« La vie c’est comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Ainsi, si dans la vie de Forest GUMP, il y a plein de moments sucrés, il y a aussi des situations qui transforment son âme en chocolat noir ou en liqueur amer. C’est la même chose en course à pied. Il y a les courageux, il y a les malchanceux, il y a les talentueux, il y a les heureux, il y a les malheureux et même parfois des tricheries qui donnent la nausée. 

L’idée aujourd’hui, et pour bien commencer l’année, est de voyager à travers le temps sans ordre chronologique et de réciter quelques unes des plus mémorables anecdotes de ce sport fabuleux. 

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Dopé à la Junk food !

Pour préparer le marathon de Los Angeles en 2011, Joe d’Amico, un américain passionné de course à pied, a décidé de se préparer en se nourrissant exclusivement de Big Mac pour les trois mois de sa prépa. Ne soyez pas inquiet pour lui ? Il a terminé et il est toujours en vie…

Le coureur en mocassins

Deerfoot, ce nom ne vous dira rien, j’imagine ? Portant Deerfoot est un Indien nord-américain, qui a l’époque avait battu le record du monde de l’heure en course à pied, à 90 ans, mais surtout : en mocassins !

Le cannibale 

Ça date de 1863 ! À l’époque, Walter George avait établi les records mondiaux sur toutes les distances de l’époque, du 800 m au marathon. 

Le mec qui court 15 km en 20’

Si je vous dis que Roberto Madrazo, est le vainqueur du marathon de Berlin en 2007. Vous vous en souvenez ? Pour les plus passionnés vous me direz que je me suis trompé. Et vous avez raison. C’est effectivement Gebre qui avait gagné. Néanmoins, c’est quand même ce gars qui a franchi la ligne en premier. Sauf qu’il se serait miraculeusement télétransporté du 20e kilomètre au trente-cinquième, et tout ça, en seulement 20 minutes.

Celui qui carbure au pinard !

Il n’y a pas que François Dahene qui carbure au Pinard. Louis Spiridon, ce petit berger grec, a bu deux verres de vin lors du premier marathon olympique. Et vous savez quoi ? Il a gagné.

300 kilomètres par semaine !

300 km dans les années 70 : c’était le tarif pour les marathoniens. Sauf que les carrières duraient deux ans.

1500 mètres maximum pour les femmes. 

Avant 1976, le 1500 m était la plus longue distance pour les filles lors des JO. Les organisateurs pensaient que courir sur des parcours plus longs serait trop dangereux pour elles.

Celui qui se trompe de direction

Aux JO de 1908, Dorando Pietri est encore un parfait inconnu. Jusqu’à ce qu’il se trompe de sens au moment d’entrer dans le stade pour remporter l’épreuve du marathon. Exténué, il tombe, re-tombe, ne comprend pas les indications des officiels, re-re-tombe encore une petite fois et réussit à franchir la ligne d’arrivée avec l’aide du staff. Il sera disqualifié à la suite de ça, mais au moins, il l’aura franchit sa putain de ligne d’arrivée.

Le vététiste

Pourquoi on s’emmerde ? On va quand même plus vite en vélo. Franck Delrocq, c’est celui qui récupère un VTT quand les officiels ont le dos tourné et qui gagne 10 km/h incognito.

Son copain

Son copain est encore plus malin. On taira son nom mais courir le marathon de Paris en 2h25 avec un footing par semaine et un pass navigo dans le short, c’est l’exploit qu’a réalisé un participant du marathon de Paris 2008.

Le copain du copain

Le copain du copain aussi aime bien les transports en commun. Sauf que lui, c’est un vrai champion et qu’il nous vient des hauts plateaux africains. James Kipkenboy aime tellement les transports en commun qu’à Athènes en 2007, il en a embrassé (un peu violent et pas tout à fait en état de lucidité) un tramway.

Le doyen 

Un nom qui ne vous dira rien… Fauja Singh, c’est un britannique, qui a commencé à courir des marathons à… 89 ans. Et comme Papy avait la forme, il en couru neuf autres derrière, pour finir son dernier marathon à Hong-Kong à 101 ans.

L’Équité 

Il aura fallu attendre 1984… 1984, c’est l’année où enfin les femmes sont autorisées à courir aussi longtemps que les hommes lors des JO ! C’est le début du marathon féminin, avec Joan B. Samuelson, qui remporte la médaille d’or. En 2h24min s’il-vous-plaît !

L’homme aux pieds nus

C’est peut-être « l’image » du marathon. Celle du marathon olympique 1960. Un éthiopien totalement inconnu s’est aligné pour le marathon des JO de Rome sans chaussures. Non pas parce qu’il n’en trouvait pas dans la capitale italienne, comme le dit la légende, mais parce qu’il courait tout simplement plus vite pieds nus. Abebe Bikila restera à jamais une des plus grandes légendes de ce sport.

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Le premier Africain 

Le public est d’autant plus ébahi que 1) Bikila remporte l’épreuve, mais surtout 2) il est le premier Africain de l’histoire médaillé d’or de l’histoire des JO. Avec une référence à 2h15 il sera le premier d’une série qui n’est pas prêt de se terminer…

Le berger 

C’est là où tout commence… Spiridon Louis, berger de son état, entre dans l’histoire en reportant l’épreuve de cette première édition des Jeux olympiques de l’ère moderne qui mena les coureurs depuis la ville de Marathon au stade Panathénaïque d’Athènes, sur les traces du légendaire Philippidès (490 avant J.C.).

La distance du marathon 

Pour la petite histoire, le parcours tracé entre Windsor et Londres devait à l’origine faire 26 miles. Il en fera 26 et 385 yards soit 42,195 km après que la ligne d’arrivée ait été déplacée et finalement repositionnée face à la loge du roi dans l’enceinte du stade olympique. Il aura donc fallu attendre les Jeux olympiques de Londres, et la volonté d’un homme, pour que la distance du marathon devienne celle que l’on connaît aujourd’hui. 

Never give up

 

John Stephen Akhwari est connu pour être le dernier marathonien à avoir franchi la ligne d’arrivée du marathon de Mexico. Le coureur tanzanien, gravement blessé au genou droit après une chute au 20e kilomètre boucle l’épreuve dans la douleur en 3h25’27. Quand on lui demande pourquoi il n’a pas abandonné, il répond : « Mon pays ne m’a pas envoyé à Mexico pour commencer la course, mais pour la finir.» 

Trois entraînements pour Noël 

Le début des années 80 a été le moment de gloire de la course à pied britannique. Et parmi ce wagon de champions, deux sortaient du lot. Steve Cram et Sébastien Coe. Les deux meilleurs milers de la planète. Mais l’anecdote que j’ai à vous raconter est plus récente. Elle date d’un gala de charité où étaient invités les deux meilleurs ennemis de l’athlétisme des années 80. Steeve Cram qui s’entraînait habituellement deux fois par jour avoua à son adversaire qu’une après-midi avant Noël, il allait faire l’impasse. C’est seulement en pensant à Coe qu’il trouva le courage d’abandonner les cookies et la chaleur de la cheminée pour aller courir. Coe lui avoua : « j’en étais sûr », « c’est pour cette raison que ce jour-là je me suis entraîné 3 fois ».

Une mythologie 

S’il existe une véritable mythologie dans notre sport, impossible de ne pas l’associer à Emil Zatopek. Néanmoins, il y a de quoi en écrire un livre truffé d’anecdotes. Alors on retiendra juste qu’on lui doit le « fractionné ». Le tchèque révolutionna l’entraînement de la course à pied en associant le quantitatif au qualitatif. Il prôna l’effort multiple, les travaux physiques, les sprints, les longues distances. Coureur, athlète complet. L’hiver, il lui arrivait de courir dans les forêts enneigées de chez lui avec… des bottes de l’armée, lui qui avait commencé sa carrière comme ouvrier dans une fabrique de chaussures. Zatopek ne se souciait pas de son style, de son apparence. Seuls l’effort et le record comptaient. « Pourquoi courir lentement quand on peut courir vite ? » Une pensée d’Emil Zatopek à méditer ! 

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100 x 400 ou la séance royale 

Et parmi les séances les plus badass qu’on ait jamais vu dans l’histoire, sur une piste d’athlétisme, Zatopek en pleine préparation pour le marathon s’était concocté pas moins de 100 répétions de 400 en 1min20 avec 1 minute de récupération.

Il y a même un record du monde !

Ce n’est pas une blague, il existe aussi un record du monde du 100 x 400m sur piste. Officiellement inscrite dans le Guinness des records, cette discipline consiste à réaliser le plus vite possible cent fois la distance de 400 m avec cent athlètes différents. À ce petit jeu, ce sont actuellement les Italiens du club de Brugnera qui détiennent le record du monde avec 1h39’’25 (en 2013), soit une moyenne de 59’’65 pour chaque tour. 

1000 tours de table 

Vous connaissez Aurèle Vandendriessche ? Assurément un des meilleurs marathoniens au monde dans les années 60. Il a remporté plusieurs fois le marathon de Boston ou encore celui de Fukuoka. Il lui manquera juste le titre olympique. Merci Bikila ! Mais l’anecdote sur ce Belge c’est le jour où il faisait tellement froid qu’il était impossible de sortir. Pas question pour lui de manquer l’entraînement. Il a juste couru autour de ta la table de la salle à manger pendant une heure…

Les 10 x 800 m de Yasso

« 10 x 800 » sur piste : cette séance est le fruit de l’expérience et d’années d’entraînement de Bart Yasso, coureur, triathlète et entraîneur, afin de prédire son temps au marathon. Elle consiste en la « simple » réalisation de 10 répétitions de 800 m courus à l’allure la plus rapide et constante possible avec une récupération équivalente au temps d’effort. Le temps moyen en minutes et secondes des 800 m (on enlève le plus rapide et le plus lent) correspondra au temps attendu sur marathon en heure et en minutes. Par exemple, si vous réalisez, en moyenne, les 10 fois 800 m en 3 min 15 sec, alors vous valez 3 h 15 min sur marathon. Je vous laisse tester ?

Bon & vous ? 

Bon et vous ? Donnez vie aux héros de vos contes de course à pied préférés. Quels périples avez-vous à nous raconter ? Peut-être êtes-vous tombé sur la douceur d’un chocolat praliné ou alors vous êtes vous cassé les dents en croquant sur une noisette ? Faites-nous plonger dans des récits et immergez nous dans ces moments qui font les histoires de la course à pied…

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