Je vais être moins drôle pour une fois. Dans la famille des coureurs et plus encore de longue distance, il existe un fléau : l’anorexie ! L’anorexie ne touche pas seulement les adolescentes. L’anorexie ne touche pas seulement les femmes. L’anorexie ne touche pas seulement les mannequins. L’anorexie ne touche pas seulement le haut niveau en quête de performance. Sujet tabou, beaucoup plus de runners qu’on ne le croit et de tout niveau plongent dans la spirale infernale.

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Qu’est-ce que l’anorexie ? L’anorexie se définit comme une privation de l’alimentation ou le fait d’éliminer les « calories » par le sport en l’occurrence le running pour nous ou d’autres moyens annexes au sport comme les vomissements avec pour seule préoccupation le fait de maigrir encore plus que ce qu’on est déjà maigre.

QUI ?

Dans les sports de force ou d’explosivité, on trouve forcément beaucoup moins de troubles du comportement alimentaire que dans les sports d’endurance. Pour une première raison, c’est que le rapport poids / puissance est une des priorités du coureur à pied et que forcément, à force égale, vous irez plus vite si vous pesez moins lourd. Mais cette déviance comportementale est aussi assez souvent un sujet de psy. Il s’agit souvent d’une fragilité personnelle plus que le sport lui-même. D’autre part, une autre vérité difficilement avouable, les sujets à risque sont plus attirés par les sports d’endurance qui valorisent une silhouette fine avec une maîtrise de son alimentation. Et lorsqu’ils participent fortement à ces activités, on assiste à une augmentation de leur focalisation sur leur alimentation et leur poids, ce qui va participer à l’exacerbation de cette vulnérabilité, jusqu’à la maladie.

LE PERFECTIONNISME

Les sujets à risques sont très souvent control freak. Ces personnes font de leur vie une chasse à l’imprévu. Tout est toujours sous contrôle et y compris leur poids, par une privatisation en termes d’alimentation, et une élimination par le running très énergivore et gourmande en calories. Le sport, cette activité qui demande, pour progresser, d’être impliqué et… Un brin perfectionniste.

LE(S) RESPONSABLE(S) ?

Attention aux fausses rumeurs. Non, 1 kg de moins ce n’est pas 1 minute de gagnée. Si c’était si simple… Les médias aussi sont un peu responsables. Si le message de santé publique « Mangez-Bougez » est très important il y a un sujet qui n’est jamais abordé c’est l’inverse : les dangers de l’ « hyper mangez bougez ! ».

LA SOLUTION ?

Comme à chaque fois tout est question d’équilibre. Comme pour tout, il faut savoir trouver le bon dosage. Il y a aussi un moment pour tout. Des moments où il faut faire attention à l’alimentation et plus précisément à la diététique et des moments où il faut lâcher prise.

LES SIGNAUX D’ALERTE

Il y a des risques de retentissements très nocifs sur la santé. Il faut savoir les identifier.

  • LES SYMPTÔMES

L’anorexie se caractérise par une perte de poids supérieur à 15%, un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 18,5 kg/m². Chez les filles, l’anorexie mentale se diagnostique également par une absence de règles pendant au moins trois cycles ainsi que des cycles irréguliers. Ce trouble entraîne aussi une hyperactivité physique avec une pratique excessive de sport ainsi qu’un surinvestissement intellectuel. L’anorexie mentale se caractérise par une baisse marquée de la libido et des difficultés d’érection.

« L’anorexie mentale se caractérise par une baisse marquée de la libido et des difficultés d’érection. »

  • LES SIGNAUX

Certains signes d’alerte sont à repérer chez les coureurs à pied souffrant d’anorexie mentale pour éviter d’en arriver à des situations extrêmes. Il faut écouter l’entourage, c’est souvent lui le plus attentif. Il est fréquent que ce trouble s’accompagne de modification de l’humeur et du comportement. Un signe qui alerte aussi, c’est lorsqu’on commence à tout trier dans la nourriture, qu’on évite les repas, qu’on refuse de s’alimenter, qu’on exclut de son alimentation les aliments trop riches en calories, qu’on cache son amaigrissement dans des vêtements amples ou, au contraire, quand on le met en valeur.

  • CONSÉQUENCES

Au niveau physique, l’anorexie mentale altère la santé bucco-dentaire en abîmant l’émail des dents et en favorisant l’apparition de caries et de lésions des gencives. Autres conséquences moins connues ; une perte de potassium et des atteintes cardiovasculaires (baisse du rythme cardiaque). Constipation, perte des cheveux, anémie, ostéoporose précoce, troubles rénaux, répercussions sur la vie relationnelle et sur la performance alors que c’était peut-être ce que vous souhaitiez améliorer au départ, etc. Les séquelles sont multiples et affectent l’ensemble du corps jusqu’à ne même plus pouvoir courir parfois à la fin.

QUE FAIRE ?

Il faut vite réagir, tirer la sonnette d’alarme, quitte à demander de l’aide. Pour que les personnes atteintes aillent mieux, il faut qu’ils arrêtent l’hyperactivité sportive car ce sont des patients qui sont convaincus que s’ils font beaucoup d’activité physique, ils vont perdre un peu de poids et donc aller mieux. Objectif : se sortir au plus vite de cet engrenage très dangereux. L’anorexie est l’une des pathologies psychiques les plus mortelles. 

POUR CONCLURE

Au-delà de l’anorexie, plutôt rare finalement, de nombreux coureurs sont concernés par un autre phénomène moins connu. L’orthorexie ! Il s’agit d’une surpréoccupation autour de l’alimentation avec un désir de maigrir, d’atteindre un idéal de silhouette ou de poids qui peut plus ou moins se rapprocher de l’anorexie. Néanmoins, il ne faut pas s’affoler pour tout non plus, l’orthorexie en running est relativement banale généralement. Disons qu’elle n’est pas vécue comme un facteur de souffrance mais le plus souvent comme une philosophie de vie. Mais pour résumer et simplifier : Courez, mangez, profitez & kiffez sans toujours trop vous préoccuper !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *