Vous qui pratiquez la course à pied : ne me dites pas qu’il ne vous est jamais arrivé d’être arrêté par une blessure ? Ne me dites pas que vous n’avez jamais vécu cette insupportable sensation de ne plus pouvoir pratiquer ce que vous adorez faire ? La blessure est souvent assez dévastatrice chez nous les sportifs. La douleur physique liée à ce dysfonctionnement dépasse souvent l’intolérance mais plus douloureux encore est ce sentiment de privation et pire : ce sentiment de condamnation à perpétuité lorsqu’on ne trouve pas la solution…

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

INÉTHIQUE ?

IMG_4962.png

Mémé risquerait de se retourner dans sa tombe si elle lisait ce dossier. En effet, on s’éloigne drastiquement de la « méthode de grand-mère ». Je vais vous faire découvrir une méthode de laboratoire révolutionnaire qui m’a sauvé d’une aponévrosite plantaire récalcitrante, il y a quelques temps. Je vous préviens : superficiellement, on frôle l’inéthique. Dans le détail c’est déjà plus proche de la bonne morale de votre site internet préféré.

LA PRP

Une fois que vous aurez tout essayé pour guérir de votre tendinite, et uniquement si rien ne répond à l’ensemble des traitements les plus usuels (repos, glaçage, anti-inflammatoire, la « Kiné » et toutes les méthodes qu’on trouve dans le cabinet du praticien, accompagnement podologique, etc) vous pouvez vous diriger depuis quelques années vers un traitement par PRP ! En effet pour soigner une tendinite après l’échec aux autres traitements, je ne connais pas plus efficace.

COMMENT ÇA MARCHE ?

La plupart des lésions musculaire et/ou squelettiques surviennent dans des zones faiblement vascularisées donc fragilisées, comme le tendon d’Achille. Ainsi, le processus naturel de l’organisme de cicatrisation est donc lent à cause de ce déficit de vascularisation et donc de facteurs de croissance disponibles immédiatement et en quantité.

QU’EST-CE QUE LA PRP ?

 

Commençons par une leçon d’anglais : PRP comme Platelets Rich Plasma ! Ou autrement traduit Plasma Enrichi en Plaquettes ! Et cela s’obtient à partir d’un système de centrifugation de votre propre sang. La centrifugation pour ceux qui ne connaissent pas, permet de séparer les différents composants du sang pour ne conserver que le plasma et les plaquettes. Ainsi le fait que ce soit autologue ou autrement formulé que l’utilisation de ce sang soit celui du sportif lui-même permet de limiter tout risque de contamination. Le PRP est ensuite injecté en intra-tendineux afin d’accélérer la réaction de cicatrisation du tendon.

QU’Y A-T-IL DE SI MAGIQUE ?

Les plaquettes renferment différents facteurs de croissance. Si on rentre un peu dans la partie technique, il s’agit des PDGF, des facteurs de croissance bêta transformant (TGF-ß) et endothélial vasculaire (VEGF). Mais ne rentrons pas trop dans des détails techniques et compliqués. Simplifions ! Retenez juste à ce moment précis qu’il est prudent d’analyser les résultats de cette méthode.

CE N’EST PAS DU DOPAGE

J’imagine déjà quelle est votre inquiétude… Je vous entends déjà dire « mais c’est du dopage » ! Rassurez-vous l’AMA l’autorise depuis janvier 2013 sauf si des facteurs de croissance sont injectés séparément.

PRÉPARATION

  1. La préparation de la « PRP » nécessite un prélèvement de votre sang, selon des techniques strictes et sécurisées comme pour une prise de sang normale d’ailleurs.
  2. Le second principe repose sur une centrifugation de l’échantillon de votre sang prélevé
  3. Une fois que vous avez les trois parties de sang bien séparées le médecin en extrait uniquement la partie du haut où se trouve le plasma

IMG_4961.jpeg

MODE D’OBTENTION

Après discussion avec mon ami, le Docteur Laurent AUMONT, le médecin des joueurs du PSG, qui en est accessoirement un des pionniers en cette technique en France, la méthode d’obtention est la suivante :

  • Volume de sang prélevé : 15 ml avec seringue unique
  • Temps de centrifugation : 5 minutes
  • Vitesse de centrifugation : 1500 tours/min
  • Volume de PRP obtenu : 5 mL

WARNING !

Attention, il ne faut pas confondre avec le traitement des tendinites par injection de sang autologue. Les études donnent des résultats contrastés, de plus l’Actovegin est une molécule interdite par le code antidopage de l’AMA en cas d’administration par intraveineuse. Consultez la liste des produits et méthodes interdits.

IMG_4964.jpeg

COMBIEN D’INJECTIONS ?

En fonction de la tendinite et de sa localisation : une seule injection peut suffire. Et pour d’autres endroits plus délicats, on peut aller jusqu’à trois injections espacées chacune de deux semaines.

LA DOULEUR

Partez du principe qu’il faut souffrir pour être beau. On peut donc ressentir une douleur au moment de l’injection : oui ! Et vive : oui ! Sur une échelle de 0 à 10 ? Perso 10 (rire). Car en principe, on ne fait pas d’anesthésie locale avant l’injection. Après le niveau de douleur dépend aussi de plusieurs facteurs dont la sensibilité et la réactivité subjectives de chacun. Mais pour moi le résultat est tel que cela ne poserait pas de problème de recommencer en cas de besoin.

LE PRIX ?

Le prix ? C’est très aléatoire… Entre 100 € et 400 € pour les plus chères et parfois même jusqu’à 1000 € chez certains grands noms de la médecine sportive (mais ça, c’est un autre sujet). Et ces injections sont-elles prises en charge par la sécurité sociale ? La consultation peut-être !? Mais la prise en charge de l’injection et donc le geste technique global : là, c’est hors nomenclature et donc malheureusement non remboursé.

ET APRÈS, ON FAIT QUOI ?

Un repos de 48 heures pour commencer. La prise de paracétamol est souvent un bon remède à associer. Et avant de reprendre le sport et pour que la substance magique fasse son effet, patientez au moins 15 jours sans activités sur et/ou avec la zone concernée.

LES RISQUES ?

Quelles sont les risques ? A part la peur et l’angoisse incontrôlées ou le malaise vagal, je n’en vois pas. Par ailleurs, comme il s’agit de votre propre sang, il n’y a aucun risque. Et des cas de contaminations doivent être excessivement rares. Les rejets sont également par définition impossibles. En gros : les risques, les vrais, relèvent de l’exceptionnel.

CONTRE INDICATIONS ?

D’une manière générale votre médecin fera un interrogatoire préalable pour connaitre les rares contre-indications. À priori un facteur limitant serait le cas de la fièvre, mais aussi la prise d’AINS ou de traitement liquéfiant le sang style les anticoagulants.

% DE SUCCÈS ?

J’ai pourtant cherché mais je n’ai rien trouvé. D’ailleurs, si un lecteur de running4all trouve une étude de prévalence qu’il nous la partage avec des chiffres précis sur les chances de succès à traiter la lésion par cette méthode. En contrepartie, je lui offre une rédaction sur le sujet de son choix. Néanmoins, tous les athlètes ou sportifs que je connais qui ont un jour, bénéficié de cette technique ont tous guéri de leur problème. 

CONCLUSION

Le plasma riche en plaquettes est un produit prometteur. Avec beaucoup d’avantages : son origine autologue, sa simplicité d’obtention et son mécanisme d’action. Son utilisation dans les lésions des tendons et des ligaments a montré une récupération plus rapide sans effet indésirable significatif. Toutefois, le manque d’études cliniques bien conduites et l’absence de standardisation des méthodes de préparation pour définir la composition exacte du produit empêchent d’établir des recommandations globales d’utilisation du PRP. À mon sens, nos autorités devraient mieux encadrer son utilisation, notamment pour le traitement des tendinopathies en cabinet. Dans ce contexte, aujourd’hui le PRP doit rester selon moi, une technique de guérison de seconde ligne devant des pathologies réfractaires aux traitements conventionnels. Par contre, je m’étonne quand-même toujours qu’on ne mesure la numération plaquettaire avant de réinjecter. Bref, si de ce que je vois, cela me semble assez fabuleux au niveau du résultat ça ne reste que du ressenti et attendons peut-être d’avoir plus de retour car finalement ça reste assez nouveau dans l’histoire de la médecine !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *