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Un marathon royal et so british

Royal mais pas seulement parce que toute la famille du Prince et de la Princesse était comme chaque année au bord du parcours comme n’importe quel spectateur encourageant les coureurs. Royal et so british, c’est un peu la définition de ce marathon hors norme d’un point de vue ambiance, capable même de voler la vedette pour l’animation à l’emblématique et mythique Marathon de New York.

En effet, c’est dans un Londres survolté qu’ont pris le départ 43220 participants dans une stand up ovation et un public déchaîné quasiment dès début du parcours et présent réellement tout au long de ces 42,195 km. Ce marathon pour cette 39ème  édition n’a pas failli à sa réputation concernant cette ambiance très particulière ultra bruyante, forçant même à mettre des écouteurs avec un son musical élevé pour essayer de « s’entendre » courir…

Par Sandrine N  Photos Romain – DR

C’est avec la pétillante Elizabeth, directrice de l’agence Sportifs à bord que nous embarquons au départ de la Gare du Nord à Paris pour la direction de Londres. Comme à chaque fois avec cette agence spécialisée en voyage marathon, pas de surprise, programme préparé aux petits oignons, billets de train distribués dès l’arrivée, bus privé pour le transfert vers l’hôtel…

L’hôtel, je devrais dire le palace : le Strand Palace. Et cerise sur le gâteau, ce palace n’est qu’à 600 mètres à pied de l’arrivée devant Buckingham palace, on ne pouvait rêver d’un meilleur emplacement pour passer ces 3 jours.

Passage au Running expo pour le retrait du dossard, tout est fluide et surprise, pas de puce intégrée au dossard, c’est un morceau de carton (attention de la plus haute valeur !) qu’il faudra accrocher à sa chaussure, un peu à l’ancienne quoi, sauf que cette puce étant en carton, elle pourra être conservée par le coureur… ouf sinon bonjour les embouteillages pour la retirer à l’arrivée !!

Dossard en main, salon parcouru rapidement, casquette de l’évènement achetée et retour à l’hôtel pour la soirée et la journée de repos du samedi… Samedi repos ?? oui …. Si on excepte le shopping du samedi matin, venir à Londres sans faire les grandes rues, et les grandes enseignes aurait quand même été dommage, mais sans aucun doute plus bénéfique pour ma carte bancaire, car soyons clair : oui Londres est une ville chère

Pasta party le soir à l’hôtel avec le groupe de « Sportifs à bord », chouette il y a même des pâtes sans gluten pour Sandrine, puis préparation du « race pack ».

Et là : petite surprise… la zone de départ du dossard : je suis attribué dans la zone des 4h15 et Sandrine des 4 heures, mince… Il est vrai que nous devions courir ensemble mais nous avions au final décidé de courir chacun vers son RP (Record Personnel…) rêvé et de se retrouver à l’arrivée.

Bon pas grave, Sandrine viendra avec moi dans le sas 4h15 mais je visualise déjà la foule que je vais avoir à doubler pour courir à mon rythme…

Le lendemain matin, jour de course, départ des bus privés « Sportifs à bord » à 7h tapantes de l’hôtel et arrivée sur la zone de départ de Greenwich, une immensité verte sur laquelle on repère sa couleur de sas par des énormes ballons gonflables en forme de dirigeables dans le ciel.

Puis sur cette étendue immense des tentes blanches, fermées dans lesquelles nous pourrons nous abriter du froid mais surtout du vent qui souffle ce matin. Nous sommes quasiment les premiers à arriver sur zone et donc nous nous installons pour attendre le départ. 

 

Certains finiront même leur nuit, boissons chaudes distribuées à volonté et animations musicales font que le temps passe très vite, sans compter une organisation à l’anglaise pour les toilettes qui fait que toute circulation et attente sont optimisées, tout est rapide …

On entre dans le sas sans même s’y attendre tellement la circulation des coureurs est fluide, Sandrine rentre avec moi dans mon sas, et comme annoncé nous partirons « seulement » 22 minutes après les élites qui sont partis (et notamment pour Mo le chouchou) à 10h00 sous les hurlements et applaudissements des coureurs et du public !

Le stress monte un peu

Dernière photo avec Sandrine par Elizabeth présente au départ avec nous, un dernier encouragement à ma chérie et je pars…enfin je pars. .. Je tente, je double, je passe sur le côté, je monte sur les trottoirs, ah mince il y a les enfants qui tendent la main pour donner de l’énergie aux coureurs et j’essaie d’avancer au rythme prévu soit 4’20 au km pour faire si possible entre 3h05 et 3h15.

Car mon RP espéré en dessous de 3h02 semble compromis déjà depuis un moment, de par la fatigue des courses accumulée avant, des actions de meneurs d’allure et surtout des 2 trails de 22 km à fort dénivelé faits dans les semaines avant ce marathon. Bref j’ai revu in fine mes objectifs en me disant, prends du plaisir, va chercher un temps si tu peux, tu es sur un marathon qui fait partie des majors alors go go !!

Effectivement doubler non-stop c’est fatiguant, avec le slalom, les « excuse me » des fois, les coups de coude d’autres fois…!! Je passe le semi en 1h34, !! C’est pas mal, cela me rebooste, mais pour tous ceux qui connaissent le marathon, ce n’est pas le semi qui est le plus difficile, non non, tout le monde vous le dira, le marathon commence au 30 ou au 32ème (Sandrine dit toujours au 32ème car il n’en reste plus que 10 et elle décompte en hurlant à chaque km passé avant l’arrivée).

Là dans ma tête ce n’est pas le décompte mais plutôt la Bérézina, gros coup de mou, les jambes sont dures, ne veulent pas répondre, je tente de reprendre de l’énergie avec des Jelly babies, petits bonbons mous acidulés (une tuerie…) distribués par des centaines de gens au bord de la course et je cherche un nouveau souffle dans ce public, mais c’est un truc de dingue cette foule, 4… 5 rangées de gens le long des barrières tout du long du parcours, des associations de lutte contre diverses maladies qui font un bruit de fou dès qu’un de leur dossard apparaît sur le dos d’un coureur…

Londres c’est aussi le terrain de jeu pour rentrer le livre Guiness des records en courant un marathon déguisé et là l’imagination de certains est assez délirante: tiens un rhinocéros, tiens Big Ben suivi de près par la Tour Eiffel, tiens une canette de bière géante, tiens un super héros de plus de 3m de haut ou encore cet homme qui courra les 42km195 en chaussures de ski, ou cet autre avec sa planche de surf, ou encore celui-là avec son déguisement sous la forme d’un robinet géant marqué « Save the water » !!

Avancer après le 32ème.

Malgré ces distractions, je n’avance plus, je suis dans le dur, les jambes se traînent, j’avale un gel, un peu d’eau, je repars… Puis vers le 32ème km c’est le nouveau concept du Marathon de Londres qui m’est proposé : la capsule d’eau ! Présentée dans un gobelet carton je tente le coup, on croque dans la capsule en gélatine, une gorgée d’eau à avaler et on recrache la capsule vide, bizarre, pas désagréable mais clairement insuffisant pour s’hydrater correctement.

Et enfin c’est le mile 24 vu la veille en reconnaissance de parcours, il ne reste plus que 3.5km, puis ce sera le petit parc le long du palais et enfin les deux derniers kilomètres vers la Finish Line.

L’arrivée me tend les bras.

Un virage et c’est le Palais de Buckingham, suivi de la place Victoria Memorial, noire de monde, bruyante à souhait et enfin le Mall. Cette large avenue ornée de drapeaux britanniques est magique. Je passe l’arche en 3h22, Amélie Mauresmo, l’ex championne de tennis dans le même temps que moi (la même minute…) est déjà là à l’arrivée. Pas de RP à la clé mais une intense émotion, les larmes montent, je m’allonge sur le sol et je pense à ma fille, à cette souffrance sur ce marathon, à mon papa qui me regarde du ciel et à Sandrine qui va, elle aussi, bientôt en finir avec ce marathon So british !

 

La médaille est belle, elle a le gout de l’effort, de la souffrance mais aussi du plaisir partagé avec tous ces coureurs, ces spectateurs et les amis retrouvés à Londres pour cet événement !

Sandrine est arrivée : 4h22, pour elle aussi son essentiel était ailleurs, dans le partage avec une amie blessée qui alternait marche et course. Le RP sera pour une autre fois ! Une autre fois ? Ben oui car après le retour à l’hôtel en moins de 15 minutes, la douche salvatrice, la première chose que j’ai dite c’est : « Au fait chérie, c’est quand notre prochain marathon ? »

Sandrine Nail Billaud

Sandrine Nail Billaud

Pharmacien - Journaliste - Multi marathonienne et meneuse d'allure. Facebook Sandrine NAIL BILLAUD Insta : nailbillaud_sandrine

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3 commentaires sur “Un marathon royal et so british

  1. Bravo Thomas pour cette course et ce récit précis et bravo à Sandrine. Bref, bravo à tous les participants et merci de votre confiance en Sportifs à Bord ! A bientôt pour d’autres aventures.

  2. Bravo à tous les deux, pour nous Londres restera notre chouchou d’ailleurs Hervé mon chéri l’aura couru 3 fois 😉

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