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Rencontre avec un géant nommé François d’Haene

Ce mois-ci, un champion à l’honneur. Modeste, un rien timide, il fuit la notoriété, mais celle-ci le rattrape toujours au galop. Normal, ce viticulteur trentenaire est l’une des figures les plus marquantes de la planète trail. Rencontre au sommet, avec François d’Haene

Par Jean-François Tatard – Photos : DR

QUI EST-IL ? C’est au pas de course que nous l’avons rencontré. Presque trois heures ensemble à cavaler à travers les vignes de sa région, le Beaujolais. C’était en novembre dernier, à l’occasion du Marathon International du Beaujolais. A peine, notre marathon terminé, ses yeux rougis par sa dernière nuit qu’on imagine courte, son esprit est déjà ailleurs…

S’il a les traits tirés ce samedi, ce n’est pas à cause des derniers 42 km qu’on vient de courir. 42 km pour lui, c’est un amuse-bouche. Un petit décrassage qui permet d’éponger le vin assez doux qu’on dégustera à l’apéro. 

François D’Haene est le meilleur trailer de la planète et pourtant, à aucun moment il l’intègre comme un métier. Son métier, ça aurait très bien pu être kiné. Mais la kinésithérapie c’est « juste » sa formation et son diplôme. Ce qui occupe son quotidien, c’est de transformer du raisin en vin. Vigneron, à plein temps, et ce n’est pas reposant pour ce patron d’exploitation qui court tout le temps. 

SON HISTOIRE ?

Il est né le divin enfant… le 24 décembre 1985 ! Et de façon surprenante, à l’origine cet enfant n’était pas couché dans une mangeoire, entouré d’animaux, d’un âne et d’un bœuf. La légende veut que la cigogne l’ait déposé bien plus au nord, à Lille. Toutefois, son âme d’athlète, c’est dans les Alpes, à Novalaise, près de Chambéry qu’il l’a fabriquée !

LA SUITE…

Ce garçon très sympathique, a d’abord embrassé une carrière de kinésithérapeute. Après son diplôme en 2006, il s’installe dans le Beaujolais pour exercer. Il quittera vite ce métier mais plus jamais cette région !

LE BEAUJOLAIS 

Le Beaujolais et lui, c’est une histoire d’amour ! Il y rencontre celle qui deviendra sa moitié, et avec laquelle, ils donneront vie à deux garçons. Mais c’est aussi ici qu’il se découvre une passion pour la transformation du raisin, ce fameux breuvage qui nous régale chaque troisième jeudi de novembre. Cette région, ses collines, sa nature, deviendra vite son terrain de jeu préféré. 

LA COURSE À PIED, SON DERNIER AMOUR !

Ce terrain très vallonné du Beaujolais va lui servir à aiguiser sa lame et l’âme d’athlète qui sommeillait. Courir a toujours fait partie de la vie de l’égérie de la pub Mennen (le dimanche à la télé, entre le JT et le film du soir). Courir, il sait faire. L’athlétisme a toujours fait partie de sa vie. 3 000 mètres steeple, 10kms sur route, cross country. A cette époque, il ne sait pas qu’il sait courir, vite et longtemps, très longtemps. Son nouvel environnement va lui révéler ce talent. Sans le savoir, juste en évoluant par épicurisme, il mettra à profit le contexte dans lequel il vit. Demandez aux locaux, l’admiration pour ce champion attachant crapahutant dans les alpages…

SES SUCCÈS 

Le palmarès de François D’Haene est, avec celui de Kilian Jornet, le plus impressionnant du trail mondial. C’est simple, il ne se loupe quasiment jamais ! En gros, il gagne une fois sur deux. 35 victoires pour 70 ultra-trails de niveau mondial. Je connaissais François D’Haene avant notre rencontre mais j’ai découvert que sa carrière est aussi multidisciplinaire. Il pratique également le ski de rando, le ski de fond, l’aventure, l’escalade et la course. 

L’addition pèse lourd ! Parmi ses 35 plus grandes victoires : trois titres sur l’UTMB et un record de l’épreuve, un record sur le GR20, trois victoires sur Le Grand Raid de La Réunion. Lui aussi pourrait porter deux étoiles sur son maillot Salomon, il est double vainqueur du World Tour. 

CE QUE JE RETIENS !

Ses qualités physiques sont forcément extraordinaires et on ne peut qu’être admiratif. Pour le fan de sport que je suis, c’est un régal de faire une telle rencontre. Mais plus encore, ce sont les qualités humaines du personnage qui m’ont le plus impressionnées. Il n’a rien d’une terreur ou de l’idée que je me faisais d’un ultra champion. Il n’évolue pas dans l’adversité, n’a aucune agressivité. Au contraire, il est léger, ne se préoccupe pas de la concurrence, ou alors avec bienveillance. C’est un épicurien au visage toujours illuminé. Et son seul excès pourrait laisser croire que ce sont les kilomètres… Au point, de me poser la question qu’est-ce que signifie réellement l’épicurisme. Comme un trailer qui évolue sur la crête de la montagne, c’est plus un jeu d’équilibriste ! Comme tu apprécies un verre de vin. Mais juste un verre que tu prends le temps de savourer, François D’Haene déguste la nature, la vie en flirtant avec l’ivresse…

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