C’est avec curiosité que je me suis prêté au jeu du test croisé des deux derniers modèles de la marque Kalenji (Decathlon), les Kiprun Long et les Kiprun Fast, qui comme leurs noms l’indiquent sont prévus soit pour des séances longues, soit pour des séances plus dynamiques. Et pour un tarif de seulement 70 € la paire de chaussures. Sont-elles si différentes que cela et répondent-elles à leurs objectifs ?

Par Jérôme Chiotti* – Photos : DR

Si j’ai eu plusieurs fois l’occasion de tester du matériel durant ma carrière cycliste, tester des chaussures en course à pied est assez nouveau pour moi, mais pas dénué d’intérêt. Adepte des longues distances, je n’ai en effet pas encore trouvé LA paire de chaussures parfaitement faite pour ça, comme j’ai pu le constater après m’être essayé à six compétitions de 100 km : trop dure, trop molle, trop lourde, toujours trop quelque chose en fait. Le concept Kalenji avec ces deux modèles Kiprun Long et Kiprun Fast semble intéressant en période de préparation, puisque la première est destinée à assurer confort et stabilité sur de longues distances, et la seconde dynamisme et rapidité sur des compétitions courtes ou des entraînements intensifs. Les deux pratiques étant bien sûr complémentaires pour être performant sur du long.

La Kiprun Long

Première bonne surprise : avec un pied plutôt fin qui me limite considérablement dans mes choix, la Kiprun Long me va parfaitement ! Laçage impeccable, bon maintien, pas de points de pression. Il n’y a plus qu’à se lancer sur la route. Pour faire du long, je la trouve plutôt très légère, et je me mets même à penser trop légère pour être bien amortie… Eh bien non. Après 20 km bouclés en 1h30, pas de courbatures ou début de courbature en vue, rien !

Le chausson est un peu ferme et il répond très bien. Reste à savoir si sur du plus long et à des vitesses plus importantes, les impacts ne se feront pas plus (trop ?) ressentir. Après avoir fait des séries de 4X5000 à allure marathon (pour moi en 3’30’’ au kilo), et même une semaine à 174 km incluant 2 marathons (!), les fins d’entraînements ne furent pas trop difficiles. Bien sûr, les premières contractures sont apparues, mais ni plus et presque moins que lorsque je réalise les mêmes séances avec mes Adidas.

Aucun échauffement, et pourtant la chaleur a été plus que présente au cours de ce bel été. Le pied est plutôt bien tenu (même si je ne suis pas un vrai coureur à pied avec un « vrai pied » ) et la semelle semble indestructible, vraiment ! Même après plus d’un mois et quelques 400 km, la semelle est seulement imperceptiblement usée sur le talon.

« Après plus d’un mois et quelques 400 km, la semelle est seulement imperceptiblement usée sur le talon. »

Une chaussure sans défaut donc ? Évidemment non ! Sa semelle, si elle est très résistante, est aussi incroyablement glissante sur route mouillée. Gare, j’ai plusieurs fois évité la chute en effectuant des figures improvisées dont j’avais le secret sur le vélo. Enfin, petit détail mais détail tout de même, les lacets, même avec mon pied très fin, sont plutôt très courts… Rien de rédhibitoire mais étonnant malgré tout. En conclusion, je peux affirmer sans problème que j’utiliserai sans retenue cette chaussure pour la fin de préparation d’un cent kilomètres, celui de Millau justement !

La Kiprun Fast

Autant le dire de suite, je suis beaucoup moins convaincu par la Kiprun Fast. Peut-être parce que mes exigences en termes de vitesse et de dynamisme sont supérieures à la moyenne. Lorsque j’enfile les chaussures, je comprends qu’il va falloir serrer (très, trop ?) fort les lacets, au point de voir une « bosse » (le tissu est comprimé au niveau de la première phalange du gros orteil) un peu désagréable à la sensation et esthétiquement parlant. Bref, l’habit ne faisant pas toujours le moine, je décide d’attaquer par un 10 km « allure marathon ».

La chaussure est légère, accroche bien sur le sec, mais mon pied semble flotter dès que j’atteins l’allure ciblée à 3’30’’ au kilo. Après 5000 m, il faudrait presque que je marque un arrêt pour resserrer les lacets. Contrariant de mon point de vue. Et puis, les resserrer permettrait de mieux tenir mon pied mais ne serait-il pas alors trop compressé pour un effort long style marathon ? La question ne se pose finalement pas, parce que si la chaussure est légère, l’amorti est tout aussi léger à mon goût : après 20 km (échauffement, 10 km AM et récupération), j’ai clairement de belles courbatures, bien plus par exemple que lorsque j’ai effectué mes 2 marathons dans la même semaine avec la Kiprun Long.

Certes je me suis senti plus à l’aise car la chaussure est clairement plus légère mais là s’arrête le bénéfice de cette chaussure. De là à écrire qu’elle est faite pour des séances d’entrainements fractionnés courts à semi longs, du 10 km en compétition, voire un semi marathon, il n’y a qu’un pied, qu’un pas pardon, que je franchirai allègrement ! Cependant, c’est bien l’objectif recherché par les ingénieurs de chez Kalenji, proposer un modèle vraiment différent de la Kiprun Long, qui n’est finalement pas vraiment adapté à ma pratique même si je suis un poids léger. Enfin, la semelle sur le sol humide ne fait pas mieux que la Kiprun Long… Ça glisse plutôt facilement là aussi, attention donc !

Complémentaires

Posséder les 2 modèles lorsqu’on veut progresser en course à pied me semble un bon et honnête compromis, vu leur prix respectif en plus, vraiment abordable. Mais attention au chaussant qui semble plus large pour la Kiprun Fast que pour la Kiprun Long. Dans les deux cas, la semelle extérieure est vraiment durable ce qui garantit une bonne longévité, mais en contrepartie elle se montre glissante sur route humide. À vous les séances de fractionnés avec la Fast et le travail d’endurance, de fond, avec la Long !

CHAUSSURES KALENJI KIPRUN LONG ET KIPRUN FAST
Les + : Confort et amorti de la Kiprun Long, dynamisme de la Kiprun Fast, durabilité des semelles, prix
Les – : Semelles glissantes sur sol humide, chaussant un peu plus large sur les Kiprun Fast

Kiprun Long : drop de 10 mm, poids de 330 g en 43, semelles en mousse Kalensole, amorti K-Ring et concept K-Only pour tous les types de foulées. Pointures : du 36 au 49.

Kiprun Fast : drop de 10 mm, poids de 280 g en 43, semelles en mousse Kalensole, amorti K-Ring et concept K-Only pour tous les types de foulées. Concept up’bar pour le dynamisme. Pointures : du 36 au 47.

Prix public : 70 €

Contact : www.decathlon.fr

 

*Jérôme Chiotti

Ancien coureur cycliste professionnel, double champion de France de VTT, champion de France de cyclo-cross, il met un terme à sa carrière en 2003, avant de débuter la course à pied en 2011.

  • 1er du marathon des 100 km de Millau 2013 en 2 h 46’42 ».
  • 48e du marathon de Paris 2014 en 2 h 34’06 ».
  • 1er des 100 km du Périgord noir 2014 (Belvès) en 7 h 33’15 »
  • 25e du marathon de Paris 2015 en 2h28’09 »

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