Alors que depuis l’essor de l’ultra en course à pied c’était surtout la course à la surenchère niveau distance de l’épreuve sur la quelle on se lance notre défi, si on prenait tout le monde à contre pied. Si on se lançait le défi d’un kilomètre vertical ?

Par Jean-François Tatard – Photos DR

La « petite nouvelle » dans le domaine de la course à pied. Cette épreuve attire de plus en plus de monde. Mais c’est quoi ? Un KV ça veut dire quoi ? Le KV ou le kilomètre vertical consiste à « courir » 1000m, c’est ça ? En fait c’est presque ça ! Le 1000 mètres c’est surtout 1000 mètres de dénivelé positif. Et le but c’est de monter de 1000 mètres d’altitude le plus rapidement possible. Ainsi, plus la distance est courte plus le pourcentage de la cote s’accentue. Et inversement ! Ainsi la seule chose qui ne bouge pas dans cette épreuve c’est le dénivelé. Plus la pente est douce, plus la vitesse de déplacement du coureur est élevée, mais plus la distance est courte, plus l’angle de la pente va drastiquement s’accentuer.

QUEL EST LE POURCENTAGE PARFAIT ?

Je le sais. C’est la question que vous me poserez en premier. Je me la suis posée aussi. Quelle est la pente idéale pour avoir son meilleur chrono ? Et là… Je vais vous décevoir d’entrée car je n’y connais rien. Pas de stress ! Je n’ai pas dit mon dernier mot… Ainsi, a-t-il fallu que je regarde où est ce que les records étaient les plus systématiquement battus dans cette nouvelle discipline. On sait que Berlin est le parcours parfait pour batte son record sur marathon. Mais pour le KV, on le bat où son record ?

BIENVENUE À FULLY

Vous connaissez ? Moi non plus. Fully c’est en Suisse. Et le parcours fait moins de 1920 mètres. C’est là où les KVistes courent le plus vite. Alors…, Sortons les calculettes & posons le problème (sauvé, j’étais pas super bon à l’école mais mes 18 en maths ont sauvé mon Bac).

Ainsi,

  • On sait qu’on est à 500 mètres d’altitude au départ
  • On sait qu’on sera à 1500 mètres à l’arrivée
  • On sait que le tracé du parcours fait 1920 mètres
  • On a donc un triangle rectangle pour lequel nous avons la mesure de 2 des 3 cotés ? « Pythagore » ça vous parle ?
  • L’hypoténus mesure 1920 mètres. Et le seul autre côté que nous connaissons 1500-500. Et selon ce fameux théorème on sait que l’hypotenus au carré est égal à la somme des deux autres côtés au carré.
  • Soit AB2=BC2+AC2
  • Ou (1920×1920)=(1000×1000)+(ACxAC)
  • 3686400=1000000+(ACxAC)
  • Et ainsi (ACxAC)=3686400-1000000
  • Et donc (ACxAC)=2686400
  • Ou AC = la racine carré de 2686400
  • Et donc = 1619
  • Et qu’est-ce qu’on fait avec ce chiffre ? Et bien on calcule l’angle de la pente. Soit  1000/1619 ou 0,6176.
  • Réponse = 61,76% d’inclinaison !

Après, cette révision mathématique qui vous épargnera une journée de cahier de vacances pour vous récompenser du résultat que vous avez trouvé, ce qu’il convient aussi de vérifier c’est le pourcentage d’oxygène dans l’air. On sait qu’avec l’altitude par exemple, il se raréfie. Et ainsi à 1500 mètres dans cette montagne suisse, nous ne sommes pas encore en situation d’hypoxie. C’est un point important pour la performance.

Et dernier point, systématiquement le parcours est rectiligne et droit et sans pièges ni embûches.

LES CHRONOS NOUS DISENT QUOI ?

Pour les meilleurs mecs comptez 30 minutes et 35 pour les femmes. L’effort est donc comparable à celui d’un 10 bornes sur le plat. Mais en réalité, je pense qu’au-delà de ces similitudes cardiaques et de durée d’effort, c’est très différent. Je vois mal un coureur de 10 km faire une perf sur KV et inversement.

UNE AFFAIRE DE SPÉCIALISTES !

Les champions de KV se singularisent chaque jour davantage. Il faut tenir compte de biens d’autres paramètres. La gestuelle notamment, la musculature aussi, la foulée, le rapport poids puissance, etc. Si un spécialiste de 10 km ne performera pas sur son premier KV, et certains jamais, c’est que le coût énergétique détermine la performance, car la vitesse est tout simplement le rapport de la fraction de VO2max sur le coût énergétique de la foulée. Sur un KV, VO2max, fraction de VO2max, VMA ascensionnelle, technique et puissance sont essentiels, les deux derniers facteurs étant déterminants dans la réussite de cette aventure.

LES POINTS FORTS D’UN KViste

La force du KViste… Je vous arrête, Ce n’est pas ça culture oenologique. Sa force c’est de savoir marcher. Courir court. Petite foulée. Peu d’élasticité. Mais beaucoup de puissance a contrario. En gros, vous pouvez avoir une grosse VMA, une foulée aérienne à la GEBRE, de l’amplitude et de l’élasticité dans votre foulée, et dans ce cas : vous pouvez déjà oublier le KV !

POUR CONCLURE

Riches des ces deux ou trois infos, il conviendrait d’identifier quelques points importants dans le choix de son parcours pour optimiser son KV… Ainsi, le parcours idéal, c’est-à-dire celui où l’on peut accomplir la meilleure perf, GPS au poignet, serait : une pente régulière et forte (~ 60%), un revêtement homogène et non glissant, un parcours rectiligne et avec une arrivée à moins de 1800 mètres d’altitude. Et en écrivant moi qui ne m’y suis pas encore aventuré et pourtant très conscient de mes faiblesses pour ce type d’épreuve, je viens de découvrir que j’ai véritablement très envie d’essayer… on s’inscrit ensemble ?

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