« Je n’échoue jamais, soit je gagne soit j’apprends », « il faut rater pour plus tard gagner », « statistiquement j’ai échoué 1000 fois avant de gagner 1 fois », « la réussite, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ». Je suis en mesure de vous en écrire comme ça encore des pages… Les citations motivantes qui accompagnent l’échec sont innombrables. Elles semblent évidentes. Pourtant quand on manque son objectif ou qu’on vit LA contre-perf, au premier abord, il est difficile de ne pas ressentir la culpabilité et la frustration.

Par Jean-François Tatard – Photos DR

Alors, Comment faire pour aller au-delà de ses réactions conscientes ? Comment vaincre l’échec ? Comment le dépasser ? Comment le transformer en levier ?

ÉCHOUER C’EST LE DÉBUT D’UNE SECONDE CHANCE

On la doit à Henry FORD : « Échouer c’est avoir la possibilité de recommencer, de manière plus intelligente ». Si cette citation est elle aussi très connue, peu en saisissent le sens profond. Pour l’illustrer, je me souviens d’ailleurs d’une anecdote non sportive pour une fois, qui a boulversé ma vie. Un jour en sortant d’un entretien pour un job, je me suis rendu compte, une fois dans le bus, du passage qui avait fait manquer la réussite de mon interview. C’est aussi le moment où j’ai compris qu’il était toujours possible de recommencer. Devinez ? J’ai pris le premier arrêt suivant. J’ai traversé la route. J’ai changé de trottoir et j’ai pris le bus dans l’autre sens pour retourner frapper à la porte du recruteur…

APPRENDRE DE SES ÉCHECS

En effet, l’être humain a la possibilité d’apprendre de ses échecs et ainsi de corriger son parcours vers l’atteinte de ses objectifs. Et des fois de façon bien plus immédiate qu’il ne le croit. Faire prendre conscience de ceci est le but de tout coaching de vie. Un excellent exemple est celui de la torpille qui, après avoir été lancée, corrige sa trajectoire en fonction des mouvement de sa cible. Cependant, au contraire de la torpille qui a la capacité de rectifier immédiatement après avoir reçu les données nécessaires, l’être humain est avant tout fait d’émotion. D’où la nécessité de passer par différentes phases pour gérer l’échec.

LA COURBE DE DEUIL

Si nous nous accorderons finalement tous à penser que l’échec est partie prenante de l’apprentissage, à chaud, elle est quand même assez souvent dévastatrice… Vous n’avez pas tous les ans l’opportunité de courir LE marathon le plus rapide du monde et alors, abandonner un « Berlin », par exemple ou un « marathon de New York » (marathon d’une vie parfois), c’est vivre un véritable deuil ! C’est terrible, il y a comme un sentiment de perte. Si les émotions s’emmêlent, elles évoluent finalement toujours dans le même ordre. Ce qui nous différenciera les uns les autres, ce n’est que le temps qui espace chacune de ces 9 étapes.

  • 1.LE CHOC

Si les premiers kilomètres de votre course se sont enchaînés aussi précisément qu’une horloge à un rythme ultra régulier mais qu’il arrive pourtant un moment où c’est une véritable sidération, c’est peut-être que vous vivez la première étape de la « courbe de deuil ». Ce genou ou ce tendon d’Achille finalement toujours aussi fragilisé vous dit « STOP » ! Au-delà de la douleur insoutenable, immédiatement, vous ne pouvez pas être autrement que déstabilisé…

  • 2.LE DÉNI

« Mais pourquoi moi ? », « Ce n’est pas possible ! », « Ce même pied qui m’a fait louper mon objectif aussi l’année dernière », « Je ne peux pas y croire »,…

  • 3.LA COLÈRE

« Qu’est-ce que je n’ai pas bien fait ? », « Pourquoi des trailers enchainent des courses de 80 km tous les trois semaines sans se blesser alors que moi je n’arrive même plus à courir une seule malheureuse course correctement par an ? » La rage, le dégoût, la rancœur, l’accusation, le transfert de la responsabilité sur les autres. Bref, comme un ciel sombre et orageux qui efface un plafond bleu et radieux, c’est la colère…

  • 4.LA PEUR

« Suis-je définitivement fichu pour la course à pied ? », « Qu’est-ce que je vais devenir ? », « Qu’est-ce que je vais faire une fois rentré à la maison ? »… C’est l’angoisse. Cette blessure apparait comme insurmontable.

  • 5.LA TRISTESSE

C’est finalement, l’étape la plus décisive. Comme si on prenait conscience qu’on ne pouvait finalement pas tomber plus bas. C’est le moment où on prend conscience que ce qui a été fait, et qu’on ne pourra de toute façon rien changer. Vous pouvez même vous appeler Haile GEBRSELASSIE, faire preuve d’expérience et de sagesse exemplaire, vous vous cachez pour pleurer… Il est temps de remonter la pente !!! On rechausse les runnings !!! Et on amorce, enfin, la sortie de l’impasse

  • 6.L’ACCEPTATION

C’est le moment où vous n’êtes plus l’objet du deuil. Vous passez enfin au premier plan.

  • 7.LE PARDON

Vous renoncez à l’illusion de toute puissance. Vous arrêtez de vous laisser envahir par ce sentiment douloureux de culpabilité. Et vous vous pardonnez à vous-même. Et vient le pardon à la hauteur de la perte.

  • 8.LA QUÊTE DU RENOUVEAU

Comme une révélation, vous découvrez le cadeau caché. « Grâce à cet abandon, je vais pouvoir mieux envisager en profondeur la guérison », « j’ai identifié des nouvelles pistes qu’il faudra absolument réutiliser dans mes prochains plans », « dans le futur je saurai comment mieux gérer cette même situation », « mon exemple et la gestion de ce deuil peut m’aider à mieux accompagner certaines situations futures et service d’exemple pour les autres ». Il s’agit en fait de reconnaître que cette situation nous a fait découvrir des choses non envisageables dans l’ancienne situation.

  • 9.LA SÉRÉNITÉ

Sans excès d’émotion, vous faites finalement la paix avec ce moment. Vous vivez dans le présent et ce qui vous arrive dans votre quotidien à plus d’importance que ce qui vous est arrivé dans le passé.

EFFET D’ILLUSION

L’échec n’est qu’une illusion. Bien représenté, c’est même un tremplin. Après avoir gommé la représentation mentale qui activait les émotions liées à l’échec, il faut y ramener du choix. Rappelez-vous cette histoire d’entretien d’embauche loupé. Vous avez toujours la possibilité du choix. Vous êtes libre. Vous pouvez mieux recommencer.

L’AUTOSUGGESTION CONSCIENTE COMME ARME FATALE

La liberté émotionnelle, le vrai contrôle de soi, de son corps et de son mental passent par la notion de choix. Prendre conscience de nos réactions émotionnelles non voulues n’est pas suffisant. Il faut prendre un temps pour observer à quelle représentation mentale ces émotions réagissent. Perfection, attente, idéal, tout cela focalisé sur le résultat et non sur la tâche… Le mental est subjectif et crée des représentations sans nous demander notre permission. En jouant avec, vous réorientez cette partie de vous qui pilote souvent seule. Mais le pilote, c’est votre conscient et vous devez le rappeler à votre copilote, l’inconscient.

POUR CONCLURE

L’échec n’existe pas. Seul la non réalisation d’un objectif est possible mais de l’échec d’un objectif à la présentation d’une fabuleuse nouvelle opportunité il n’y a qu’un pas. Soyez-en conscient et rappelez le aussi à votre inconscient…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *