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Running4all.fr vous dresse le portrait de Mohammed EL Yamani dit Momo.

Imaginez qu’en découvrant le portrait qui va suivre, vous ayez une révélation… Que ces quelques lignes vous réveillent un talent ignoré et que malgré vos années, elles vous donnent tardivement envie de devenir à nouveau un champion.

Cette histoire, c’est celle de Mohammed EL Yamani…

Portrait recueilli par Jean-François Tatard –  Photos Jeff.

En rien sportif, il est régisseur de concert 

Nous sommes en 1994, Momo fête ses 30ans ! Ce régisseur de concerts de musique classique n’a rien d’un sportif et occupe ses week-ends avec des activités qui n’ont rien à voir avec la course à pied et le sport. Il s’émerveille pourtant de tout mais le goût de l’effort ne fait pas (encore) partie de sa culture.

« Les 20kms de Paris réveille chez lui une passion jusqu’alors ignorée ».

C’est justement un portrait découvert au hasard d’une page d’un magazine qui lui donne envie de chausser pour la première fois les baskets. L’article dresse le parcours d’un sexagénaire dont le traditionnel « 20kms de Paris » réveille chez lui une passion jusqu’alors ignorée. « Je veux être un coureur à pied, moi aussi » se répète alors Momo…

Une deuxième vie

Un premier marathon en 2H34’… Stratosphérique.

Il se dit que « notre deuxième vie commence lorsqu’on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». Dans la même année que celle où Momo s’offre sa première paire de baskets, il termine aussi son premier marathon. Et en 2h34’ ! Resitué dans le contexte, c’est tout simplement stratosphérique. 1964 c’est l’année de naissance qui figure sur la carte d’identité de Momo mais 1994 c’est celle qui a donné naissance au champion qu’on connaît aujourd’hui.

La naissance d’une passion

un protocole d’entraînement bien spécifique qui l’amène à être à 100% de son potentiel le jour j.

Plus que la course à pied, c’est le mythique marathon qui attire Momo. Le déroulement et la gestion de l’épreuve mais aussi la mise en place d’un protocole d’entraînement bien spécifique et le plan qui l’amène à être à 100% de son potentiel le jour j. Très vite, Momo pour les intimes, devient un expert et sa capacité à réussir systématiquement son objectif en fait un leader reconnu dans son domaine. 

A ce jour il est meilleur master Français de l’histoire du marathon

Un record en 2h22’24 en 2001 à Berlin à l’âge de 37ans, puis 2h23’06, cinq ans plus tard à Senart à l’âge de 42ans. Ou encore 2h24’42 à plus de 50ans à Chicago et encore 2h26’35, il y a deux ans à Londres. Des titres de champion de France aussi. Momo est le meilleur master Français de l’histoire du marathon. Aucun autre coureur de son âge n’avait fait mieux avant. 

Son secret 

Il court deux fois par jour et tourne entre 150 et 180 kilomètres par semaine

Quand tu interroges Momo sur les raisons de son succès, il ne trouve aucune explication rationnelle. Mais lorsque tu observes ce champion évoluer, tu te rends compte qu’on a quand-même à faire à quelqu’un d’exceptionnel. Le genre de phénomène que tu croises une fois de temps en temps. La nature l’a gâté : Sa foulée est belle et efficace ! C’est un spectacle à le voir tracer dans les allées du bois de Boulogne.

Mais Momo s’entraîne aussi beaucoup. Il court deux fois par jour et tourne entre 150 et 180 kilomètres par semaine. Il s’organise avec son emploi du temps professionnel et jongle avec les « obligations » d’un papa et d’un époux précautionneux et attentif. Mais finalement, de cette abnégation et de ce lourd investissement, on n’en apprend rien de nouveau.

Épanoui,heureux et bienveillant.

Rigueur, discipline, courage, sont les valeurs que partagent tous les champions. Néanmoins, ce qui me frappe chez ce prodige tardif, c’est cet enthousiasme contaminant. Le sourire d’un enfant et une souffrance inexistante. Momo est équilibré et bien entouré. Sa famille, ses amis, sa team et ses fidèles acolytes de la Team Lenglen. Toi aussi, t’as envie d’être son copain.

T’as envie de le prendre pour exemple. Momo est attachant. Il déguste la vie. Cela semble évident. Momo est épanoui et heureux. Il est bienveillant et offre une gratitude rare à son sport. Comme s’il s’agissait de remercier le marathon, comme tu remercies quelqu’un qui t’a donné la chance de connaître une fois dans ta vie le bonheur.

Momo ne compte pas les années, il fait que les années comptent. En fait, je pense que c’est un épicurien.

SA MÉTHODE ?

« nul vent n’est jamais favorable à celui qui ne sait pas vers quel port il navigue »

Malgré cette légèreté apparente, Momo est un perfectionniste. Il ne laisse rien au hasard. Dans l’intensité, il s’entraîne aujourd’hui comme il s’entraînait déjà il y a 20ans. Son état d’esprit n’a jamais changé. Momo reste un compétiteur et derrière cette gentillesse qui fait du bien à celui qui a la chance de partager un bout de son chemin.

Momo est espiègle et se nourrit de cette volonté à figurer parmi les meilleurs sans nuire à ceux qui seront derrière.

Et si « nul vent n’est jamais favorable à celui qui ne sait pas vers quel port il navigue », il y aura toujours deux objectifs majeurs pour jalonner une saison à la El Yamani. Le reste du temps c’est de la préparation avec une intelligente qui l’épargne des blessures. 

« Tous les dictionnaires et les encyclopédies des sentiments ne suffisent pour exprimer ma gratitude à ce sport , merci , merci , merci la course à pied , merci le marathon »

Des regrets ?

Il est évident que si Momo avait découvert son sport plus jeune, les choses aurait été différentes. Aurait-il été meilleur ? Aurait-il gagné les JO ? Mais l’inverse aussi… Aurait-il connu prématurément la lassitude ? Aurait-il connu une telle longévité ? De toute façon, chez Momo il ne s’agira jamais de regretter.

Regretter ce qu’on n’a pas, c’est gâcher ce que l’on a. Momo a une vie pleine, riche intellectuellement et socialement. Vous savez ce qu’il m’a dit un jour ? « Tous les dictionnaires et les encyclopédies des sentiments ne suffisent pour exprimer ma gratitude à ce sport , merci , merci , merci la course à pied , merci le marathon ».

DES SOUVENIRS

Lorsque tu l’interroges sur son meilleur souvenir en course à pied, sans hésitation, la voix émue, il te parle de son arrivée au marathon de Chicago. L’épreuve intervient après 2ans de galère physique pendant lesquelles la course à pied n’était qu’un souvenir. Cette « victoire » a été un tournant dans son approche du marathon. C’est le jour où il a compris que tout peut s’arrêter un jour. Depuis, il vit chaque marathon pleinement comme si c’était le dernier… 

Une anectode 3 étoiles 

Momo découvre qu’il est entrain de gagner dans sa catégorie d’âge le titre tant convoité.

Après plus de 25 ans de pratique de course à pied, Momo en a des anecdotes croustillantes à nous raconter. Mais celle qu’il raconte le plus souvent est celle du Bristol. A ce même marathon de Chicago, un ami vient lui dire avant le départ qu’il y’a une prime de 2500$ pour le vainqueur en lui lançant un défi, « si tu gagnes, tu payes le resto ».

Momo qui est loin d’imaginer la suite accepte le pari et renchérit : « si je gagne, tu veux rire, je te paye le Bristol ». Je vous passe les détails, il reste 200 mètres avant la finish Line et sur le bord de la route, un spectateur un peut plus agité que les autres encourage son pote Momo : « Le Bristol, Le Bristol, Le Bristol ! ». Momo découvre qu’il est entrain de gagner dans sa catégorie d’âge le titre tant convoité.

L’histoire veut que sur les « Rewards 2500 », il n’en restait rapidement plus que 2000…

ET DEMAIN ?

Avec l’essor des nouvelles catégories master, on n’est pas prêt de voir Momo s’arrêter de courir. Dans sa catégorie d’âge, au niveau mondial, Momo fait partie des meilleurs marathonien de l’histoire de sa catégorie. C’est même une référence outre Atlantique. Les américains connaissent mieux Mohamed El Yamani que l’histoire de notre pays. 

Ce que je retiens de Momo

Quelle image garder de Momo ? Maintenant que je le connais encore un peu mieux, Momo est un gentil. Un vrai gentil. Ce qui me conforte aussi dans l’idée qu’il n’y a pas besoin d’être alimenté d’animosité ou animé de méchanceté et de revanche pour réussir dans le sport. Momo partage. Il est positif et regarde devant.

D’ailleurs, quand tu interroges les personnes qui le côtoient, Momo est attentionné, généreux, fidèle, disponible, humble, heureux et contaminant d’enthousiasme et de positivisme. Momo est populaire. C’est l’ami que tu veux avoir. Momo c’est aussi un fabuleux message d’espoir. Il aide les plus jeunes à se projeter dans le futur avec sérénité… Momo c’est l’histoire sans fin !

 

 

 

 

Jean-François Tatard

Jean-François Tatard

Jeff TATARD - 38 ans. - consultant sport - athlète multidisciplinaire (running, cyclisme, route, VTT, Run & Bike) Facebook : Jeff Tatard Insta : Jefftatard

3 commentaires sur “Running4all.fr vous dresse le portrait de Mohammed EL Yamani dit Momo.

  1. « Momo est un gentil. Un vrai gentil. Ce qui me conforte aussi dans l’idée qu’il n’y a pas besoin d’être alimenté d’animosité ou animé de méchanceté et de revanche pour réussir dans le sport. Momo partage. Il est positif et regarde devant.
    D’ailleurs, quand tu interroges les personnes qui le côtoient, Momo est attentionné, généreux, fidèle, disponible, humble, heureux et contaminant d’enthousiasme et de positivisme »

    Tout a fait cela !

  2. Je confirme, que c’est un homme Extra et Ordinaire, dans le vrai sens du terme, il a une vie de sportif de haut niveau tout en restant amateur, mes respects Mohamed , parole d’un vieux confrère de… 1964 qui ne fait pas du tout les mêmes chronos 🙂 et que tu décoiffe te temps en temps sur les voies sur Berge.

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