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Récit de François et Bruno sur l’Ultra Beaujolais Villages 2019

Amis et traileurs depuis longtemps, nous avions Bruno et moi-même programmé cette course depuis longtemps, attiré par ce terrain de jeu cher à François d’Haène et différent quand même de nos coteaux du Layon ou nous réalisons la majeure partie de nos entrainements. En effet c’est le terrain de course de notre groupe ROS : Run on Sunday, un groupe de potes de la région d’Angers qui aiment le trail, la natation, le vélo et quand même aussi la course sur route !

Voici le récit de notre aventure !

Par François C et Bruno F, traileurs, membres du ROS – Photos Denis Laveur

Nous sommes arrivés la veille de la course, en fin de journée, par une petite route sinueuse et vallonnée, découvrant au gré des villages traversés, les pierres dorées, fiertés de la région.

Thomas, notre hôte, est un ancien coureur à pied. Il nous reçoit chaleureusement dans sa bâtisse cernée de vignes.

L’horizon dessine la pente du Beaujolais, suggère le relief accidenté, dresse le tableau d’un vignoble bosselé. Tout au long du dîner, il nous clame son amour de la région et décrit chaque recoin, évoque le parcours et ses difficultés, parle du cep en amateur éclairé.

Nous nous levons à 3.00, la maison est plongée dans le noir et un silence de cathédrale et nous, dans nos pensées.

Deux cents coureurs sont désormais réunis dans la salle communale. A une petite heure du départ, chacun s’affaire, se prépare, s’épie un peu aussi. La fraîcheur extérieure tranche vivement avec la chaleur ressentie à l’intérieur du local. Les cœurs semblent légers, le brouhaha bien présent, l’ambiance est potache, le speaker s’employant scrupuleusement à réciter les consignes, attirant notre attention sur une modification de dernière minute du parcours, annonçant dans l’indifférence générale une paire de kilomètres supplémentaires, la bonne blague….

Après quelques hectomètres de bitume assez roulants dans le village du Pérreon, nous rentrons derechef dans le vif du sujet.

La première montée est sèche: 4kms et 500 D+ pour planter le décor, mettre le cardio en chauffe et les jambes au diapason. Une poignée d’insomniaques ont bravé le froid et le vent pour nous encourager. Le maigre peloton s’étire inexorablement, disloqué par le rythme effréné imprimé par les premiers. Nous arrivons ensemble au premier ravitaillement, km7, un peu en avance sur les prédictions. Bruno est taiseux, moi blagueur.

Le jour se lève sur un tableau de sapins immenses, le chemin est large et la première descente permet de relancer. J’ai le secret espoir de rester le plus longtemps possible au contact de Bruno, m’appliquant à ne pas me mettre dans le rouge quand la route s’élève, montant au train, à travers la forêt et la vigne éparpillée deci delà, inlassablement. Une intersection manquée au km 20 va faire voler en éclats notre duo.

Je file tout droit, réalise mon erreur, fait demi-tour. C’est fini. Trop tard, il a filé. Un petit kilomètre et un peu de dénivelé rajoutés, je rattrape un petit groupe. Il pleut désormais sensiblement, la bise humide commence à cingler. Les descentes deviennent au fur et à mesure plus techniques, le dénivelé proposé corsé par endroit mais j’arrive toutefois au deuxième ravitaillement du km 28 plutôt frais.

L’avance sur la barrière horaire est substantielle et devrait permettre une gestion de course sereine. J’ai des nouvelles de la progression de Bruno par l’intermédiaire du WhatsApp du ROS: il mène bon train, les messages affluent, nos supporters sont au taquet.

C’est maintenant une petite dizaine de kilomètres d’ascension qui s’offre à moi pour rallier le Mont Soubran, posé au km 38 tel un défi, un corps à corps terreux, un raidillon sévère, juge de paix stationné à presque mi course.

Je suis maintenant au pied de la difficulté, commets l’erreur de lever la tête machinalement distinguant quelques coureurs armés de bâtons progressant difficilement. A la louche, j’évalue la pente à 40%. On va prendre un jet de +300m sur une portion ultra réduite au milieu des arbres plantés comme des piquets: ça va piquer, force est de constater. J’attaque la grimpette n’imaginant ne pas y parvenir. Je n’ai jamais gravi une telle côte. C’est sec, brutal. Je m’autorise des pauses régulières et enfin arrivé au sommet j’ai l’impression de voir trente-six chandelles…Je m’allonge quelques minutes et je vois arriver mon poursuivant qui s’enquiert de ma santé.

Le premier gros coup de mou arrive au ravitaillement du km 47 alors que la pluie est repartie de plus belle, battante. Maintenant trempé, j’ai froid aux mains et quelques flashs de la nuit de la SaintéLyon me reviennent en mémoire. Des singles en sous-bois s’infiltrent entre les sentiers forestiers, de petits passages de ruisseaux ponctuent le chemin, tantôt chaotique, tantôt agréable, nous traversons des vignes en dévers toujours, les premiers coureurs du 42kms nous avalant à vive allure, un petit mot sympa d’encouragement glissé, je passe la dernière barrière horaire avec plus d’une heure d’avance….Bruno est arrivé, finisher en 13h40…énorme !

 

Je finirai en 16h40, en solo, la voix du speaker transpercera la nuit, quelques frontales seront aperçues en approche, les gens présents dans la salle se lèveront pour applaudir, Bruno sera là pour m’accueillir, je frissonnerai, clap de fin.

 

 

 

Sandrine Nail Billaud

Sandrine Nail Billaud

Pharmacien - Journaliste - Multi marathonienne et meneuse d'allure. Facebook Sandrine NAIL BILLAUD Insta : nailbillaud_sandrine

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