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Tragique événement au dernier marathon de Paris

Alors que nous avons nous-même runners, popularisé le marathon, on en oublie que le terminer n’en constitue pas moins encore un exploit…

Par Jean-François Tatard – photos DR

En témoigne le dernier marathon de Paris la semaine dernière. Celui-ci a connu malheureusement un tragique événement. Garde à vous ! Cela reste un exercice hors du commun. Et il n’est pas si rare que des gens y laissent leur vie sous l’intensité de l’effort que génère ce mythe. Mais alors faut-il s’alerter ?

Philippidès mort d’épuisement.

On refait l’histoire ? Le premier à avoir couru un marathon est mort. Parti du champ de bataille pour annoncer la victoire 42 kilomètres plus loin à Athènes, Philippidès est mort d’épuisement après avoir délivrer le message. Et régulièrement, des cas sont encore aujourd’hui médiatisés sur les différents marathons dans le monde.

On a donc plus de chance de mourir dur un marathon?

Je vous rassure immédiatement… Non, on ne meurt pas plus sur marathon ! Finalement le taux de mortalité pendant un marathon est très faible. Pourquoi ? Pour au moins deux raisons :

  • 1 Les coureurs sont de mieux en mieux préparer et ne s’y aventurent que très rarement sans entraînement.
  • 2 Faut admettre que les secours sont souvent très nombreux sur ce genre d’épreuve. Ils interviennent donc très rapidement. On sait à quel point le délai d’intervention est capital dans ce cas…

Plus de risque de mourir chez soi ?

Et oui, paradoxalement on a quand-même plus de risque de décéder d’un arrêt cardiaque chez soi ou en faisant un petit footing tout seul en forêt le dimanche matin que sur un marathon. Néanmoins il est quand-même intéressant d’aller vérifier les autres risques de courir quelque chose d’aussi incroyable qu’un marathon que l’on a fini par banaliser…

Le marathonien subit quelques modifications biologiques.

Courir un marathon n’est pas sans effets sur le métabolisme. Vous l’imaginez bien ? Même si je cherche aussi à rassurer les femmes ou maris de marathoniens et marathoniennes (NDLR : Rire) et que vous pouvez laisser votre moitié aller chercher son dossard sans risque systématique. Les marathoniens subissent quand-même durant l’épreuve quelques réelles modifications biologiques. 

– A lire aussi: L’intérêt de l’analyse de sang 

Mettre son organisme au repos

Vous seriez étonnés de vérifier vos paramètres sanguins après un marathon. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. Les marqueurs de souffrance et d’inflammation du marathonien sont tous dans le rouge les lendemains de marathon. Rien que la couleur des urines en dit long sur ce qu’il se passe à l’intérieur… D’où l’importance de mettre l’organisme au repos plusieurs jours voir plusieurs semaines après votre marathon. 

Le marathon n’est pas une épreuve anodine !

Au-delà des perturbations des paramètres sanguins, il s’agit aussi d’une fatigue transitoire du cœur à la fin de l’épreuve et pas seulement. En effet, la préparation pour un tel effort aussi peut accroître le volume de certaines parties du cœur et par voie de conséquence : provoquer la production de molécules liées à la dégradation du cœur. Néanmoins, rassurez-vous tous ! Toutes ces modifications de l’organisme disparaissaient avec le temps lorsque l’on arrêtait nos efforts. 

Penser à une bonne période de repos entre chaque marathon.

Et oui ne vous inquiétez pas outre mesure ! Avec une bonne période de repos, le cœur retrouve son apparence normale. Et les paramètres biochimiques des valeurs cohérentes. En revanche, pour ceux qui pensent pouvoir enchaîner tous les week-ends… Ce n’est pas la même histoire. Il n’est pas rare d’identifier des fibroses du myocarde. Par définition une réduction de l’élasticité du tissu musculaire du cœur.

En conclusion

Le marathon n’est pas une épreuve anodine ! Il faut arrêter de croire que c’est à la portée de tout le monde et au-delà de l’aspect « reconnaissance » qu’il est important d’accorder à tous ces finishers, il faut reconsidérer tout le travail qu’il a été nécessaire à ces futurs marathoniens en amont pour se présenter sur la ligne de départ avec ce niveau de forme physique exceptionnelle. Et donc : Inutile de s’alerter sur un potentiel risque de mort éventuelle car lorsque vous vous aventurerez sur votre prochain marathon vous serez bien préparé et vous saurez qu’il faudra ensuite bien récupérer…

 

 

 

 

 

Jean-François Tatard

Jean-François Tatard

Jeff TATARD - 38 ans. - consultant sport - athlète multidisciplinaire (running, cyclisme, route, VTT, Run & Bike) Facebook : Jeff Tatard Insta : Jefftatard

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