Nous nous accorderons tous pour dire que le sport a plein d’effets positifs chez l’enfant. Cela participe à son développement physique, psychique et même social. Au même titre que l’école ou d’autres loisirs plus cérébraux, le sport est un formidable tremplin de croissance. Néanmoins, est-ce que c’est valable pour tous les sports ? Et pour celui qui nous intéresse : y a-t-il un âge avant lequel il ne faut pas commencer à courir ?

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

 

Dans une société actuelle qui n’incite pas trop nos enfants à bouger, j’aurais tendance à bousculer davantage notre chères petites têtes blondes. En effet, il est plus que nécessaire d’orienter et de soutenir tous les enfants dans la pratique des activités sportives. Et si on s’en tient à la seule discipline de la course à pied, le bénéfice sur la silhouette est au moins aussi significatif que celui sur les capacités cardiovasculaires. En pratiquant le running, on stimule fabuleusement le développement des qualités physiologiques qui font un bon coureur à pied.

PRÉCAUTIONS

 

Attention ! Les enfants ne savent pas naturellement retenir leur effort en restant dans des intensités modérées. Ils courent toujours à intensité élevée ou maximale et sur le mode intermittent. Ils sollicitent donc très fortement leur système cardio-respiratoire. De ce fait, les recommandations actuelles sont claires : lors de la consultation médicale préalable à l’obtention d’une licence, un électrocardiogramme de repos devrait être systématiquement pratiqué même au plus jeune âge si c’est la course à pied que notre progéniture a choisie pour occuper ces mercredis après-midi et dimanche matin. 

L’ENTRAÎNEMENT

Un enfant doit rester un enfant ! Un enfant ne s’entraîne pas, un enfant joue et s’amuse ! On a tous en tête cette triste image de marathon boy. Vous savez ce petit garçon des bidonvilles de Bhubaneswar à l’est de l’Inde. Il est où son sourire ? À 5 ans il a déjà couru plus de marathons que la plupart d’entre nous… Mais qu’a-t-il fait de si grave ce gamin pour qu’il soit condamné à être une bête de foire sur laquelle parie un « entraîneur » profondément frustré. Qu’a-t-il fait pour qu’on l’astreigne à une telle trottine ? Lorsque notre enfant évolue avec la seule notion de plaisir il ne raisonne pas en VMA ou VO2. Il court, sprinte, saute, marche, accélère, est à fond les ballons et donc très souvent s’exerce à des pourcentages élevés de sa VMA et même le plus souvent bien au-delà de ce qu’un adulte pourrait s’aventurer à explorer pour lui-même. Rien ne sert d’en rajouter. Au contraire. Ce serait même bien délétère. Par pitié : jouez !

À ÉVITER

On doit interdire le travail de durée sous forme continue pour nos enfants. Je vous en prie : trop d’enfants de parents qui vivent ou tentent de revivre une carrière de champion par procuration « détruisent » malgré eux leur enfant. Si elle est choisie par l’enfant, la course à pied doit avant tout être ludique et si elle est suffisamment longue on doit y glisser des périodes d’intensité modérée sur plusieurs minutes entre deux périodes d’intensité élevée. Jouer ! Accélérez entre deux arbres ! Sautez au-dessus des troncs ! Sprintez aux pancartes ! Échappez vous de la monotonie !

DES CONSEILS

Les effets des activités physiques et sportives, et notamment de la course à pied, sont toujours bénéfiques sur le plan du développement physique, psychique et social de l’enfant. Pourtant, comme en toutes choses, il faut savoir raison garder. La mauvaise tolérance à l’entrainement est toujours possible. La fatigue, les blessures, les troubles du caractère et du sommeil, les problèmes relationnels sont des signes qui doivent nous alerter nous parents. Les enfants aiment être accompagnés et soutenus mais il n’est pas toujours facile pour les parents de s’impliquer en gardant la bonne distance par rapport aux résultats. Essayons de ne pas être des parents excités ou fanatiques, laissons les enfants décider s’ils veulent pratiquer la course à pied de manière intensive ou bien en compétition. Restons des parents supporters en privilégiant les mots clés du sport chez l’enfant : plaisir, convivialité, variétés des activités, récupération, respect des décisions des entraîneurs ou des organisateurs de course à pied.

 

CONCLUSION

Si je dois répondre à la question de l’âge avant lequel n’est-il pas raisonnable de démarrer la course pied je répondrai par un proverbe : « en toute chose, il faut savoir raison garder » ! Et la seule motivation qui doit animer votre enfant à la pratique du running c’est le plaisir de jouer ! Sans vous oublier… Fuyez donc souffrance, frustration et contraintes !

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