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Madeira Island Ultra Trail, sur une île classée au patrimoine mondial de l’Unesco

Le MIUT pour ceux qui ne connaissent pas c’est le Madeira Island Ultra Trail. En effet,  imaginez une île au milieu de l’atlantique nord. Une île sur laquelle la montagne entoure parfois la mer bleu claire, une île avec des sentiers, des cascade et près de 1500 km de canaux d’irrigation construits par l’effort conjugué de plusieurs générations d’habitants et enfin une île classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Par Isabelle H, traileuse et membre du Run On Sunday, Angers. Photos: Lonely Plonet.

Propos recueillis et retranscrits par Doc Sandrine N pour Running4all

Île de Madère et le MIUT

Madère est une île d’une beauté unique et pouvoir y courir et admirer les paysages plus spectaculaires les uns que les autres est une chance.

C’est pour ces paysages notamment que j’avais accepté de partir en vacances avec une amie qui mine de rien au moment de valider le voyage me dit : « tu sais, il y a une course sur madère le dernier Week-end ou nous y sommes  ?» Il n’en fallait pas plus pour que je sois inscrite au marathon du MIUT sur cette île Magnifique.

Le MIUT est un challenge captivant qui permet de traverser l’île d’un bout à l’autre en commençant à Porto Moniz, au niveau de la mer, parcourant des passages par les plus hauts sommets de l’île, pour redescendre au niveau de la mer, à Machico. 

Porto Moniz

Machico

Pour le MIUT, tout a commencé en 2008, dans ce qui était à l’époque les premiers événements du trail running. En effet, depuis 2004, il y avait déjà un groupe de membres du Club de Montanha do Funchal qui, chaque année, avait l’habitude d’essayer de traverser l’île en moins de 24 heures.

En 2008 date de la 1ère édition, 141 aventuriers se sont lancés le défi de relier le phare de Ponta do Pargo à la ville de Machico. L’année suivante, le point de départ était Porto Moniz, avec 82 participants. En 2010, l’événement n’a pas eu lieu.

Phare de Ponta do Pargo

Les éditions à la loupe.

En 2011, en raison des incendies de forêt qui avaient dévasté la région en Août de l’année précédente, le format du parcours a été conçu de façon circulaire, avec départ et arrivée à Porto Moniz, avec la présence de 128 participants.

L’année 2012, 303 participants sont venus pour la traversée de l’île de nouveau dans le format précédent, départ de Machico et la ligne d’arrivée à Porto Moniz.

A partir de 2013, il a été définitivement décidé d’utiliser le format de l’événement en cours, au départ de Porto Moniz et arrivée à Machico.

L’édition 2013, avec 449 participants, a également marqué l’entrée de l’événement dans le Circuit National de l’Ultra Trail et a également été choisie comme Championnat du Portugal de l’Ultra Trail, décidant ainsi les champions nationaux pouvant participer alors dans le Championnat du Monde de Ultra Trail, statut de l’événement qui viendrait à se réitérer en 2015.

En 2014, l’événement a de nouveau augmenté atteignant les 749 participants. La 7ème édition (2015) a atteint le nombre record de 1329 participants de 36 pays, et a relevé le niveau de l’événement sportif, avec l’intégration au circuit UTWT – Ultra Trail World Tour, avec le statut de “future race ». 

Dans l’édition de 2016, la MIUT atteint un nouveau record de 2041 coureurs de 41 pays et la 9ème édition de MIUT® (2017) a apporté plus de coureurs de l’étranger que jamais et a atteint un nouveau record de 2490 coureurs de 45 pays.

Enfin, la 10ème édition de la MIUT® (2018) a affiché un nombre total de 2487 participants de 55 nationalités.

En 2019, c’est un peu plus de 2600 coureurs qui prendront le départ !

Me voilà donc inscrite 

Après une semaine de repos et farniente sur Madère, finir en beauté avec ce marathon, 1700m D+, 2500mD-, 650 inscrits était un vrai bonheur.

A la vue du dénivelé, je me dis : OK ça monte beaucoup au début et au milieu sinon ce n’est que de la descente! Petite appréhension quand même puisque c’est mon premier Trail sur cette distance et surtout, je n’ai jamais fait un dénivelé pareil. !

Je ne sais pas à quoi m’attendre ! Des mois d’entraînements auxquels je repense et là paf….c’est déjà le jour J.

On se retrouve avant la course avec d’autres français, venus comme moi de la région d’Angers, on se motive et se rassure.

L’ambiance est festive, histoire d’oublier un instant ce qui nous attend. Dès le départ de la course effectivement ça monte, on m’avait pourtant prévenue, mais là, rien à voir avec ce que je connais !!

Ça pique, ça brûle les jambes dès le premier kilomètre. Au total, 2h30 de montée non-stop !!! Heureusement des spectateurs sont là pour nous encourager !! J’ai déjà perdu ma copine de départ et c’est seule que je continue.

L’ambiance entre les coureurs est sympa, on se regarde et on se comprend. Je suis partie doucement pour ne pas me griller dès le départ. J’essaye de ne pas perdre trop de temps au ravitaillement, les bénévoles sont d’une extrême gentillesse.

Puis vient enfin un peu de descente, ouf…. mais mon soulagement est de courte durée :  je n’imaginais même pas dans mes rêves de telles descentes abruptes et techniques sur des chemins étroits et caillouteux, j’avais peur de me blesser…

N’étant pas du tout habituée à ce genre de dénivelé (et oui en Anjou on n’a que les coteaux du Layon pour travailler en cotes !), les cuisses chauffent et j’ai une contracture.

Je m’arrête pour me masser et surtout, tout de même un peu, admirer le paysage !! C’est magnifique !!!

 

Puis arrive la deuxième montée qui devait, soit disant, être plus cool !! Mais en fait, non !!! J’envie alors ceux qui ont des bâtons. J’aurais dû en prendre, c’est sûr ! … quand je pense qu’ils peuvent potentiellement apporter 20% d’aide dans les montées…

Je ne m’arrête toujours que très peu de temps au ravitaillement, non pas parce que je ne veux pas, mais parce que j’ai peur de ne pas repartir ensuite !.

Place maintenant à une descente sur chemins larges, ouf… un peu de répit ! Vient la forêt avec ses chemins étroits et très glissants, mes crampons ne tiennent pas et je chute à plusieurs reprises. Là, le moral en prend un coup et je me dis que je ne suis pas arrivée !!!

Le doute s’installe et j’ai mal au cœur !! Je mange mes barres et m’hydrate, je me motive comme je peux !! Heureusement les ravitaillements sont là pour redonner un peu d’énergie. Je regarde ma montre, plus que 12km.

Compte tenu de la difficulté, je me dis encore deux heures de course !! Ce n’est que de la descente pourtant mais tellement difficile !!! Il faut toujours se concentrer pour ne pas trébucher. Passage sur les flancs de falaise, paysage de rêve, vue sur mer, magnifique !!

Une fin de parcours intense dans un effort ultime

Un simple filin pour se retenir, surtout ne pas avoir le vertige.

Mais les chemins sont très étroits, à peine 80 cm, le vide est là et au final…j’ai le vertige mais je tiens bon et je continue à progresser !

Dernier ravitaillement, vue sur champ et la ville de Machico qui approche.Nous y sommes presque.

C’est interminable !! Toujours dans les hauteurs et d’un seul coup c’est la descente vers l’arrivée. Mais quelle descente, quelle horreur, mes genoux brûlent, ils vont exploser et les cuisses, je n’en parle même pas. Il faut contrôler sa vitesse pour ne pas tomber !! Puis l’arrivée est là, quel bonheur, je me sens pousser des ailes et je cours à toute vitesse vers l’arche d’arrivée, il y a des applaudissements, de la musique, c’est magique !!!

 

Je passe la ligne et là, on me dit que je suis troisième de ma catégorie, je n’en reviens pas !!!

7h12 de course.

Je suis tellement contente !! La médaille n’en est que plus belle !! Quelle expérience, je crois que je n’oublierais jamais !!

 

Par Isabelle H, traileuse et membre du Run On Sunday, Angers.

Propos recueillis et retranscrits par Doc Sandrine N pour Running4all

 

 

 

 

 

 

 

Sandrine Nail Billaud

Sandrine Nail Billaud

Pharmacien - Journaliste - Multi marathonienne et meneuse d'allure. Facebook Sandrine NAIL BILLAUD Insta : nailbillaud_sandrine

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