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L’histoire de Delphine et Tom qui ne pratiquaient pas la course à pieds. Mais ça c’était avant…

Vous connaissez peut-être Tom. A l’époque, il jouait au foot avec ses potes, il touchait un peu à tous les sports. On dit qu’il a toujours été sportif. Pourtant, il ne voyait aucun intérêt à courir « courir pour rien ». Il n’aimait pas courir.

Par Olivier Spagnol Coach consultant professionnel spécialisé en préparation mentale.

Le temps des études est arrivé. Les cours, les révisions, moins de temps disponible pour autre chose, peu d’activité physique. Tom se rend compte qu’il a besoin de bouger. Que faire ? Il n’a pas vraiment de temps, alors, comme beaucoup, il se met à courir.

C’est simple, rapide et pratique. Une paire de running, il part de chez lui, fait une petite boucle. Il se sent plutôt bien après la sortie, l’effort physique lui manquait. Lui qui ne voulait pas entendre parler de footing, c’est la bonne surprise du jour, même s’il a dû marcher sur la fin. Et il se croyait sportif…

Tom prend goût à la sortie hebdomadaire, et allonge sa durée. 50 minutes d’affilée. Trop fier. Il a même décidé d’ajouter une deuxième sortie dans la semaine. Un autre parcours, un autre challenge. Quand il y pense, il se demande pourquoi il n’a pas commencé avant.

Désormais, avec sa nouvelle montre, il enregistre toutes ses sorties et améliore régulièrement ses temps. Il se sent de mieux en mieux, plein d’énergie. Il court 3 fois par semaine.
Les potes lui ont proposé un truc un peu dingue. Une course à pied dans le coin, ils vont tous la courir. Cela lui met un petit coup de pression, il n’a jamais participé à une compétition.

Tom vit un moment extra avec ses potes, ils se tirent la bourre, l’expérience est géniale. Vivement la prochaine. Il se met en quête de conseils, peut-être qu’il s’inscrira au club du coin, ils ont un entraineur, ce qui lui permettra de progresser. Il sent bien qu’il a atteint ses limites en s’entrainant seul.

Les études sont terminées depuis un certain temps. Tom est accro à la course à pied, il fait régulièrement des courses dans le coin, il est « monté » sur semi. Mieux, il va courir son premier marathon. Son plan prévoit 3h30, malgré une vie bien remplie, il se ménage suffisamment de temps pour faire toutes les séances.
Le jour fatidique arrive, son temps est de 3h32. Il s’est déjà inscrit au prochain marathon de Paris.

On pourrait également citer Delphine. Prise par son boulot et sa famille, elle sent qu’elle a besoin de refaire un peu de sport. Elle fait appel à un coach sportif. De fil en aiguille, elle parvient à courir 5km sans s’arrêter.

Elle est très fière d’elle. Maintenant qu’elle court, elle aimerait accompagner ses copines sur un 10km qui a lieu au printemps prochain. Pour elle qui n’est pas sportive, c’est un sacré challenge. Elle se sent très motivée à cette idée et ne rate plus une seule sortie.

 

L’histoire de Delphine et de Tom ne sont pas uniques. Beaucoup ont vécu des choses similaires.
Quelle est la vôtre?
Qu’est-ce qui nous pousse à nous intéresser au matériel, acheter une montre connectée, suivre nos sorties sur Strava pour valider nos progressions et notre classement, à structurer nos entraînements, à se lancer dans l’aventure de la compétition ?  En clair, à nous engager dans la course à pied. 

Il y a un point commun à beaucoup de nos histoires.

Au fur et à mesure que nous avons découvert cette discipline, nous nous tous sommes pris au jeu. Ce jeu est juste le reflet de l’élan naturel qui nous pousse à découvrir et à apprendre.
La course à pied n’a pas de « truc » magique.

Elle est une activité parmi tant d’autre. Comme beaucoup d’activités, elle a quelques atouts qui « intéressent » notre nature humaine.
C’est déjà un moyen simple de découvrir notre physiologie. Elle nous permet de progresser physiquement : en développant notre technique, nos capacités musculaires, cardio-vasculaires, etc….

C’est une porte que l’on peut ouvrir sur ce dont nous sommes capables et un excellent moyen, une fois que nous en avons passé le pas de cette porte, de développer bon nombre de nos capacités.

Très schématiquement, d’après les chercheurs, l’être ou l’organisme humain que nous sommes a besoin d’activités qui vont lui permettre de se développer. Nous aurions été codés ainsi par la vie : en adoptant des comportements qui lui sont favorables, nous faisons perdurer et développons cette vie dans sa forme humaine.


Ainsi, nous recherchons et trouvons naturellement des activités qui nous permettent de nous y engager pleinement. L’engagement est important : lorsque vous vous ennuyez plus ou moins profondément, vous ne participez pas à ce processus naturel. Tout comme lorsque vous êtes trop sous pression.
L’intérêt que nous ressentons est un des témoins et un moteur vers notre croissance et génère notre engagement dans la course à pied.

Cet engagement se produit notamment lorsque nous découvrons, apprenons et progressons dans une discipline ou une activité. C’est un puissant moteur pour persévérer et garantir notre développement, en se fixant des défis (en échouant et en les réalisant).

Si vous analysez votre approche de la course à pied et que cette discipline vous plaît, vous trouverez ce fil conducteur du défi et de la progression. C’est aussi probablement une des raisons pour lesquelles, peu à peu, vous vous êtes tourné(e) vers la compétition.

Le temps a passé, Tom est maintenant un habitué de la course à pied, on lui demande des conseils. Avec un record à 3h15, il a bien évolué. Il est plutôt fier de ce chemin parcouru, mais aujourd’hui, il se sent nostalgique de l’engouement des années passées. La première sortie autour de chez lui est bien loin et il se mettrait bien au trail l’an prochain, histoire de voir de nouvelles choses.

La course à pied (comme la vie de tous les jours, constellée de ces innombrables activités qui nous occupent, plus ou moins volontairement choisies) n’est pas le monde merveilleux du « tout positif ».
Nous ressentons de la fatigue, des échecs, des baisses d’envie, etc… C’est peut-être d’ailleurs cela qui le rend, comme la vie, encore plus merveilleuse. Disons plus intéressante.
La vraie question est comment vous gérez l’ensemble de ces facettes, positives ou négatives, pour continuer dans votre voie « naturelle ».

Le jour où vous ne trouverez plus de défis suffisants, vous changerez d’activité et la course à pied perdra de son attrait. Vous l’avez peut-être déjà vécu.
Ces changements sont nécessaires, ils sont un signe de bonne santé et témoignent de votre évolution et du travail de votre nature.

Pour terminer ce petit tour d’horizon, revenons aux atouts de la course à pied.
Elle possède un joli potentiel de défis possibles et de progression que chacun peut définir à sa guise, dans des environnements naturels ou urbains différents. Elle est également accessible au plus grand nombre sans forcément avoir besoin de l’aide d’un entraineur (nous recommandons le recours à un professionnel).

Enfin, c’est une activité agréable à partager avec des personnes proches, avec lesquelles vous pourrez développer une véritable amitié. La course à pied a une grande valeur d’intérêt.

Si l’on considère son « utilité », elle est un excellent moyen de faire de l’exercice physique, point critique de nos sociétés de plus en plus sédentaires. Pratiquée correctement, elle favorise un comportement de santé.
Désormais, des formes de running se développent en rapport avec le respect de notre

environnement naturel, plaçant le défi à un autre niveau, en renforçant son utilité.
Ainsi, la course à pied a une grande valeur d’utilité.

L’accomplissement personnel est un troisième élément de mesure de l’attrait d’une activité. Vous vous êtes toutes et tous sentis heureux et fiers d’avoir couru et les compétitions sont une voie royale pour ressentir ces émotions. Vos proches vous ont sûrement conforté(e) dans cette fierté, renforçant cette sensation.

Quand on évalue le potentiel boost d’une activité, il est important de les pondérer avec le coût qu’elle représente. En effet, si une activité présente beaucoup d’intérêt, d’utilité et de potentiel d’accomplissement personnel mais présente un coût (financier, efforts, investissement personnel…) très important, il y a moins de chances que vous vous y engagiez.

Prenons l’exemple du triathlon et de sa distance Ironman® (XXL). Les trois critères de valeur cités sont élevés. Toutefois, le coût est très significatif en temps, efforts et investissements financiers, souvent rédhibitoire. Résultat : il y a bien moins de participants à un XXL qu’à un marathon.

A l’inverse, il est plutôt simple de mettre en œuvre la course à pied. Le coût financier peut être tout à fait modique, le temps et les efforts à y consacrer sont accessibles et elle permet de vivre de très belles expériences.

Mis bout à bout, vous avez tous les ingrédients pour faire de la course à pied une discipline qui génère un engagement élevé et donc un plaisir significatif, en fonction des objectifs que vous allez vous fixer.
Si vous êtes de celles et ceux qui courent parce qu’ils aiment courir pour courir, vous n’avez pas besoin d’objectifs, de compétition ou autres stratégies. Il vous suffira de chausser vos running pour vous retrouver dans ce monde magique, courir va de pair avec votre nature. Profitez de ces dispositions, elles ne sont pas si fréquentes.

En revanche, si vous avez besoin de vous fixer des objectifs pour continuer de profiter pleinement de la course à pied, alors vous pourrez maximiser votre progression et votre plaisir en prenant conscience d’un ensemble de mécanismes internes, dont ceux qu’active votre nature.
C’est là qu’intervient l’accompagnement mental. Sans le citer directement, depuis le début de cet article, nous avons évoqué beaucoup d’éléments qui sont du ressort du « mental » (attention à ce mot) ou du domaine psychologique.

On associe souvent le mental à performance. On parle de préparation mentale et des techniques associées, et effectivement, l’amélioration de performances peut en résulter. Pour autant, vous aurez noté qu’il n’a jamais été question de booster ses performances dans cet article. Votre nature s’en fiche un peu. Elle souhaite surtout que vous progressiez par vous-même en vivant de bons moments avec les personnes qui vous sont proches.

Si vous y parvenez, vous relierez plaisir et performances personnelles. Dans le cas contraire, vous perdrez la notion de plaisir, vous ralliant à cet adage « No pain, no gain ». Votre engagement sera moins fort, moins plaisant.

La performance, centre de vos préoccupations, réduira les sentiments positifs – dont l’intérêt – que vous ressentez pendant votre pratique en introduisant une forme de pression, contraire à notre nature profonde.

Après ces quelques lignes, peut-être serez-vous d’accord sur le fait que courir vaut bien qu’on aille chercher tout le potentiel de plaisir que cette activité nous offre. C’est le bénéfice de l’accompagnement mental dans une vision qui dépasse la simple préparation à la performance. Nous venons d’en poser les bases.

 

 

   

Olivier Spagnol

Olivier Spagnol

Coach Consultant professionnel spécialisé en préparation mentale (certification RNCP niveau 1) Formateur agréé démarche qualité ICPF-PSI – Management & ressources humanes Spécialiste motivation : sport (professionnels et amateurs) et entreprise Connaissance et expérience de tous les aspects de la pratique sportive (course à pied & triathlon)

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