« Vite au sol », « à l’équilibre », « relâché », « grand et beau », « vers l’avant », des expressions en course à pied qui alimentent le dictionnaire du coach, il suffit de laisser traîner ses oreilles au bord de la piste d’athlé, pour entendre qu’il y en a larga manu… Mais celle qui dit « avoir du pied » : vous l’avez déjà entendue ? Vous la comprenez ? Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce qu’on dit « avoir de la main » ? « Avoir la main » ou « avoir en main » : oui, mais « avoir de la main » ? Alors pourquoi « avoir du pied » ? On va essayer de la comprendre et de la définir…

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

DÉJÀ, C’EST QUOI LE PIED ?

Le pied c’est une partie très complexe. C’est la partie du corps où il y a le plus de muscles, le plus de ligaments, le plus d’articulations, le plus d’os et le plus de tendons. Pourtant, les « runnings » que nous chaussons, enferment le pied. Cela nuit à son dynamisme et réduit l’amplitude articulaire. Les runnings affaiblissent ainsi le travail musculaire et pénalisent l’adaptation en proprioception.

LA LIMITE DE LA CHAUSSURE

Plus la chaussure est rigide, plus le coureur risque de perdre de sa puissance, de sa réactivité, de sa stabilité et de son économie.

ALORS C’EST QUOI « AVOIR DU PIED » ?

Quand on dit d’un athlète qu’il a du pied, c’est qu’il a su conserver justement sa motricité de base. Qu’il a su préserver l’ensemble de sa structure anatomique. Sa puissance, sa réactivité, sa stabilité et son économie. Et tout cela est possible sous deux conditions : soit par la discipline que pratique le coureur (piste, route, trail, cross), soit par un travail spécifique qui consiste justement à améliorer la « qualité de pied » et des appuis.

AMÉLIORER SA QUALITÉ DE PIED

Il existe des exercices. Des mouvements très spécifiques qui permettent de muscler le pied. De travailler sur l’aspect proprioceptif. En pratiquant ces exercices spécifiques, vous renforcerez votre pied et votre cheville. Vous deviendrez plus performant. Et notamment sur des terrains techniques comme en trail ou en cross-country. Mais le premier vrai bénéfice concret c’est que cela va diminuer significativement le risque de blessures grâce à une capacité à s’adapter ultra optimisée.

DEUX CONSEILS

  1. Investissez sur différents types de chaussures. Ne chaussez pas systématiquement la même paire. Diversifiez ! Hauteur du drop. Qualité de l’amorti. De la minimaliste à l’oversize. Bref, stressez et développez l’ensemble de vos muscles qui participent à la foulée et à la dynamique de votre pied au sol et en phase de vol.
  1. Profitez de l’échauffement, des « accés » ou des 10’ de récup après votre séance sur la pelouse centrale de la piste d’athlé pour quitter vos souliers. Faites votre récup pieds nus sur l’herbe. Au-delà de ce sentiment de liberté, cette sensation unique vous révèlera toute la richesse de cette zone que les chaussures privent d’expression.

POUR CONCLURE

« Avoir du pied » c’est le contraire « d’être bête comme ses pieds ». Bref, c’est cette intelligence qui va solliciter activement l’ensemble des zones du pied, le renforcer, et le prévenir ainsi de toutes les blessures. Pour ça, running4all vous conseille de pratiquer des exercices qui développeront et conserveront votre pied fort et « intelligent », c’est-à-dire réactif et adaptable. Et si ça, c’est pas le pied… !?

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