« Mangez équilibré et courez pour garder la santé » aurait pu être le slogan de l’été. Mais finalement c’est un peu la même chose chaque année. Par contre, même si le sujet a été traité quelques millions de fois dans les magasines de course à pied à mon avis, et qu’il n’est plus certain que je vous y apprenne quoi que ce soit de nouveau, j’ai décidé de m’y intéresser. En effet… Et si la cause de nos problèmes était dans l’assiette ?

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

 

RIEN DE SECRET

Au-delà du poids qui n’est d’ailleurs pas le meilleur des indicateurs à mon sens, mieux vaudrait se peser le moins possible je pense. C’est comme courir à la sensation ou évoluer relâché, quantifier les quantités n’est pas la meilleure piste. Mieux vaut manger autant que la faim et dans l’ensemble, ne se fier très subjectivement qu’à ses propres perceptions. C’est très individuel.

UN ESPRIT PAYSAN DANS UN CONTEXTE CITADIN

Si vous évoluez dans un contexte citadin, gardez l’esprit campagnard. « Le bon sens paysan ». Manger de saison ! Les fraises c’est l’été et les pommes c’est à l’automne. Pareil pour la tomate, on n’en mange pas en plein hiver. Vivez au rythme de votre jardin ! Les raisons sont physiologiques, physiques et enzymatiques mais aussi éthiques, économiques et écologiques.

LA VIANDE

Si le paysan comme nous l’imaginons mange aussi de grosses quantités de viande, c’est peut-être ici que se situe l’axe d’amélioration. En effet, pas question de supprimer les plaisirs de la vie. Une côte de bœuf au barbecue c’est tellement bon. Mais nos quantités ne sont souvent pas en adéquation avec nos besoins fondamentaux et notre nécessité alimentaire et encore moins avec ce que la nature nous offre réellement de cette ressource sans que nous accélérions artificiellement cette offre justement.

UNE OFFRE ABONDANTE DE VÉGÉTAUX

S’il est une ressource quasi inépuisable, c’est sur la piste des végétaux qu’il faut investir. On connaît leur valeur en vitamines et en fibres mais on sous-estime leur valeur en glucides et en protéines. Les féculents nous ne les trouvons pas que dans les pâtes, le riz, le blé ou le pain. Les tubercules comme les pommes de terre ou les topinambours et les légumineuses comme les fèves ou les lentilles sont très riches en glucides de qualité. Dans ce même sens, les pois cassés, les pois chiches, les haricots secs et toutes les légumineuses sont une source de protéines presqu’aussi interessante que celles de la viande, des œufs ou du poisson. L’énergie et les bénéfices des lipides de certains légumes sont aussi excessivement précieuses. L’avocat est un trésor à ce niveau là.

TOUT EST ENCORE QUESTION D’ÉQUILIBRE

Lorsqu’on parle d’ « équilibre alimentaire », il s’agit surtout de l’équilibre de l’acido-base. Et l’équilibre de l’acido-base, c’est l’équilibre de deux forces antagonistes dans notre corps : l’acidité et l’alcalinité. L’importance de cet équilibre est souvent méconnue. Et lorsqu’il est perturbé, c’est souvent lui qui est à l’origine de nombreux problèmes de santé : crampes, courbatures, fatigue, difficultés de récupération, tendinites, blessures, maladie, etc. Pourtant, même si la vie moderne nous fait plus facilement balancer du côté de l’acidité, nous avons la possibilité de permettre à notre corps de justement contrebalancer ça par notre alimentation. Disons que pour métaboliser certains aliments, notre corps fabrique des acides qui fragilisent notre organisme et qu’il est absolument nécessaire pour notre santé de vite revenir à l’équilibre par un régime alimentaire plus alcalin. Chaque aliment pouvant être ainsi classifié selon qu’il est 1) acide ou 2) basique.

IMPACT DE L’ALIMENTATION SUR L’ÉQUILIBRE ACIDO-BASIQUE

Pour faire simple, l’alimentation fournit des ions : acides ou basiques. Et lorsqu’il s’agit pour le corps de produire de l’énergie à partir des aliments que nous mangeons, le contenu va laisser dans l’organisme des résidus alcalin ou acide. Ainsi, le soufre et le phosphore forment les ions justement acides dans l’organisme. On les trouve principalement dans les protéines animale (viande, poisson, œufs), mais aussi tout ce qui est à base de blés et de céréales (pain, pâtes, blé, gluten, etc). Quant au potassium, le calcium, le magnésium et le sodium, eux ils forment dans le corps des réactions alcalines. Ne nous compliquons pas la vie, ces éléments on les trouve principalement dans les fruits et les légumes.

LA LISTE DES ALIMENTS ACIDIFIANTS

 

  • Les viandes
  • Les poissons et toutes les protéines animales
  • Les céréales, le blé, le gluten
  • Le pain
  • Les sucres
  • Le fromage (et le record pour le parmesan)
  • Les produits ou plats raffinés, transformés et pré-préparés
  • Les condiments (moutarde, cornichons, piments, mayo, etc)
  • Les alcools, le vin (surtout le vin blanc qui regorge de sulfites)
  • La caféine

ET LES BASIFIANTS ?

 

  • Les légumes
  • Les fruits
  • Les fruits secs
  • Les oléagineux (noix, noix de pécan, noix du Brésil, cacahuètes non salées, amandes, noisettes, etc)
  • les eaux riches en magnésium, calcium et potassium

CONSÉQUENCES DE L’ACIDITÉ EXCESSIVE

Lorsque l’organisme est confronté à une trop grande quantité de charges acides, il va puiser dans des réserves alcalines pour rééquilibrer. Ces réserves, elles se situent principalement au niveau des os. Il y a donc un risque de déminéralisation. De la même façon, cette acidité dans l’organisme peut laisser s’échapper les réserves d’éléments alcalins (magnésium et potassium) dans les urines et donc engendrer des problèmes au niveau des reins. Et enfin, les charges acides quand elles ne sont pas éliminées, elles vont dans les tissus. Quel est le risque ? Quelle est la première chose que vous dit le médecin lorsque vous le consultez pour une tendinite ? « Réduisez la viande ! ». Et bien, ces acidités dans les tissus, liées à l’alimentation acidifiante, va, à la longue, engendrer pas mal de pathologies que nous connaissons bien : crampes, tendinites, blessures, moins bon rendement, fatigue, inflammation, maladies. Bref, une moins bonne santé et une vitalité dans son ensemble altérée. Et malheureusement, tout le monde est concerné. Pas seulement les sportifs. Si en plus, on rajoute la clope, le stress et tous les toxiques étrangers comme les médicaments, les polluants, les pesticides, les conservateurs, etc. En plus d’ « encrasser » le foie, le déséquilibre augmente d’autant plus.

 

ET LE LAIT ?

S’il s’agit juste de répondre à cette question, on va dire que certains aliments ont un impact plutôt neutre et le lait en fait parti. Car même si il est riche en protéines et qu’il a donc un pouvoir acidifiant évident, il est contrebalancé par la quantité de calcium qu’on y retrouve dedans. Comme le citron d’ailleurs qui malgré son goût évidemment acide, contient suffisamment de sels minéraux pour alcaliniser sa métabolisation par notre organisme.

QUELQUES CONSEILS ?

Encore une fois, je n’ai pas les compétences d’un spécialiste. Et mieux vaut vous adresser à des gens qui ont cette expertise. Pour ça je peux vous donner le numéro de téléphone de Marie-Caroline SAVELIEFF, nutritionniste réputée dans le milieu de la course à pied ou encore celui du Docteur Laurent AUMONT, expert en nutrition et qui conseille les joueurs du PSG. Ce sont mes amis et pour le coup, eux, ont, non seulement la capacité de comprendre des choses excessivement complexes mais ils ont aussi réellement longuement étudié ce sujet très sérieux. La seule chose que je peux faire c’est vous faire partager mes petites astuces…

 

  • Quelques châtaignes mixées à du potimarron parsemés de graines de courges et de sésame et arrosés d’huile d’olive artisanale », ou ma recette pour une soupe qui régale toute sa famille.

QUELQUES ASTUCES

Les choses sont déjà suffisamment compliquées pour se rajouter des contraintes. Je pense qu’il faut faire simple. Il ne s’agit pas de choisir un camp entre l’acide et le basique et de se priver des plaisirs de la vie. Il s’agit juste d’équilibrer et d’entretenir sa vitalité. C’est un effort du quotidien et il faut le faire le plus naturellement possible. Ainsi, même si l’indice PRAL des aliments est très utile pour quantifier l’influence des aliments qu’on mange sur cet « équilibre », rien ne sert de trop s’alourdir l’esprit. Vous l’aurez compris, si vous voulez préserver votre capital santé, mieux vaut réduire les viandes, le sel, les produits à base de blé et les produits transformés et à l’inverse systématiquement privilégier en plus grande abondance les fruits et les légumes à tous les repas.

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