépassent les 50 km. Et encore bien plus pour les plus fous… 100, 200 et même sur plusieurs jours… En fait, les courses « nature » ou «  trail » sont déclinées sous plusieurs formes…

Le trail

C’est le nom de la « course nature » la plus connue. Elle peut atteindre jusqu’à plus de 80 km de distance. Les départs sont souvent donnés très tôt le matin. Et la lumière frontale fait souvent partie de l’équipement indispensable. Le parcours est balisé et sécurisé. « Normalement », on ne s’y perd pas. Enfin 8 fois sur 10 (Rire). On y retrouve aussi des ravitaillements tous les 5 km généralement. Et la particularité par rapport à la route c’est que la « marche » fait partie intégrante de cette discipline. En effet, il y a des portions où en fonction de l’inclinaison de la pente il est préférable de marcher. Courir en pleine nature, c’est la rencontre de toutes sortes d’obstacles et de passages complexes. La vitesse perd toute sa valeur indicative. Il faut se fier à d’autres repères…

La course verte

Là, c’est un peu l’entrée en matière en milieu naturel. La course verte c’est une course nature de 5 à 20 km. De 7 a 77ans, le niveau de difficulté rend la course accessible à presque toute la famille.

La course montagne

Elle concerne les plus aguerris. Au départ, on y retrouve le plus souvent tous les boulimiques de dénivelés. En effet, le parcours est associé à de forts dénivelés positifs et négatifs, des efforts longs et la plupart du temps des paysages de rêve. Les distances se calculent généralement plus en temps qu’en kilomètres. Et à titre de comparaison, le rapport est généralement de l’ordre de 500 m de dénivelé pour 1h d’effort.

L’ultra trail

Dans la course à la surenchère, elle en est une nouvelle discipline de la course à pied qui prend un énorme essor ces dernières années. Et pour définitivement faire de cette discipline un ultra trail, il faut pas plus de 15% de surface goudronnée et au minimum 80 km de distance totale de parcours. Les ultra trails se font en autosuffisance. Cela signifie qu’il vous faudra emporter tout ce qu’il faut pour survivre : « sifflet d’alerte », une lumière frontale, une pile de rechange, une couverture de survie, une quantité d’eau ou de liquide minimum, quelques barres énergétiques, votre carte d’identité, votre téléphone portable et même un truc qui ne prend pas de place et qui pourrait bien vous sauver : un billet de 10€ (et pas seulement pour se payer une bonne bière au dernier refuge).

Quelques conseils

Vous l’aurez compris, quel que soit votre niveau, débutant ou expérimenté, quel que soit le choix de la distance sur laquelle vous vous aventurez, la « course nature » a de véritables atouts pour vous séduire. Au fur et à mesure de vos entraînements et de votre expérience, vous pourrez parcourir des distances de plus en plus longues ou vous lancer dans des parcours de plus en plus accidentés et avec de plus en plus de dénivelé. Et, peut-être même, un jour, vous inscrire à l’UTMB ou à la Diagonale des fous. Qui sait ?

Mais l’important est de faire tout cela à son rythme

Pour commencer, il est important de trouver un parcours d’entraînement le plus près possible de chez vous. Un parcours sympathique. Au niveau du paysage. Au niveau de la distance. Et si vous aspirez à progresser : la régularité est de mise. On vous conseille donc vivement de courir pas trop loin de chez vous pour découvrir la « course nature ». Si vous devez prendre la voiture et rouler une demi-heure pour accéder à un endroit qui vous plait pour vous exercer, vous ne vous entraînerez pas aussi régulièrement. Ne vous faites pas piéger !

Ensuite, il est important de choisir un matériel bien approprié. Courir sur des chemins dont les textures sont souvent changeantes ou sur une route bitumée sont deux pratiques différentes qui demandent des chaussures spécifiques. Pour la course nature, il est recommandé de vous équiper de chaussures munies de semelles crantées. Elles offrent une bonne adhérence et diminuent ainsi les possibilités de glissades et de chutes. Pour le reste, short ou collant, t-shirt ou veste isolante : à vous de juger en fonction des conditions climatiques du moment.

Toutefois, si vous partez courir dans un endroit vraiment isolé, voici trois conseils et munissez-vous :

1/ d’un camelbak avec une réserve d’eau

2/ d’une réserve de fruits secs, de barres ou de gels énergétiques

3/ d’un téléphone portable.

La course nature est un moment de déconnexion et, pour certains, de réelle communion avec la nature, mais il ne faut pas fermer les yeux sur le risque de chute. Et en pleine forêt, la probabilité de croiser quelqu’un pour vous aider est bien plus faible qu’en ville. Soyez donc prudent … et donc : équipé !

Le look « nature »

Laissez le traditionnel short, débardeur et la petite running légère au placard. Et couvrez-vous, équipez-vous ! Vous pouvez vous laisser pousser la barbe si vous voulez mais méfiance, vous n’appartenez pas encore non plus à la famille des « minimalistes » ou de ces fameux montagnards mexicains qui grimpent les collines, aussi hautes soient-elles, tout juste munis de sandales. L’équipement doit être couvrant, protégeant, imperméabilisant, confortable et sécurisant.

Quatre avantages à la course nature

1/ fini la monotonie des pistes d’athlétisme ou des 1 km par tour du parc Monceau

2/ fini les odeurs de pot d’échappement, et bienvenue dans l’air pur de la campagne

3/ la surface au sol est plus souple et plus adaptée pour vos articulations

4/ enfin, le paysage – que ce soit en forêt, en campagne ou en bord de mer – est généralement propice à la détente et à la sérénité… même pendant l’effort !

Et le plaisir avant tout

Après, tout… tout ne doit être que plaisir. Plaisir de courir, plaisir de profiter du décor, plaisir de croiser de temps en temps des animaux qu’on n’a pas l’habitude de voir en ville, plaisir d’être libre. Voilà ce qui motive réellement les aficionados de la « course nature » : la liberté de courir, à son rythme, sur de jolis parcours et dans le calme. Certains trailers à l’esprit plus philosophique, vous diront même que c’est un moment de profonde introspection.

Ce qui est certain, c’est que c’est une discipline saine pour le corps et peut-être plus encore l’esprit. Elle associe endurance et changement de rythme. Alors, n’hésitez plus et succombez, vous-aussi à cette nouvelle tendance sportive !

 

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