Le sport et l’entreprise, vaste débat… S’il ne nous appartient pas de juger le pas que prend le travail sur les activités de loisir en général, on peut en revanche s’interroger sur l’influence de la pratique sportive sur le rendement et l’efficacité au travail. En d’autres termes, les chefs d’entreprise ont-ils intérêt ou non à favoriser la pratique du sport pour leurs employés ?

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Le sport & l’entreprise : C’est un sujet qu’on doit à Thomas… Thomas c’est ce jeune commercial du domaine pétrolier qui ne sait pas s’il doit ses belles performances professionnelles à sa passion pour le sport ou à son sens du business. Ainsi, nous a-t-il contactés pour savoir comment la pratique du running pouvait impacter son quotidien professionnel. La fatigue que génère l’activité sportive et l’énergie qu’elle nécessite sont-elles délétères à son efficacité au bureau et pourrait-il être lui-même encore meilleur en freinant sa pratique ? Ou au contraire le running améliore-t-il sa productivité et corrèle-t-il avec son niveau de performance au boulot ?

UN CONCEPT SUCCESSFULL

C’est un concept qui prend de l’ampleur dans le monde de l’entreprise. La formule « bien-être / efficacité / productivité » séduit de plus en plus les RH. Et ainsi, si les bienfaits du sport ne sont plus à démontrer, les travailleurs n’ont pas toujours le temps, l’énergie, les idées pour pratiquer une activité physique régulière. 

La salle de sport ou le footing à la frontale à 6 ou 7 heures du mat et le réveil probablement 1 heure plus tôt ou le sport à 18 heures le soir après le turbin, c’est souvent rédhibitoire. Les obligations du quotidien, la vie sociale, de famille, ou autre prendront souvent le pas sur nos bonnes résolutions. Alors comment concilier au mieux activité sportive et vie professionnelle ? En faisant du sport au travail, pardi !

MIEUX BOUGER / MIEUX BOSSER !

Le matin avant d’entamer sa journée de travail, pendant la pause de midi ou en fin de journée, le sport s’invite dans le quotidien de plusieurs entreprises. Il n’y a qu’à regarder le quartier d’affaire de La Défense… Et elle est là, la définition du « sport au taf » : pratiquer une activité physique dans le cadre de l’entreprise et pendant ses heures de travail. Une réalité qui a déjà été bien comprise par les jeunes travailleurs. Chez DKV, notamment, où on constate de nouveaux besoins chez les générations dites X et Y. « Les nouveaux profils qui postulent dans la boîte vont accorder une certaine importance à l’environnement de travail, plus qu’au salaire. Le poste reste important, évidemment, mais ils demandent de plus en plus un beau bâtiment, des espaces de détente, et des douches pour leur permettre de pratiquer du sport, entre autres choses ».

DES EMPLOYÉS HEUREUX 

L’entreprise de Thomas partage le bâtiment avec une dizaine d’autres entreprises. Et lorsqu’on discute avec la responsable du building qui voit des centaines et des centaines d’employés franchir les portiques de ce bâtiment en bord de Seine chaque matin : « Les demandes des différents RH, des responsables de CE, et des directeurs d’entreprise du building pour une mise à disposition de douches, de vestiaires, d’une salle de sport, etc » c’est toutes les semaines que cela se manifeste. Et pourquoi ? « Parce qu’un employé heureux est un employé qui reste... »

ÉQUIPE & SOLIDARITÉ 

Une autre manière de pratiquer le sport et particulièrement le running en entreprise consiste à rejoindre des initiatives hors des murs du bureau. C’est une pratique de plus en plus courante. Les valeurs sportives sont souvent mises en avant dans les discours et dans la philosophie des boîtes mais il faut la jouer équipe : avec des champions qui seront devant, des experts qui donneront conseils, des anciens qui s’y remettront et revivront une nouvelles jeunesses, des suiveurs qui emboîteront le pas, qui craindront de moins en moins l’effort, et se laisseront galvaniser par le mouvement. Bref, des initiatives qui incitent non seulement les salariés à pratiquer du sport, mais qui encouragent aussi la cohésion d’entreprise et l’esprit d’équipe. Et même ceux qui sont a priori moins enclins à pratiquer du sport. 

UNE IMMUNITÉ GONFLÉE À BLOC

La pratique du running et d’activités physiques et sportives diverses est en hausse constante dans la société. Ça, c’est bon, on l’a compris. Mais ce n’est pas étonnant, lorsqu’on connaît les rôles importants que jouent ces activités sur la santé : gestion du poids, qualité de peau, impact sur la silhouette, ralentissement du vieillissement, amélioration des fonctions cardio-respiratoires, diminution du stress, hausse de la qualité du sommeil, etc. Mais surtout cela impacte merveilleusement le système immunitaire. Combiné à une bonne alimentation, c’est la garantie d’éliminer à vie l’arrêt de travail qui effraie tant les employeurs…

ET LE STRESS ?

Au-delà de l’aspect physique et santé, le sport influence aussi le mental ! Ça c’est le cadeau caché sur lequel devraient investir les RH, les patrons et les managers… Notamment en permettant d’évacuer les tensions accumulées, de se défouler, de souffler. Ça permet d’éviter toute sorte d’épuisement et autre burn-out, qui ont pour conséquence un taux d’absentéisme au travail de plus en plus élevé. Le sport est une manière aussi de retrouver un dynamisme et une sensation d’accomplissement qui dope l’estime de soi. 

L’ESTIME DE SOI !

Et l’estime de soi ? Quoi ? t’as peur de quoi, patron ? Qu’un employé qui prend confiance te fasse perdre TA confiance ? Mais la confiance d’un collaborateur en lui-même est ta ressource la plus précieuse, Boss ! La confiance en soi est un élément crucial pour rester motivé ! Mieux, si tu n’y vois que les intérêts de ton entreprise en priorité : ok (quoi que, on sera pas longtemps copain mais bon c’est un autre sujet…) mais la confiance en soi chez le collaborateur améliore significativement sa productivité et de façon notoire : l’efficacité de son travail. Bref, patron : « investis dans le sport ! »

GOMMEZ LA CONTRAINTE !

ATTENTION ! La condition de l’efficacité c’est que ça ne devienne pas une obligation. Alors attention, patron, ne jouez pas non plus au Veronique et Davina. Vous souvenez-vous des deux compères des années 80 qui jouaient les coaches sur la 2 ? Un peu relou en fait… Car en effet, faire du sport sous la contrainte annule tout effet positif. Il faut que la fille ou le gars en ait envie. Alors investissez sur les bénéfices plus que sur la contrainte !

LA BONNE FRÉQUENCE

Cette question a une réelle importance. Un bon dosage de son activité physique est la clé du succès. Le rythme et l’intensité dépendent de votre niveau bien sûr et de votre régularité. Vous devez être progressif et respecter votre fatigue et vos éventuelles douleurs. Trois sessions d’une heure par semaine ou bien une session de 20 à 30 minutes tous les matins pour faire du sport en dehors du travail, semble être le dosage le plus universel.

CONCLUSION 

Investir dans le sport est bénéfique et la bonne nouvelle c’est que cela est bénéfique pour toutes les parties : tant pour l’employé que pour l’employeur ! Chers employeurs, ce qui « différencie le travail de l’esclavage c’est le respect du travailleur ». J’aimerais que ce soit de moi mais c’est d’Emile Zola (Rien que ça…). Par contre ça c’est bien de moi : « la différence entre le travailleur et le runner travailleur c’est que le runner travailleur est bien meilleur parce qu’il agit avec bonheur & bonne humeur »… 

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