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Résumé du Marathon du Bénin 2019

Il y a quelques semaines nous vous avions parlé sur running4all d’un marathon atypique au pays des tropiques. L’idée était de vous le faire vivre de l’intérieur… Il s’agit du marathon de Parakou au Bénin. Malheureusement, une blessure nous a obligés à revoir nos plans. De l’intérieur, ce sera pour l’année prochaine. Pour cette année, nous l’avons suivi à distance

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Vous souvenez-vous du Père Guillaume Kambounon ? Oblat de St François de Sales. Il est l’organisateur de ce marathon un peu fou… Depuis longtemps il a fait de la course à pied son terrain de mission. Il va puiser la raison, dans l’évangile forcément. Mais il nous montre aussi un Jésus et des apôtres qui évoluent sur la piste unique de la Galilée à Jérusalem, sans jamais regarder en arrière, comme de vrais marathoniens. Il vit l’engagement à fond, comme un vrai marathon. En abordant avec une intensité extrême, les dernières foulées de la course ! Son moteur, il l’alimente au suc salésien : « la confiance » qui manque tellement dans nos sociétés : « Allez confiance, avancez ! ».

OUVERT À TOUS !

Notre Père Guillaume Super-Marathonien a voulu que son épreuve soit ouverte à tout le monde. Les grands, les petits, les femmes, les hommes, les riches, les pauvres, les vieux, les jeunes, les cadres, les ouvriers, les locaux, les étrangers, les noirs, les blancs. Bref, dans un souci d’accomplissement et de prise de conscience et de confiance, il a voulu faire de son épreuve un moyen fabuleux pour se rendre compte à quel point le corps est un don précieux. 

LA COURSE POUR RÉPANDRE L’HUMANISME 

Sous ses airs d’être toujours drôle, toujours joyeux voire presque désopilant et hilarant, se cache un personnage un peu inquiet par la direction sanitaire et sociale qu’a pris son pays. « Les jeunes se sédentarisent, dit-il. Nous devons faire pendre conscience aux gens de la nécessité qu’il y’a à prendre soin de leur corps et de leur esprit ». Pour lui le sport est une évidence et la course à pied un moyen simple pour répandre l’humanisme salésien. « La course à pied met au centre l’homme et sa santé » ! Oui, mais voilà, tout le monde ne peut pas courir un marathon…

UNE FÊTE UNIVERSELLE 

Tout le monde ne peut pas courir un marathon, c’est vrai. Mais d’une certaine façon au Bénin, quand il y a une fête, elle est pour tout le monde. Tout le monde y participe à sa façon. Et un tel événement, même sans y participer donne des idées et un chemin à prendre…

QUI AU DÉPART ?

Le marathon salésien de Parakou 2019 ne s’est pas seulement inspiré des thèmes des différentes éditons. Mettant au cœur de la thématique l’humanisme Salésien, la dernière édition a aussi intégré de nouvelles dispositions. Cette année, des personnes à mobilité réduite, certaines mêmes en Tricycle, ont participé à l’épreuve. Egalement des coureur sourds-muets. Par la magie salésienne, l’épreuve a transformé 861 participants en 861 vainqueurs ! 

LES VAINQUEURS 

De 2h32’48’’ pour le premier à plus de 6 heures pour l’ultime finisher, de nombreux prix ont été remis. Des vétérans aux personnes les plus obèses. Des prix de groupe pour encourager les familles (papa, maman et enfants qui finissent ensemble) et des groupes de plus d’une vingtaine qui finissent ensemble avec une entraide et une solidarité rare qu’on ne retrouve que dans ce genre de détresse partagée. Père Guillaume et son disciple David Ahossinou savent éduquer les populations. Avec ce genre de récompense, ils encouragent les gens à travailler ensemble, à poser un autre regard sur les personnes porteuses d’handicap, et à developper la persévérance. Du premier au dernier, il n’y a qu’à voir les messages : tout le monde a gagné !

DES TALENTS IDENTIFIÉS

Ce projet va s’intéresser aussi à la santé de l’athlétisme en course hors stade béninois et ouest-africain en s’ouvrant à l’élite du monde athlétique et ainsi détecter et promouvoir de probables talents. Père Guillaume va emmener les meilleurs sur des marathons européens et notamment sur ceux d’Annecy et du Beaujolais.

« RIEN N’EST PLUS FORT QUE LA DOUCEUR… »

Cette édition 2019 était la douzième. Et ainsi ce samedi 09 février sous le thème : « Rien n’est plus fort que la douceur et rien n’est plus doux que la force réelle » ce sont 860 super héros de 16 nationalités différentes dont 256 femmes qui ont pris part à cette course. Étaient représenté le Togo, le Burkina Faso, le Nigéria, le Congo, le Canada, la France, le Sénégal, l’Italie, la Colombie, les Etats-Unis d’Amérique, l’Allemagne, la Belgique, la Pologne, l’Afrique du Sud, le Ghana et bien sûr : le Bénin de père Guillaume.

LE DÉROULEMENT

Trois épreuves dans l’organisation : le marathon, le semi et un « 10 bornes ». Et même si le point d’orgue reste le marathon, les deux autres épreuves battent leur plein, elles-aussi. Ainsi, pour le marathon, le départ est donné avant le petit jour à Tchatchou. Une ville chaleureuse située 20 kilomètres plus au Sud de Parakou…

IL EST 5 HEURES…

Paris s’éveille, et le Bénin s’apprêtent à libérer les participants du plus atypique des marathons exotiques. Comme au départ des marathons américains, l’hymne national béninois raisonne jusqu’au-delà des frontières. Le protocole veut que les représentants des autorités Politico-administratives de Parakou dont le Secrétaire général de la Préfecture du Parakou et le Préfet du Borgou donnent le coup de pistolet.

UNE ORGANISATION À LA HAUTEUR

Ne vous y méprenez pas, l’organisation n’a rien à envier aux grandes dispositions des marathons business qu’on connaît tous en Europe. Toutes les dispositions sécuritaires et sanitaires sont mises en place pour la réussite de cet événement. La police républicaine et les sapeurs pompiers assurent la sécurité des athlètes et des médecins sont présents en cas de problèmes.

LA DATE ?

Cette date est choisie exprès pour bénéficier de l’harmattan. Et l’harmattan c’est ce vent froid et sec qui souffle sur le pays de la mi-novembre à février. C’est un luxe pour les Béninois. Leur clim écologique ! Elle permet de commencer la course à 15°c et finir autour de midi à 25°c. C’est la meilleure période pour ceux qui craignent la chaleur.

LES CHRONOS

Après 2h32’48 de course, c’est le dossard 69 qui franchit le premier la ligne. Il s’agit de Rock AHOUANTCHEDE. 3 minutes plus tard, c’est Daoudq KORONGO en 2h35’31 qui le rejoint sur le podium puis Latifou YACOUBOU en 2h36’21 pour compléter le trio de choc. Chez les dames, c’est l’athlète Bentille ALASSANE, porteuse du dossard N° 11 qui remportera l’épreuve en 2h49’19’’ suivie de Yvette TCHAMOU 3h21’16’’ et Jacqueline TCHENAVI 3h24’43.

LES RÉCOMPENSES 

Le vainqueur repartira de la course avec un chèque de 200 000 FCFA (150 000 FCFA et 100 000 FCFA pour les deux suivants). Mais de ce qu’on devine, la somme reste plus anecdotique que symbolique. La vraie réponse, elle est ailleurs…

LA FÊTE ! 

Pour les Béninois, les grands évènements se célèbrent comme nulle part ailleurs. Avec toutes les sonorités les plus bruyantes qu’on puisse imaginer au point de perturber le sommeil de tous les voisins. Les voisins, ce sont les pays voisins qu’on se comprenne. Le son se diffuse par le sol dans tout l’Afrique de l’ouest. Rappelez-vous en ! Si vous devez allez au Bénin, allez-y un jour de fête… L’édition 2019 s’est ainsi inscrite dans une gigantesque fête de rencontres interculturelles ! Rendez-vous maintenant le 08 Février 2020, cette fois pour vivre le plus atypique des marathons exotiques sous le thème de : « L’amour murmure toujours même quand les amoureux n’ont rien de secret à se dire ».

Jean-François Tatard

Jean-François Tatard

Jeff TATARD - 38 ans. - consultant sport - athlète multidisciplinaire (running, cyclisme, route, VTT, Run & Bike) Facebook : Jeff Tatard Insta : Jefftatard

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