On va y aller en douceur. La tête est encore à la plage et au Mojito en terrasse pour beaucoup. On va donc commencer par deux ou trois explications simples pour ce problème qui gâche régulièrement la vie à de nombreux runners.

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

COMPOSITION DU TENDON

Le tendon : c’est la pièce intermédiaire entre le muscle et l’os. Schématiquement, il se compose en 3 parties :

  • la jonction myo-tendineuse
  • le corps du tendon
  • et l’enthèse (point d’ancrage sur l’os).

 

OÙ SE SITUE LE PROBLÈME ?

Les trois parties peuvent être à l’origine du problème. Mais il y a aussi une espèce de petit coussin amortisseur qu’on appelle la bourse séreuse qui peut être aussi abimé. La tendinite ou l’inflammation du tendon est due à une sollicitation anormale du tendon que cela soit par son intensité lors de l’effort ou par la durée excessive de l’exercice.

LE SEUL VRAI RESPONSABLE !

Eh bien, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Et ça tombe bien c’est la même. Vous la voulez ? Le seul responsable de la tendinite est donc… VOUS ! Et oui malheureusement ou heureusement le seul responsable possible c’est le coureur à pied.

 

PLUSIEURS SOURCES

J’en vois au moins deux immédiates :

  • Vous connaissez le mec qui se réveille au dernier moment ? Vous savez celui qui a mangé des saucisses merguez tout l’été en sirotant du rosé après une partie de boules ou une séance bronzette et qui n’a plus chaussé les runnings depuis le printemps et son dernier défi d’avril. Il se réveille en septembre lorsqu’il range son agenda et qui voit l’échéance de l’objectif de rentrée se profiler à quelques encablures. Qu’est-ce qu’il fait ? Il redouble d’effort, il passe de (presque) zéro à quatre footings par semaine. Et au bout d’une semaine, il est déjà sur la « piste » en train d’aligner les « 400 ».
  • Vous connaissez aussi le mec qui se découvre une « sagesse » de rentrée ? Le même qui n’a plus fait de sport depuis ses « années collège ». Qui tombe sur une paire de Stan Smith dans le placard à laquelle il manque les lacets et en se disant que ça fera l’affaire pour aller courir en forêt. C’est aussi celui qui n’a jamais lu un seul des articles de www.running4all.fr. Vous voyez le profil ?

LE POINT COMMUN À TOUTES LES CAUSES

Dans tous les cas on retrouve systématiquement un ou plusieurs des points suivants :

  • l’insuffisance d’échauffement avant ou d’étirement après l’entrainement.
  • une HYDRATATION insuffisante avant, pendant (obligatoire si l’effort dépasse 40 mn) et après l’effort.
  • un geste technique inadapté.
  • une sur-sollicitation du tendon avec périodes de repos trop courtes.
  • un défaut de matériel : chaussures inadaptées, semelles usées, changement de surface de course, …

Ces différents facteurs sont à l’origine d’une sur-sollicitation ou d’un frottement responsables de la tendinite.

ASPECT CLINIQUE

Phase 1

Cliniquement nous allons retrouver progressivement une douleur localisée apparaissant en milieu de séance, disparaissant à l’effort et réapparaissant à froid, le soir et puis surtout le lendemain matin avec un temp de « déverrouillage » nécessaire pour un retour à la normale et absence de douleur dans la journée.

Phase 2

Puis, la douleur apparait de plus en plus tôt lors de l’exercice et dure plus longtemps, réapparait plus vite à froid et la période de déverrouillage matinale s’allonge.

Phase 3

Si l’on poursuit les exercices sans rien changer, la douleur impose l’arrêt du sport plus ou moins rapidement et peut devenir permanente dans la journée voire insomniante.

Phase 4

Le stade ultime étant la rupture tendineuse.

ET LE TRAITEMENT MIRACLE ?

C’est mathématique, un lecteur running4all sur deux a sauté tous les paragraphes pour ne lire que ce passage. Vous avez vu comme je vous connais ? Eh bien pour la peine, premier point de pénalité de l’année : le repos sportif est la première sanction ! On y associe dans la plupart des cas, des anti inflammatoires. Mais que les choses soient définitivement claires : les anti inflammatoires ne sont PAS le traitement des tendinites !

 

Le traitement repose sur :

1/ la compréhension du problème

2/ son élimination, sinon les mêmes causes entrainant les mêmes conséquences, vous n’en sortirez pas !

Le meilleur traitement le meilleur restera quand même la PRÉVENTION de la tendinite : échauffement, hydratation, progressivité et matériel adapté.

 

Mais si la tendinite est installée :

  • On enfile le costume de Colombo. Et : investigation & enquête. Quel est le criminel ?
  • On lève le pied sur l’entrainement. Surtout sur le geste spécifique à l’origine de la tendinite.
  • On traite la tendinite : glace et hydratation +++, cryothérapie chez CRYOCARE, semelles peut-être, Kiné, ultrasons, MTP (massage transversal profond), ondes de chocs, protocole de Stanish, réduc, proprio, plio, etc
  • la mésothérapie (sur laquelle j’écrirais bien un article) est vraiment un super traitement dans le cas de la tendinite.

POUR CONCLURE

On ne le redira jamais assez sur running4all mais la règle d’or si elle devait se résumer en un mot : le plaisir ! Le kiff : ce doit être une alarme aussi. Une alarme quand il n’est plus présent. Le plaisir c’est lui le guide. C’est lui le seul moteur aussi. Et si en plus vous n’oubliez pas de bien vous hydrater, et de l’eau principalement, alors vous devriez vous préserver de cette fameuse « tendinite » et de continuer encore longtemps à kiffer runnings aux pieds…

 

Comments

  1. Je pense aussi que la pratique d’étirement régulier + du renforcement sont de très bonnes techniques de prévention.
    Beaucoup de coureur de « longue durée » négligent ces aspects.

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