« Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ! » vous connaissez cette phrase de Mark Twain ? Pourtant « un jour, j’ai compris que j’avais atteint mes limites », mais alors alors c’était quand ce jour ? Et d’ailleurs comment savez-vous que c’était « la fin de votre progression » ? La notion du dépassement de soi, ce n’est pas justement ça le dépassement de ses propres limites… Alors si on s’en tient à cette définition où se situe cette fameuse limite ? Et comment fait-on pour savoir qu’on y est ?

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

 

LE DÉPASSEMENT DE SOI

Il y a un paradoxe quand on parle du « dépassement de soi ». En effet, si on dépasse ses propres limites, c’est que ce ne sont plus des limites justement, non ? Ou bien c’est qu’on repousse les limites au-delà de ce qu’on pensait être les limites. C’est ça ? Encore une fois, ce concept de limites est très lié à nos croyances : on croit, on est persuadé que l’on a des limites infranchissables au-delà desquelles on n’est pas capable d’aller. C’est justement ce qu’on appelle des croyances limitantes.

CROYANCES LIMITANTES

Tant qu’on a ces croyances limitantes, on a effectivement des limites, on est limité puisqu’on n’essaie même pas de les atteindre. Disons qu’il existe une étroite et intime relation entre la croyance et la limite. Si on reprend la citation de Mark Twain, la première partie de la phrase signifie que les personnages dont il parle n’ont pas la croyance limitante pour faire ce qu’ils ont à faire. Elle veut dire aussi que la croyance que « c’était impossible » était la plus répandue dans l’opinion générale, et qu’eux n’étaient pas au courant qu’il existait une telle idée sur la question. La fin de la phrase, sous forme de conséquence logique, dit qu’en réalité c’était bel et bien possible, et que tout le monde s’est trompé sauf eux…

AVOIR RAISON CONTRE LA SOCIÉTÉ

 

Vous est-il déjà arrivé d’avoir raison avant tout le monde ? Alors peut-être êtes-vous un génie ! En effet, c’est le lot des héros, des génies, d’avoir raison avant et contre toute la société. On voit que la notion de limite est subjective, propre à chacun de nous, et en fin de compte très fluctuante. C’est pourquoi, il est difficile de répondre à la question : « quel est le jour où j’ai atteint ma limite ? »

ATTEINDRE SA LIMITE

Je ne vais pas me la raconter. Moi aussi j’ai déjà eu mille fois, le sentiment d’avoir un jour atteint ma limite, mais était-ce vraiment ma limite ? Qui me dit ou qu’est-ce qui me fait encore penser que je suis incapable de la repousser ? La plupart des gens restent, la plupart du temps, dans ce que l’on appelle leur zone de confort, vous souvenez-vous de l’article ? C’est-à-dire dans une zone où ils sont bien, détendus, en sécurité, confortables. Ils y restent et n’ont aucune envie d’en sortir pour aller explorer l’inconnu et l’inhabituel. Ils sont dans les limites de cette zone qu’ils se créent eux-mêmes. D’autres aiment vivre dangereusement, prendre des risques, ressentir l’adrénaline et adorent aller jusqu’à ce qu’ils considèrent comme leurs limites, pour tenter de les repousser un peu plus loin à chaque fois encore. Quoi qu’il en soit, les limites sont construites par l’individu. Ce sont des barrières virtuelles qui évoluent au fur et à mesure de la vie d’une personne, et qui peuvent être contextuelles.

AUJOURD’HUI…

Alors qu’on devrait s’assagir en vieillissant, aujourd’hui et à bientôt 40 ans et mes espoirs de gagner les JO derrière moi, je pense pourtant que, personnellement, je n’ai et n’aurai jamais atteint ma limite. Ce n’est aucunement de la prétention de ma part. C’est qu’une fois atteinte ce que je pensais être ma limite, ce n’est plus une limite, puisque si je l’ai atteinte, je peux la dépasser. D’ailleurs, je me souviens plutôt de supposées limites que j’ai effectivement dépassées.

 

DÉPASSER SES LIMITES

Qui d’autre qui me lit n’a jamais vu sa limite psychologique dépassée ? Vous qui êtes sur ce site ou sur ce papier en train de lire et d’essayer de connaître vos propres limites, il ne vous est jamais arrivé de vous dire « cette fois je suis mort, je ne m’en sortirai pas » ? Ce même jour où ça trépignait dans votre tête. Cinq minutes, dix minutes, une demi-heure. Un scénario catastrophe s’amorçait dans votre cerveau. Rappellez-vous que vous vous êtes même mis à fondre en larmes, complètement affolé et désemparé. Alors vous vous souvenez ? Combien de temps ça a duré ? Vous ne savez plus trop ! Le temps s’arrête souvent à ce moment là ! Les secondes se transforment en minutes et les minutes en heures… Mais au bout d’un moment, vous vous rendez compte que la situation n’est pas mortelle et que vous allez continuer à vivre comme la terre va continuer de tourner.. Vraiment soulagé, vous souriez, faites en sorte de cacher vos larmes et vous refaites bonne figure. Vous ne souhaitez à personne de vivre cette horrible douleur. Dans votre situation vous vous êtes construit une zone de survie plutôt que de confort avec des contours bien délimités. La moindre velléité de vous en sortir pouvait vous anéantir.

LIMITE CONTEXTUELLE

 

C’est ce que j’entends par limite contextuelle. Cette limite est façonnée par la situation que vous viviez. Un autre exemple ? Je me souviens de 2016 aux JO de Rio. Cette fois c’est du vélo et pas du running mais dans l’idée ça revient au même. J’écoutais l’interview de Pauline Ferrand Prévost sur ses chances de gagner le VTT. Et, je ne sais plus trop comment mais dans ces mots, je sentais qu’elle n’y croyait pas. Elle parlait d’une concurrente qui était très forte je crois et gagnerait probablement le titre. Bref ! C’était déjà sa croyance limitante. Celle qui l’a probablement empêchée de gagner le lendemain. Je pense que les vrais champions ont cette capacité de ne pas se fixer à l’avance une limite. Elle est là la vraie particularité des supers héros !

ET POUR RÉPONDRE À LA QUESTION

L’homme a-t-il des limites ? Non, je vous le dis direct, Non. Alors oui, il a des croyances limitantes mais pas plus. Finalement, la seule limite tangible dans la vie de l’être humain, on peut dire que c’est la mort. Mais ça, c’est une autre histoire… Et vous, pensez-vous avoir déjà vu certaines de vos limites ? Les avez-vous atteintes ? Les avez-vous dépassées ?

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