Un nouveau test arrive sur Running4all en cette période de confinement.

Le test de la Hoka One One Cavu, 3ème du nom.

Après 560km au compteur, il est temps de dresser un tableau sur cette bête de course.

Par Fabrice BEDIN – Osthépathe DO – Spécialisé dans la pratique des sports d’endurances – Images Fabrice – Hoka  

Gand afficionados de Hoka depuis 4 ans maintenant, et pour vous mettre en appétit, je peux vous dire que cette CAVU 3 représente le meilleur compromis entre chaussures classiques et la marque à la semelle Oversize.

Avant de commencer à détailler ce test, un petit rappel historique concernant Hoka s’impose.

Hoka One One s’est fait connaître par sa semelle Oversize qui arrive à allier deux qualités essentielles. Un drop à mon sens parfait (de 4 à 6mm) et une semelle en forme de rocker, c’est-à-dire en forme de banane, les extrémités avant et arrière en l’air. Tout cela va lui conférer un dynamisme incroyable.

Ces bases étant posées, le choix qu’il vous restera à faire concernera,  la taille et la qualité de l’amorti, et pour cela Hoka sait très bien faire les choses.

Pour commencer ce test, une fois n’est pas coutume par le seul point négatif de ce modèle :  le chaussant. Côté semelle intérieure, il n’y a rien à redire. La Cavu 3 accueillera avec confort votre pied. La Toebox (la largeur de l’avant-pied) est suffisamment large pour accueillir 95% des pieds des coureurs.

Hoka One One sait, depuis le début, soigner la voûte plantaire de nos petits petons.

En revanche, le bas peut blesser au niveau de la languette.  Celle-ci est inexistante, et de fait, on a l’impression de serrer directement le coup de pied. Le serrage des lacets doit se faire avec minutie au risque de venir comprimer les extenseurs de la cheville et d’engendrer sur du long terme ou sur des longues courses, un phénomène de tendinite fort désagréable.

Les caractéristiques techniques de la CAVU 3

Le mesh est très largement perforé et extrêmement élastique ce qui procure une sensation de liberté très agréable. Je vois d’ici poindre certaines interrogations de possesseurs de Hoka qui auraient pu être échaudés par le passé par certains modèles de la marque (je pense aux premières speedgoat et aux dernières challengers), n’ayez crainte. Le mesh de cette CAVU 3 est bien plus résistant et ne s’éventrera pas au bout d’une trentaine de sorties.

Côté poids cette Cavu 3 est une athlète : 201g en 42. Poids plume, qui malgré tout n’empêche pas d’accumuler des kilomètres.

Pour finir sur les caractéristiques techniques de cette Cavu 3, on peut dire qu’elle s’adresse à tous les types de coureurs. Du coureur à la foulée pronatrice (légère à moyenne) en passant par celui à la foulée universelle jusqu’au léger à moyen supinateur, son spectre d’utilisateur est très large.

Cela, grâce à sa semelle intermédiaire qui se comporte comme un siège baquet pour le talon et de fait lui procure une stabilité intéressante. Après 500km, aucune sensation d’affaissement n’est à signaler tant sur l’intérieur que sur l’extérieur de la semelle intérieure de la chaussure.

Dernier point, malgré les 560km effectués tant sur bitume (80%) que sur sentier (20%), l’abrasion de la semelle extérieure est plus que correcte.

Sensation à la course

C’est une bête de course comme je vous l’indiquais en début d’article. Un parfait compromis entre une racer et une Hoka.

L’ancienne tracer (Hoka) était une racer. La Clifton est une excellente chaussure de route taillée pour la performance, ayant repris davantage les qualités de Hoka en termes d’amorti qu’en termes de dynamisme.

La Cavu 3 est l’hybride par excellence entre ces 2 modèles. Un amorti présent mais plutôt ferme, une sensation dynamique propulsante, ces deux éléments lui conférant une sensation de vitesse incroyable.

Ma sortie la plus longue effectuée avec la Cavu 3 a été de 37km à 13,5km/h.

Pas ou très peu de ressenti de courbatures le lendemain comme dans la plupart des Hokas que je porte à l’inverse des « traditionnelles caisses à savons ».

A conseiller ou déconseiller

La marque recommande cette chaussure pour coureur de moins de 75kg.

J’ai depuis longtemps arrêté de prendre ce paramètre en considération en vous expliquant pourquoi.

Plus vous êtes un coureur lourd, comprenez plus de 75kg, plus les marques vont mettre des mousses pour améliorer le confort de l’attaque de votre pied au sol. Pour ne pas rentrer dans les détails et faire très simple, plus votre poids est important, plus le poids de votre chaussure le sera également.

Un non-sens complet lorsque l’on cherche à ressentir une pose de pied. Même vous, coureurs lourds avez droit à des sensations lors de votre pose de pied pendant vos footings. D’ailleurs cette proprioception est un passage pour votre progression que vous soyez coureur sur route ou traileur.

Pour résumer ma philosophie concernant le poids des chaussures et les recommandations des marques, ne vous y fiez pas.

La cavu 3 est conseillée pour coureurs de moins de 75kg. Le coureur de 90kg qui lit cet article, celle-ci peut malgré tout être sienne.

Le seul élément à garder à l’esprit est qu’elle ne durera pas aussi longtemps que pour un coureur de 60kg (quelle satanée gravité terrestre), il faudra y réfléchir à 2 fois pour se lancer sur un 100km sur route avec.

Ces deux éléments mis à part, tout le monde pourra courir en Cavu 3.

Le point notable qui rend cette Cavu 3 originale et intéressante est qu’elle s’adresse aussi bien aux coureurs voulant transitionner d’une chaussure de course traditionnelle, qu’aux coureurs hokaiens (néologisme) souhaitant s’essayer à un peu de vitesse en gardant des qualités hokaiennes.

Hoka d’accord mais pourquoi la Cavu plutôt qu’une autre ??

Quelle Hoka choisir pour une course sur route me direz-vous ? Il suffit de se rendre en magasin ou sur des sites spécialisés pour se rendre compte de l’offre pléthorique que la marque peut proposer.

Je vous propose un classement personnel, en prenant en compte les qualités de vitesse, dynamisme et d’amorti des modèles phares de Hoka.  Les types de foulée étaient indépendants des trois qualités énoncées juste avant, elles ne rentrent donc pas en considération dans mon classement.

Carbon X / Evocarbon Rocket.    <  CAVU       < MACH  <  CLIFTON  <       ARAHI  <  BONDI/ GAVIOTA

Ce guide routier pour futur possesseur de Hoka peut se lire de la manière suivante.

A l’extrémité gauche, se situent les chaussures taillées pour la vitesse : très dynamiques, légères avec un amorti présent mais moindre. A l’extrême opposé, à droite, les chaussures taillées pour les longues échappées, moins dynamiques mais possédant un amorti incroyable.

En conclusion, la CAVU dans sa 3ème édition demeure une routière sportive qui ravira les amateurs de vitesse, aussi bien sur piste (même si ce n’est pas à mon avis son terrain d’expression principal) que sur route.

Elle est un peu passe-partout et sa polyvalence lui confère un panel de gammes d’exercices très important, du 30/30 au fartleck en passant par les séances de seuil long.

Et côté course ? Sur quels terrains envisagez le port de cette Cavu 3 ?

Malgré mes 81 kg, je la porterai aisément du 10km jusqu’au marathon (Clifton ou Arahi pour du 100km), voir même sur certaines courses nature par temps sec  (comprenez trail sans gros dénivelé ou difficultés techniques)

Cette CAVU 3 fait partie des chaussures à avoir dans son dressing de coureurs, tant pour les kilomètres que l’on peut lui demander de faire à l’entraînement que pour la vitesse que l’on doit avoir en course.  En un mot finissant, elle reste un modèle de polyvalence.

Les +  Durabilité – polyvalence – Dynamisme – Stabilité – Chaussure de transition idéale de la routière traditionnelle à Hoka.

Les –  fermeté pour les possesseurs de Hoka qui cherchent un très gros amorti.

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