Comment renforcer votre mental et devenir un champion, au moins dans le sens où vous allez vous fixer des objectifs réalisables et les atteindre ? 

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Nous sommes le 22 septembre 2000. Cette soirée marque la fin de l’été mais cette soirée marquera surtout l’histoire de la course à pied et des JO. Nous sommes dans le stade olympique de Sydney et Paul Tergat dispute son dernier 10.000 m. Mais ce sont surtout les 200 derniers mètres de cette course d’anthologie que nous n’oublierons jamais. Le champion kenyan fait ses adieux à l’athlétisme et s’il veut les réussir il n’y a pas d’autres options que de gagner. Pourtant dans un sprint inoubliable, c’est un autre champion qui va le priver de cette inoubliable sortie. Le « petit » Gebre va prouver à la terre entière qu’il est le plus fort de l’histoire de la course à pied. Ce soir-là, L’Ethiopien est champion olympique et Tergat s’en ira du running avec une médaille d’argent. Mais qu’est-ce qui a fait la différence ? Et si au final c’est le « mental » qui différencia les deux champions ? Si finalement, nous partions tous avec les mêmes armes et qu’il s’agissait surtout de semer et cultiver un esprit de winner ? Oui mais comment ? Comment développe-t-on la « grinta » ?

UNE LOGIQUE D’ENTRAÎNEMENT

Une logique d’entraînement mais d’entraînement mental. Ainsi la préparation mentale n’est en rien de la magie ou du positivisme. Lorsqu’on prépare un événement, il faut prendre cela comme un véritable entrainement dans lequel vous allez devoir vous investir. Il ne s’agit pas seulement de lire un livre sur le sujet et de se dire que cela suffit. Pas du tout, cela demande motivation et investissement. « Votre entraînement mental doit être régulier, car c’est dans la régularité que vous allez renforcer vos qualités et que vous serez capable de les mettre à profit en situation de manière automatique, avec aisance et sérénité. Ce qui fera également la différence, c’est la qualité de votre investissement dans ce travail mental. »

LE DROIT DE RÉUSSIR

Se donner le droit de réussir n’est pas que pour les autres. Vous aussi vous pouvez performer. Vous aussi vous avez le droit d’atteindre des objectifs, d’obtenir un résultat fabuleux. Arrêtez de penser que vous n’avez pas les moyens de réussir et osez vous accorder ce droit, même quelques instants…

AFFRANCHISSEZ-VOUS DU REGARD DES AUTRES

Ne restez pas sur des préjugés qui vous collent à la peau depuis votre enfance (vous aviez peur de passer au tableau et de vous exprimer devant toute la classe) et ne gardez pas une mauvaise image de vous-même (comme de penser que vos collègues de bureau sont meilleurs que vous). Ces autres qui nous évaluent, nous jugent, nous répètent qu’on aurait dû faire ceci ou cela, ainsi que le regard de certains qui nous déstabilisent, nous empêchent de donner le meilleur de nous-même et nous mettent dans le doute. C’est ce doute qui est notre pire ennemi. Il faut essayer de se sortir du diktat et de la peur des autres, et imposer son style avec tact et diplomatie. Mais je vous rassure, et c’est ça qui est fou, les autres aussi ont peur.

« Ne gardez pas une mauvaise image de vous-même. »

BIEN S’ENTOURER

Les « négatifs » sont toxiques. Fuyez-les ! Entourez-vous de gens positifs. Ne vous encombrez pas de paroles extérieures limitantes. Écoutez les paroles qui vous transcendent. Privilégiez des personnes qui eux aussi vous donnent la « grinta ».

SE DONNER DU TEMPS

Nous vivons dans une société où on veut tout, tout de suite, si possible sans faire d’efforts. Erreur ! Il faut se donner le temps. Le temps d’investir sur sa personne et de s’occuper de soi. Sachant que le temps nécessaire à chacun pour parvenir à ses objectifs est différent d’une personne à l’autre.

SE DONNER LE DROIT D’ÉCHOUER

Il faut également prendre en compte le fait que vous pouvez ne pas réussir à atteindre vos objectifs. Regardez Tergat, la défaite fait aussi partie du jeu. Si on n’intègre pas l’idée qu’on peut échouer, on ne peut gagner. Intégrer cette éventualité est indispensable pour réussir. 

DES INTENTIONS

Notre système de pensée nous conduit généralement à anticiper les événements de manière négative. On se dit souvent que ça va mal se passer, jamais le contraire. Alors qu’à l’approche de la course, on devrait se poser la question : comment j’aimerais que cela se déroule ?

« À l’approche de la course, on devrait se poser la question : comment j’aimerais que cela se déroule ? »

DOGME QUI PARALYSE = À LA POUBELLE !

La performance c’est ce qu’on cherche ! Être fort mentalement est fondamental pour devenir un champion. Et ça passe par l’estime de soi, la confiance en soi, la motivation, la concentration, la détermination et toutes ces qualités importantes. Par ailleurs, on ne peut pas être bon partout ! Aussi, comme Gebre et Tergat, vous devez distinguer la « confiance en soi spécifique » (« je suis un bon runner« ) et la « confiance en soi globale » (« je suis un bon coureur et, d’une manière générale, meilleur qu’une grande moyenne« ). Vous connaissez la loi de Pareto ? 80% de son temps il faut le passer avec ses points forts. On les renforce ! Ça renforce aussi le moral et le mental. Et les 20% qui restent on travaille sur des points d’amélioration. Pas plus ! On fuit la frustration. Et on maintient la confiance en soi.

ON DÉBRIEFE ?

Le débriefing c’est primordial ! Et je ne parle pas que de mon article. Le débrief ça invite à la prise de recul ! Ainsi, pour être efficace, je vous propose d’écrire ce que vous faites. Soit sur un cahier, soit sur un agenda, soit sur un fichier Excel ! L’écrire permet de rendre les points positifs et les axes d’amélioration évidents. Et de revenir dessus régulièrement permet de visualiser les progrès. Il faut donc être précis. Rendre les choses mesurables. Être positif. Être factuel. Être équilibré entre les points positifs et les axes d’amélioration. Intégrer les moments clés de la situation, ces moments qui ont fait basculer la situation positivement ou négativement. Il doit comporter des solutions et un plan à intégrer dans votre programmation de course ou d’entraînement. Ce feed-back n’a pas besoin d’être obligatoirement long pour être efficace.

Si vous ne l’aviez encore jamais fait… Un petit feed-back de la journée ce soir dans un cahier avant d’aller vous coucher sera votre premier pas sur la piste qui a construit tous les champions. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *