Vous vous souvenez de la première fois où vous êtes rentré dans un magasin dédié à la course à pied ou au rayon running d’un magasin de sport ? « Êtes-vous pronateur ou supinateur ? » Cette question du vendeur sur le type de foulée est un grand classique. Et si vous ne vous l’êtes jamais posée vous-même, c’est peut-être parce qu’à force on ne sait même plus très bien ce qu’elle signifie réellement.

Par Jean-François Tatard – Photos : Brooks/DR

Le type de foulée, pronatrice ou supinatrice, sont des incontournables du vocabulaire du runner. On les utilise pour définir la chaussure de course à pied qui vous est la mieux adaptée. Et le principal à retenir – n’ayez pas peur – c’est qu’il n’y a pas de type de foulée mieux ou moins bien ou normale ou pas normale.

À LA BASE, ON PRÔNE !

Quand on fait de la course à pied, on ne prône pas que la bonne parole. C’est aussi notre pied qui prône. En effet, réfléchissez à quelle position est la plus naturelle pour vous quand vous courez ? Paume de pied vers le haut ou paume de pied vers le bas ? C’est aussi bête que ça, nous sommes donc naturellement tous pronateurs.

Pronateur signifie que vous courez sur le dessous de votre pied. Néanmoins la complexité de la biomécanique fait que nous le sommes de manière plus ou moins prononcée d’un individu à l’autre. En effet, lors d’une foulée, le pied effectue une rotation naturelle grâce à l’articulation de la cheville. Et ainsi, en fonction de chacun, soit nous sommes en pronation normale, soit nous sommes en sur-pronation, soit nous sommes en sous-pronation. Et en fonction des 3 possibilités, cela signifie :

1/ Que nous avons une foulée universelle dans le premier cas (50% des runners).

2/ Pronatrice dans le second cas (40% des runners).

3/ Et enfin plus exceptionnel (10% des runners) : supinateur dans le dernier cas.

Pour chacun des cas, je vais essayer d’expliquer…

FOULÉE UNIVERSELLE

La foulée universelle c’est lorsque le mouvement de pronation est normal. Au moment du contact au sol, l’avant du pied pointe encore légèrement vers l’extérieur. Le mouvement continue et l’avant du pied se pose alors avec une force majoritairement concentrée au milieu de la chaussure.

FOULÉE PRONATRICE

La foulée pronatrice est donc une foulée sur-pronatrice. L’attaque du pied au sol est toujours par l’extérieur, comme pour la foulée universelle. Mais le déroulé du pied se fait ensuite de manière plus marquée vers l’intérieur. La pression à l’avant du pied est principalement concentrée autour du gros orteil.

FOULÉE SUPINATRICE

La foulée supinatrice est donc une foulée sous-pronatrice. L’attaque du pied arrive sur l’extérieur mais le mouvement de la cheville est incomplet et ne ramène pas suffisamment le pied vers le centre pour un pose à plat. Le pied touche donc d’abord le sol par l’extérieur de la chaussure.

FAUT-IL CORRIGER ?

Même si la tendance est à la correction, soit par une semelle orthopédique, soit par une chaussure spécifiquement adaptée, je ne suis pas convaincu qu’il faille forcément modifier quoique ce soit. En effet, même si la foulée est marquée par une des trois hypothèses, il n’est absolument pas certain qu’il soit nécessaire de corriger. Au contraire. En quoi est-ce un problème ? Je pense que les marketeurs des marques de running veulent surtout nous faire entendre ce qu’ils ont envie. De tout temps l’homme a toujours su s’adapter. Pas de stress !

QUAND SE POSER LA QUESTION ?

Comme systématiquement l’alarme est tirée quand il y a une douleur. Ainsi. S’il y a une blessure ou quelque chose qui fait mal ou empêche d’évoluer normalement, là il y a lieu de se poser la question.

ON FAIT QUOI ?

Dans ce cas, il faut trouver la cause plutôt que faire du « traitement symptomatique ». Et en ce sens, il y a des spécialistes qui peuvent vous accompagner dans notre investigation. À commencer par le Kiné. Mais aussi le médecin du sport, l’ostéopathe ou encore le podologue et même moins connu : un posturologue.

  • Un podologue du sport va analyser votre foulée et faire une semelle adaptée à votre besoin.
  • Un posturologue va analyser votre posture et intervenir dans un réalignement
  • Un ostéopathe va corriger mécaniquement votre alignement et vous aider à corriger les déséquilibres
  • Un médecin du sport ne fera rien. Ou au contraire, il fera le principal. Il va vous orienter vers le spécialiste le plus compétent.

CHOISIR SA CHAUSSURE

Finalement on écrit des lignes et des lignes mais c’est surtout pour le choix de la chaussure que le type de foulée vous intéresse. Alors on fait quoi avec tout ça ? Et bien, on ne choisit quand-même pas n’importe quoi. Je suis ainsi convaincu qu’il y a quelques paramètres qui peuvent aider à mieux courir. En effet, il faut que la chaussure accompagne le mouvement naturel du coureur plutôt que de lui imposer ce mouvement. Ça se matérialise ainsi par une chaussure : avec un drop pas trop important, sans renfort de pronation ou supination et souple pour permettre au pied de bouger naturellement.

POUR CONCLURE

Ça en fait des explications. Mais plus que des mots mon père dirait « un bon dessin » ! Et je rajouterais : regardez l’usure de vos anciennes chaussures. En trouvant les endroits qui sont le plus usés, vous pourrez facilement définir votre type de foulée !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *