BROOKS GHOST 11
Les + : Confort grâce au système ShoeFinder, limitation des risques de blessures
Les – : Poids, drop élevé
Amortis BioMoGo DNA et DNA LOFT, rainures Omega Flex Grooves, tige en mailles techniques. Pointures : du 35,5 au 49,5, trois largeurs, dix couleurs.
  • Usage : Entraînement/Compétition
  • Surface : Route
  • Poids de la chaussure : 260 g en taille 40
  • Drop : 12 mm

Prix public : 140 €

Pour un coureur occasionnel, le choix d’une paire de chaussures peut s’avérer extrêmement compliqué. Brooks propose un système inédit avec un questionnaire en ligne qui vous oriente vers le modèle à adopter en fonction de votre pratique et de votre foulée. Celui-ci m’a dirigé vers la Ghost 11. Voyons ce que cela donne sur le terrain après plusieurs semaines de test.
Par Guillaume Judas – Photos : DR
Je suis un coureur occasionnel depuis de nombreuses années. Plus exactement, je suis un athlète dans une autre discipline que la course à pied, mais je cours en général tous les ans d’octobre à mars pour diversifier mon activité, et compléter ma préparation physique générale. Je ne me suis jamais vraiment intéressé aux technologies mises en avant par les fabricants de chaussures, parce que, vues avec un peu de recul, beaucoup d’entre elles ressemblent uniquement à des arguments purement marketing. Voyez les sites Internet des principales marques du marché, et essayez d’y trouver le moindre conseil pour choisir le modèle vraiment adapté à votre pratique… Bon courage ! Il reste bien sûr le conseil en magasin, mais là encore parmi la multitude de chaussures proposées, le vendeur ne peut-il pas être tenté de vous orienter en priorité vers ce qu’il a en stock ? J’en garde un mauvais souvenir il y a quelques années, avec une conseillère dans un magasin spécialisé qui m’a vendu une paire de chaussures – déjà des Brooks – me blessant sévèrement pendant plusieurs semaines. Que faisons-nous donc, pour la plupart d’entre nous ? Une fois qu’on a trouvé un modèle qui semble convenir – souvent par hasard – on le pousse à bout avant de le remplacer si possible par les mêmes chaussures. Quand c’est possible, car les fabricants renouvellent régulièrement leur offre, distillant parfois des modifications qui ne conviennent plus. Bref, pour moi, choisir une paire de chaussures pour courir en évitant les blessures est un vrai casse-tête.

Le ShoeFinder

À ma connaissance, Brooks est la seule marque à proposer un questionnaire en ligne pour vous aider à choisir le modèle adapté. Ce système existe déjà plus ou moins sérieusement avec les selles de vélo. Apprécions donc l’initiative dans le domaine du running, d’autant plus que la gamme Brooks ne se montre pas pléthorique, avec seulement 22 modèles différents destinés à la course sur route, pour hommes et femmes confondus. Un gage de sérieux selon moi, car j’ai du mal à croire qu’il existe tant d’arguments techniques qui pourraient justifier plus de modèles. Les prix de tous les modèles Brooks sont dans la moyenne du marché, et semblent se justifier par des technologies différentes mais que l’on peut aisément comprendre. Enfin, le look des Brooks en général est plutôt sans fioriture. Si chaque modèle est proposé en différentes couleurs, on reste quand même sur une approche très ciblée sur la spécificité de la discipline. Voilà qui a plutôt tendance à m’inspirer confiance. Donc sans présager du modèle qui va m’être proposé, je décide de suivre les étapes du ShoeFinder une par une.
Je commence par sélectionner mon sexe et le type de surface.
Ensuite je sélectionne la manière dont se positionnent mes pieds en marchant (Jusque là, rien que de plus normal !).
Puis on me demande de choisir ma jambe d’appui, et d’en définir la stabilité lorsque je me maintiens en équilibre sur cette jambe. Il n’est d’abord pas évident de connaître sa jambe d’appui (je parie pour la droite), et d’ensuite d’évaluer ce que sont peu ou beaucoup de mouvements. Mais là encore, j’estime que je tiens à peu près droit en équilibre sur la jambe droite.
L’étape suivante consiste à évaluer les mouvements naturels des genoux lorsque je m’accroupis. Ici, l’évaluation me parait plus facile. Ils restent dans l’axe et la pression sur ma main n’est pas modifiée.
Ensuite, il s’agit de déterminer ma souplesse articulaire. Là encore, déterminer un angle en suivant la figure n’est pas évident. Mais je sais que je suis hyperlaxe (mon ostéo me le répète suffisamment souvent). Donc aucune hésitation de mon côté.
Pour la question suivante, il faut bien sûr faire la différence entre des courbatures et des douleurs plus sournoises. Et désolé pour ma passion naissante pour le running, mais courir ça fait mal, de mon point de vue en tout cas. Je mets toujours beaucoup de temps quand je reprends à évacuer les petites douleurs articulaires (chevilles, genoux, parfois hanches…) et même une fois que je suis entrainé, je flirte toujours un peu avec la limite. Un point sensible chez moi donc, mais que je ne ressens pas dans mon autre sport de prédilection.
Réponse délicate encore une fois me concernant pour la question suivante. Il y a six mois, je ne courais pas, mais je faisais quand même mes 15 à 18 heures de sport chaque semaine. Disons que lors de ma période où je cours en complément du reste, ma pratique du running se situe autour de 25 km par semaine. Je tente cette réponse.
Je commence toujours sagement, mais après une dizaine de footings j’accélère un peu la cadence et j’entame ensuite un cycle de fractionnés, pour travailler ma condition physique. Mais je n’envisage pas de participer à une compétition. Cette réponse me semble donc la plus logique. J’aurais quand même préféré qu’on m’interroge sur mon poids et la vitesse à laquelle je cours en règle générale, voire ma VMA…
Pour finir, on me parle « sensations ». Bon, le terme est parfois difficile à définir. Je pense d’abord à mes douleurs, donc je focalise sur le côté soft d’une paire de chaussures.
À ce stade, je ne sais pas encore si le modèle proposé est le bon choix, mais au moins j’obtiens pour la première fois UNE réponse, un modèle qui semble a priori adapté à ma pratique. Il ne me reste plus qu’à tester.

À l’épreuve du bitume

Les Ghost 11 semblent un peu plus lourdes à porter qu’elles ne pèsent en réalité. Mais j’y reviendrai. Je note d’emblée une finition en dehors de tout reproche. Pas de coutures internes (sauf au niveau de l’extrémité de la languette mais celle-ci est très soft au toucher), un rembourrage au talon qui épouse parfaitement les contours du talon d’Achille, des lacets plats maintenus par deux encoches sur la languette pour que le tout reste bien en place, et aucune trace de colle ou autre qui pourrait laisser craindre un délitement prématuré de la chaussure. C’est propre et bien fichu. 
J’ai le pied très fin, mais pourtant je ne ressens pas le besoin de resserrer la chaussure. Le maintien latéral est très bon, aussi bien au niveau du cou de pied qu’au niveau du talon ou de l’avant pied, avec juste ce qu’il faut de souplesse à ce niveau-là pour se sentir à l’aise mais sans chercher ses appuis dans la chaussure. Le serrage des lacets ne nécessite même pas de double noeud, et quelle que soit la distance je n’ai jamais ressenti le moindre point de pression au serrage.
Les premières sensations montrent un amorti un peu ferme, mais bien présent tout de même. Je suis frappé par la hauteur du drop (12 mm), qui me donne une foulée un peu lourde. Mes chaussures précédentes avaient un drop de 8 mm, et étaient bien plus légères. Sans doute une raison de cette sensation de « lourdeur » avec les Ghost. Autre sentiment un peu diffus : la chaleur ! J’ai l’impression d’avoir plutôt chaud aux pieds avec les Ghost 11. Pas vraiment gênant, mais c’est assez inhabituel. Ce qui est certain en revanche, c’est que le maintien global associé à l’intérieur sans couture ne me procure aucun échauffement, aucun point sensible qui pourrait m’amener à connaitre des ampoules même sur des sorties de plus d’une heure.
Je n’aime pas particulièrement les chemins tracés au revêtement inégal (mais articulations n’aiment pas, pour être plus précis), mais il ne fait pas de doute en regardant les motifs de la semelle que les Ghost peuvent s’y aventurer. Sur des chemins en terre battue, l’accroche est en tout cas de très bon niveau, avec peu de différence de motricité par rapport à une pratique uniquement sur la route.
Restent enfin les questions du confort et du dynamisme. Pour le confort – et c’est ce qui intéresse sûrement la plupart des lecteurs de Running4all – c’est très positif. Si je n’ai pas pu totalement éviter mes inévitables douleurs articulaires (et surtout aux chevilles) au moment de ma reprise de la course à pied, ce qui a été très nettement amélioré ce sont les courbatures musculaires. À un tel point que pour la première fois de ma petite carrière de coureur, j’ai pu courir deux jours de suite, comme par exemple les deux premiers jours. Alors, j’ai certes commencé tranquille, en augmentant simplement la distance d’un kilomètre par sortie. Mais après avoir enfin atteint les 12 km sur une séance en endurance pure, je confirme mes premières impressions : bien que pas spécialement molles à la foulée, les Ghost 11 amortissent très bien les chocs sur le bitume, au point de limiter le nombre et l’intensité des courbatures. Question dynamisme par contre, je suis plus partagé. Je ressens toujours un peu cette sensation de lourdeur de la foulée, ce léger manque d’entrain à la relance, ce petit manque d’effet rebond que j’attends d’une paire de chaussures quand je suis lancé dans mes footings à l’allure « vite-fait/bien-fait ». Un peu comme si le drop un peu élevé perturbait mon désir d’allonge. 

Un système en devenir

Pour conclure, je ne suis pas complètement convaincu que les Ghost 11 soient les chaussures les plus adaptées à ma pratique un peu particulière. Avec 3 km/h de vitesse moyenne de différence entre octobre et novembre/décembre. Ou du moins le sont-elles parfaitement au moment de la reprise, mais il manque un petit quelque chose quand je commence à accélérer l’allure. Elles sont très confortables et préservent ma musculature des courbatures, ça c’est indéniable. Le ShoeFinder de Brooks est un concept unique dans le domaine de la course à pied, et sûrement très intéressant pour ceux qui ont une pratique régulière tout au long de l’année. Voilà un concept qui devrait être adopté par toutes les marques, cela me semble évident tant il présente un intérêt. Pour ma part, je m’en vais de ce pas relancer le test, mais avec mes besoins du moment. Modifier mes réponses aux deux dernières questions devraient suffire pour changer de modèle sans toutefois révolutionner l’adaptation à ma foulée.

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