Portrait: le défi de Jérémy Baillard

Alors qu’on assiste à l’essor du running ces dernières années, on constate que de plus en plus de populations s’y mettent. Les adeptes de la course à pied sont de plus en nombreux, d’anciens sportifs de haut niveau s’y reconvertissent.

Laurent Jalabert, Amélie Mauresmo, Laure Manaudou, Richard Dacoury, Yannick Noah, ils ont connu le graal dans leur discipline de prédilection et aujourd’hui ils courent.

D’anciens champions qui pèsent plus de 120 kilos, qui ont connu le meilleur niveau possible dans des épreuves de force, qui l’hiver ont réussi à se qualifier aux JO en bobsleigh et qui se reconvertissent à la course à pied vous en connaissez beaucoup ?

Un parcours hors du commun

Ce colosse a d’ores et déjà réussi à se construire une vie extraordinaire. Une réussite de rêve pour n’importe quel sportif.

Sélectionné en équipe de France de bobsleigh, Jérémy Baillard c’est ce garçon taillé dans un corps de spartiate qui a défilé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi (Russie) deux têtes au-dessus du reste de sa délégation.

Quand tu pèses presque 100 kilos à 15ans et que tu fais de l’athlétisme, ce n’est généralement pas dans la section « course à pied » que se porte ton choix de discipline.

Avant d’être intégré à l’équipe de France de bob à quatre en 2011, c’est sur les pistes d’athlétisme que Jérémy a connu ses premières émotions.

Vérifiez les tablettes, Jérémy est toujours le recordman de France cadet du lancer du disque. Quand il lançait son engin, celui-ci atterrissait la plupart du temps au-delà des 60 mètres.

Ce physique de gladiateur attire les convoitises de toutes les disciplines où la force est requise. Le Stade Français et le Métro Racing le repèrent et lui proposent un contrat sans vérifier ses capacités à jouer au rugby.

Le staff sait que ce talent hors du commun leur permettra d’obtenir des Victoires. Quand le crossfit arrive en France, on tente de le débaucher également.

Forcément quand tu soulèves 200 kilos au développé-couché. Que tu charges ta barre de squat à 240 kilos.

Que tu frôles les 300 kilos au soulever de terre : ça ne passe pas inaperçu et ça finit par se savoir. Surtout quand tu as des capacités à courir vite qui sont proches de celles des meilleurs sprinters.

Vous l’aurez compris, le moins qu’on puisse dire c’est que Jérémy n’incarne pas le profil du coureur à pied.

Comment on en vient à chausser des baskets pour courir un 10 kilomètres quand on a un gabarit qui ressemble plus à celui d’un super héros de la WWE ?

Comment on prend le risque de s’exposer à être le dernier de la compétition quand on a toujours été au-dessus du panier dans tout ce qu’on a entrepris en sport ? Qu’est-ce qui peut bien motiver cette carcasse d’incroyable Hulk ? 

Quelle mouche a piqué Jérémy de vouloir courir…

Peu importe ta discipline, quand tu aimes le sport, « Tu ne peux pas mourir sans avoir terminé un marathon ». C’est le seul vrai graal d’un athlète accompli selon celui qui a pourtant connu les jeux olympiques.

C’est ainsi qu’un soir d’anniversaire, il prend le pari avec des amis de finir un marathon. Le soir même, il coche la date qu’il gardera secrète. Dès lors, dans la discrétion, il s’accroche à son objectif et il trace le chemin qui lui permettra d’atteindre ce rêve. Brique après brique il construit actuellement son édifice. 

Après quelques semaines d’entraînements, il commence par se tester sur un 5km en compétition.

Le résultat est plus que probant. Il maintient une allure de 15km/h pendant 20 minutes et réussit un chrono de 19’45’’. Il prend dès lors conscience que ce rêve est possible. Jérémy connaît le prix à payer pour atteindre un objectif !

L’investissement ne lui fait pas peur. Il sait s’entraîner dur et faire des sacrifices. Il y a toujours cette histoire mécanique et de gabarit… Comment réussir à courir 3 ou 4 heures de suite sans s’arrêter avec un tel physique ? 

Jérémy se surprend à être heureux de courir

Pour quelqu’un qui détestait les cross en minime, aujourd’hui il prend plaisir en courant. Cette joie et cet accomplissement dans sa nouvelle discipline l’aident à se motiver et à progresser.

Il y retourne volontiers tout en sachant que la progressivité le préservera des blessures. Il doit aussi perdre du poids et du muscle. Alors il modifie son alimentation et sa balance lui donne rapidement les preuves qu’il évolue dans le bon sens.

Aujourd’hui il est descendu sous les 100 kilos. Son dernier semi-marathon en 1h34 lui confirme qu’il suit la bonne programmation. 

Tout est accessible à celui qui s’en donne les moyens : je le savais mais visiblement, Jérémy me fait dire que la course à pied, en particulier le marathon constitue le plus haut niveau d’accomplissement pour un sportif.

Même pour celui qui a connu les jeux olympiques. Prêt à se mettre en danger. À repartir de zéro. De se faire battre. À accepter l’échec. À se faire dépasser.

Pour réussir l’exploit d’être définitivement heureux et accompli : je ne m’en émerveillerai jamais assez. Cette rencontre m’a donné envie de suivre Jérémy jusqu’à la réalisation de son rêve. Je vous propose ainsi de vous donner régulièrement de ses nouvelles jusqu’à ce jour de fête…

Portrait de Patrick Bauer organisateur du MDS

Sur la piste de Patrick Bauer

Running4all.fr a retrouver les traces de Patrick Bauer, non pas en Champagne Ardennes, la région dont il est originaire, ni en Espagne ou il pris villégiature à Barcelone, et encore moins au Maroc, pays ou il organise depuis 1986 cette EPREUVE mythique qu’est le Marathon Des Sables…

….Mais en pleine jungle urbaine, dans un bistrot typiquement Parisien.

Nous y avons dégusté un café aussi serré que son emploi du temps de Ministre du jour!

Rien ne semble arrêter ou stresser cet homme aux yeux bleus rieurs qui vous transporte dans son monde, avant même d’avoir entamé la conversation puisqu’en lui serrant la main on distingue déjà à son poignet le bracelet si caractéristique des marathoniens du désert Marocain.

Nous avons voulu en savoir plus sur l’homme et la 35ème édition de cette épreuve mythique parfois copiée, mais jamais égalée.

Interview live de Patrick Bauer par Marie Caroline Savelieff

MCS : Bonjour Patrick BAUER.

A un mois du 35èmeanniversaire peux-tu nous rappeler la genèse de l’épreuve ?

– 1982 – D’une Maison d’Edition Troyenne au Désert marocain

PB – Un temps photographe à Troyes, puis organisateur de festivals, je pars en Afrique où, durant 2ans, je vends des livres de pédagogie non adaptés aux besoins locaux des instituteurs de brousse.

Une expérience étonnante à l’image des Dieux sont tombés sur la Tête, mais tellement enrichissante dans des villages très reculés où les étrangers se faisaient rares pour ne pas dire inexistants.

-1984 -La traversée du Maroc solo en totale autonomie : la naissance d’un rêve

L’expérience qui a changé ma vie…

Un matin, sans pouvoir vous donner vraiment la genèse de cette idée, je me suis réveillé avec l’idée extravagante de traverser ce désert du Sahara à pieds, le même que j’avais si souvent traversé mais en voiture. Mon frère m’a gentiment dit rendors-toi…

J’avais dans la tête cette quête de me sentir vraiment vivant à travers un effort mêlé de souffrance : naufragé volontaire, sans bouffe, en autonomie, en solo durant 350km.  Une expérience qui a changé ma vie.

– 1986 – Faire partager ce voyage introspectif profond

En rentrant avec mon frère et mon pote Thierry, on a monté ce petit film Super8 dans notre ville avec 200 personnes présentes.

En fin de visionnage, on a perçu dans la salle un bourdonnement tinté de « c’est génial », « nous aussi on aimerait bien le faire ».

Mais remettons-nous dans le contexte : les année 80, ce n’était pas encore la folie du running, des trails et encore moins des objectifs de courses à l’étranger.

(NDLR : Le trail n’est reconnu comme sport qu’en 1990, les World Marathon Majors n’ont été créés qu’en 2006)

L’idée commence à cet instant à germer dans notre esprit : pourquoi ne pas partager cette épreuve ensemble sur des caractéristiques similaires : l’auto-suffisance alimentaire, le désert et la course à pied.

Partager ce voyage intérieur profond, qui remet en cause notre façon de regarder le Monde.

Les gens viennent se foutre à poils

MCS : Les coureurs du MDS nous relatent un Monde à part, plus qu’une course, une  expérience de vie qui les change à jamais. Qu’en penses-tu ?

PB – Je vois le MDS comme une remise en question, une évolution du prisme à travers lequel on regarde le Monde lorsqu’on en sort.

Beaucoup parlent de réponses à des questions qui viennent alors qu’on n’y aurait jamais pensé. On retrouve l’Homme originel avec l’eau, le feu, la solidarité, la bienveillance et PAS de portable.

On est milliardaire, PDG, chômeur, militaire : on s’en tape, on est tous à la même enseigne, solidaires

Depuis 6-7ans, on reçoit des mails qu’on lit comme des courriers via des petits papiers distribués dans les tentes. On privilégie l’authenticité en interdisant le portable sur la course et surtout personne ne s’en n’est plaint.

Alors bien sûr, si tu veux ton réseau, tu peux aller à 200m du bivouac mais sans polluer personne.

Il y a bien le dépassement de soi individuel, la gestion du sommeil, de la course, de l’eau et des calories mais au final, on est une seule et unique caravane qui voyage ensemble.

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MCS : Pour ce 35ème anniversaire, quelques petites surprises au programme ?

PB – Beaucoup de concurrents me posent cette question en s’imaginant que le Jour étape fera 100km ou que la difficulté sera supérieure, mais je ne suis pas dans ce calcul : 250km dans le désert c’est déjà énorme donc oui il y aura quelques petites surprises, mais   pas dans une recherche de kilométrage ou de dénivelé maximum.

MCS : Que réponds-tu aux personnes qui considèrent que le MDS n’est plus qu’un gros business lucratif ?

On fait de son mieux donc on n’a rien à se reprocher car on le fait avec passion, cœur et enthousiasme

PB – Je répondrai qu’avant de se sortir un salaire décent, on a bouffé pendant des années de la vache enragée, on a ramé.

Il ne faut avoir honte de rien et être fier de ce que l’on fait, sans que ce ne soit ni prétentieux ni avec un ego démesuré ou un esprit mercantile. On fait de son mieux donc on n’a rien à se reprocher car on le fait avec passion, cœur et enthousiasme.

Mais oui, il faut des sponsors, des moyens pour travailler et perdurer. On passe pour une course importante mais ce n’est pas pour autant que les sponsors se bousculent au portillon : on n’est pas Roland Garros !

Il ne faut jamais s’endormir sur ses lauriers car d’une année à l’autre la stratégie mondiale d’un sponsor peut passer dans le foot ou autre.

Ces mêmes gens, ne savent pas ou oublient tout l’investissement qu’il y a derrière. On ne peut comparer le MDS à une course X ou Y à 200-300 balles de moins. I

l faut venir au moins une fois sur place pour juger les moyens déployés, que ce soit pour la sécurité ou le bien-être des coureurs.

Côté budget on dépense énormément : derrière les 1200 coureurs, ce sont 600 personnes qui gravitent autour de la course ; Journalistes, médecins, cuisiniers, pilotes et j’en passe.

Sans parler du budget com’ très conséquent : TV, radio, invitation presse pour continuer à pérenniser l’aura de cette si belle aventure.

MCS :Justement qu’est-ce qui pousse les sponsors à vous faire confiance ?

PB – Le Marathon des Sables c’est une philosophie, notre façon de travailler sur le social, l’environnement : ce sont des valeurs qui comptent et dans lesquelles les entreprises se reconnaissent au point qu’il arrive que les sponsors s’engagent sur l’épreuve avec certains de leurs salariés motivés.

C’est le cas, par exemple, de Mutuelle qui bossait avec nous et a passé cette année le pas du sponsoring.

Nous espérons pérenniser cette alliance, mais cela veut dire bien faire notre boulot, tenir nos promesses car on juge sur les actes et pas les belles paroles.

Il faut savoir entretenir le contact, sensibiliser sur certaines causes solidaires, pour qu’une année peut-être ils rejoignent la caravane.

MCS : QUI CONSIDERES-TU ETRE OU AVOIR ETE TON PLUS GROS SOUTIEN ?

Cette année nous fêtons les 25ans de haut patronage du Roi du Maroc et de confiance d’un Royaume

PB – J’ai la chance d’avoir un pays qui m’a fait confiance depuis la première année avec son ministre d’État et successivement sous Mohamed 5, Hassan 2 et Mohamed 6.

Il m’a pris sous son aile paternelle malgré le faible effectif de la première année (NDLR : 23 coureurs sur la première édition 1986) en nous alléguant des camions pour transporter la logistique et le carburant.

Pour remonter l’histoire, la course a atteint de façon prometteuse, 200 coureurs lors de sa 5ème édition, mais la Guerre du Golfe a durement freiné notre essor pour revenir à 109 participants.

Il aura fallu attendre la 10ème édition pour remonter à 200, mais la course au sponsor était usante au point de m’user moi-même et de penser à l’arrêt de l’aventure afin d’éviter d’engranger encore plus de dettes.

Mon sauveur fut son Altesse royale : le Prince héritier Hassan 2, actuel roi, qui décida de parrainer l’épreuve.

Cette année nous fêtons aussi cet anniversaire : les 25ans du Haut Patronage du Roi du Maroc et ainsi toute la confiance d’un Royaume avec ses autorités civiles et militaires qui nous épaulent.

MCS : Avec le recul que tu commences à avoir, qu’est-ce qui à ton avis a permis de perdurer au regard d’autres courses aujourd’hui disparues tel que la Paris-Gao-Dakar ?

PB – Avec Marc Bouet, nous étions effectivement quasi en même temps (NDLR : 1985 pour Paris-Gao-Dakar : course par équipe de 6600km en relais en Afrique créée par Marc Bouet) et nous en avions discuté.

Voici ce que nous en avions tiré :

Les points forts du MDS :

· La durée : 10jours (1 mois le Paris-Gao-Dakar) qui permet aux gens de partir sur le temps de vacances et également d’avoir l’intérêt des médias.

· L’autosuffisance : Les coureurs ont envie de courir non-stop et pas des relais avec alternance de voiture.

· Le partage : donner un sens à la course, à la caravane, transmettre un message : Solidarité et soutien d’une noble cause : dédier sa douleur, ses larmes, sa joie, ses ampoules pour quelque chose qui le mérite. Fédérer les associations, les départements, les entreprises autour d’une noble cause.

· Mixer l’expérience et la jeunesse : Il faut avoir confiance en soi mais il faut aussi douter, se remettre en question. Ce qui était bien hier peut évoluer et se bonifier demain.

· Une organisation sans faille : les moyens mis en place afin de ne mettre personne en danger, que ce soit la logistique, le médical, le suivi des coureurs et tout cela a un coût.

MCS : Côté écologie, le MDS prend t’il des dispositions concrètes ?

Pour les toilettes, on fixe un sac biodégradable en maïs, mais n’oubliez pas de mettre un caillou dedans en cas de coup de vent !

PB – Alors, oui, que ce soit auprès des coureurs qui se doivent d’être responsables qu’au niveau de la logistique interne :

· Lors du briefing des rappels sont faits tous les jours auprès des coureurs.

· Les Bouteilles et Bouchons nominatifs avec pénalités en cas de déchets retrouvés en nature.

· On a une équipe dédiée à l’environnement, au nettoyage des bivouacs qui sont montés et démontés chaque jour pour 1800-2000 personnes. Elles ramassent tous les sacs devant les tentes des coureurs et de l’organisation.

· Nous sommes les seuls, à ma connaissance, à disposer d’un camion qui est un four incinérateur à auto-combustion. Il brûle tous les déchets de la caravane.

Rien n’est enterré. Lorsque l’on repart des bivouacs, c’est aussi clean, voire plus clean car nous ramassons les déchets des bivouacs précédents.

· On a des toilettes pour les coureurs. Un siège avec une vraie lunette de toilettes auquel on fixe un sac à base de maïs biodégradable individuel. N’oubliez pas de mettre le caillou au fond en cas de coup de vent !

Le sac est déposé pour finir soit dans l’incinérateur, soit dans une fosse car ce sont des déchets totalement biodégradables.

· Côté transports aériens et logistique sur place, j’ai financé un premier bilan carbone afin d’estimer le coût. 100% de notre bilan carbone est compensé grâce à l’intervention de Terre d’Aventures ; notre tour-operator.

C’est une agence de voyage éco-responsable qui compense le bilan carbone de tous ses clients via des fondations (NDLR : Station de pompage photovoltaïque, création d’école pour les enfants, dispensaire, tranchées creusées pour donner de l’eau à des écoles, reforestation).

MCS : question sur la nutrition et le textile. J’ai pu constater que le MDS avait de nouveaux partenaires assez novateurs. Quels sont-ils ?

Oui, côté nutrition, un produit ultra novateur nous a rejoint :

NUTRITAPE®.

Il s’agit d’un tout nouveau mode d’alimentation pour le coureur durant l’effort.  Attention, NUTRITAPE® ne remplacera pas notre alimentation à l’effort et au quotidien !

Il complétera, sur des efforts de longue distance, les besoins en vitamines et acides aminés afin de limiter les risques de maux d’estomac et de faciliter la récupération musculaire.

On colle jusqu’à 4 patchs 2h avant le début de l’épreuve sur les cuisses et les bras et sa diffusion perdurera pendant 20h. Il est étanche, mais je ne garantis pas les traces de bronzage !

BODYCROSS ®

Côté textile, la marque de vêtement français BODYCROSS ®, spécialisée en course à pied, nous rejoint. Nous espérons cette association sur le long terme.

Nous avons construit avec Jordan, son fondateur, une gamme de vêtements légers avec un minimum de coutures dédiée au Marathon des Sable.

Merci Patrick d’avoir consacré un peu de votre temps précieux à Running4all et nous vous souhaitons une belle course ainsi qu’à l’ensemble de votre caravane. Une belle édition anniversaire du 3 au 13 Avril 2020.

Portrait de Yoann STUCK

Yoann STUCK : Le touche à tout du running, nous présente son petit dernier :

IAM WOODSTUCK

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Présentation de Yoann STUCK

Running4all a rencontré pour vous Yoann STUCK : Ce champion de 37ans qui a découvert la course à pied sur le tard, mais a gravi les marches à pas de géant, multipliant les podiums:  6000D, Eco trail DE PARIS, DOUBLE VAINQUEUR DE LA WINGS FOR LIFE…

Facilement identifiable, nous devinons sa silhouette de loin. Barbe fournie, casquette vissée sur la tête et vélo pliable avec lequel il ne fait qu”un, par conviction écolo mais également par commodité.

Yoann nous expose la genese de sa pratique, ses objectifs sportifs à venir et  IAM WOODSTUCK, sa marque de Sportwear qu’il souhaite ECORESPONSABLE.

MCS : Bonjour Yoann, pour les lecteurs qui ne connaissent peut-être que tes podiums, peux-tu nous parler de ton arrivée dans le monde de la course à pied ?

YS: Pour faire simple, je fêterai cette année les 10 ans…. De mes premières foulées sur ma terre natale Avignonnaise. A cette époque je cumulais les excès : le combo festif clope et alcool, plus le manque de sommeil lié à mes 2 boulots en journée et en soirée.  Je fais alors 95kg (pour 1m80) et décide d’arrêter la cigarette.

Par peur de prendre du poids et le désir de retrouver un corps qui m’appartienne, en plein mois d’Aout je chausse une paire de sneakers, un short, un vieux t-shirt coton pour mon premier footing. Je ne vous dirai pas que les premières foulées furent faciles… Au bout de 25 minutes en pleine chaleur j’étais épuisé et me récompensais aussitôt par une bière bien fraîche.

Ma 1ère course officielle : Contrat rempli pour ce 10km de Lyon en moins de 45minutes

Toute 1ère fois, toute toute 1ère fois…

J’ai persévéré et croyez-moi avec des colocataires 100% fumeurs, je n’en suis pas peu fier.

 Ma première compétition : un défi envers moi-même où du haut de mes 2-3 sorties par semaine j’avais pour objectif de faire moins de 45 minutes sur 10km. Je franchis la ligne des 10km du Run in Lyon au bout de ma vie en 44’31, mais loin d’être en gestion : une vraie course de cadet.

6- 8 mois après, sous l’impulsion d’amis rencontrés en course, je m’inscris en club avec une licence loisir histoire d’être un peu cadré : le mardi je fractionnais et en parallèle je faisais une séance seul le jeudi et 2 fois le weekend. Je continue quelques compétitions en mode Smooth.

MON PREMIER TRAIL

  Mon premier trail sera un 30km à Pralognan La Vanoise, où je fais un satisfaisant top 10. Grisant et motivant surtout avec 2500m de D+. Ce sera le déclic pour intégrer une séance de plus de fractionné ou côtes par semaine mais toujours en autodidacte. Je continue à grimper en classement sur les courses de quartier.

MA PREMIERE VICTOIRE

3ans après je gagne ma première course. La Val’Lyonnaise, un 26km sur les Monts Lyonnais.

Je passe à 5 séances par semaine. Je m’entraine le matin et travaille l’après-midi dans le magasin de sport Spode running à Lyon qui m’a intégré à sa team. Quel pied : je cours, je travaille, je mange, je dors course à pied….

Ma première reconnaissance

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En 2014, Je réalise un podium inespéré sur le trail des Cabornis. Devant des figures du trail running tels que Ludo Pommeret ou Emmanuel David. Cette victoire sur le 40km me vaudra des retours médias car l’événement était couvert par Le Progrès et Sport Plus.

New-Balance m’ouvre alors les portes du sponsoring.

Je prends un coach, Eric Lacroix, en vue de structurer mes entrainements. Une figure dans le Monde du running : Champion de France espoir en 1986 du 25km, 2h18 au marathon, recordman encore actuel du trail Les Gendarmes et les Voleurs de Temps.

En 2016-2017, j’évolue avec Adidas où, néo-papa, je me sens pousser des ailes. Je fais un podium sur l’Eco-Trail, la 6000D et remporte une épreuve du TTN.

Je signe également sur route un joli 32’37 sur 10km et 1h06’41 aux 20km de Paris.

MCS : Avant le running, tu n’avais donc jamais pratiqué aucun sport ?

YS: Je suis d’un petit village donc forcément on était toujours en plein air entre campagne et garrigue. Jeune, j’étais actif, mais pas du tout sportif, voire même un peu, beaucoup, en surpoids.

J’ai fait un peu de musculation, les 95kg ce n’était pas principalement du muscle !

MCS : Aujourd’hui, croises-tu tes entraînements avec d’autres activités sportives ?

YS: J’adore le vélo de route en complément, j’ai même un bon vtt électrique.

Pour la petite histoire, j’ai acheté mon vélo au pieds du Ventoux et le vendeur m’a bien précisé : « Tu sais le Ventoux ça se prépare ». … 10jours après, la fleur au fusil, je le grimpais !

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MCS : As-tu des petits rituels alimentaires avant / pendant / après l’effort ?

YS : PRE- COMPETTITIF à J-10

·Je réduis considérablement le gluten pour le stopper complétement afin d’avoir une aisance intestinale et limiter les risques inflammatoires.

·Je n’élimine pas le gluten au quotidien mais le limite souvent le matin avec un bon pain au levain et petit épeautre.

·Je ne bois plus d’alcool… D’un côté, vu que ma prochaine compétition sera en Arabie Saoudite, je ne serai pas tenté !

·Je fais un protocole de type Régime Dissocié Scandinave en limitant fortement les glucides pour les réintégrer quelques jours précédant la compétition.

REPAS PRE COMPETITION :

·Petit déjeuner lorsque c’est possible : Bol de riz avec 2 œufs, sans fibres et une bonne hydratation.

·Une boisson de l’effort fortement diluée : je verse un gel Meltonic dans un bidon de 500ml.

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COMPETITION

Pour exemple sur une compétition type Saintelyon :

·Au départ : je pars avec 1 boisson de l’effort Meltonic (citron ou menthe) normo dosée. je l’apprécie car elle n’a pas un goût ultra sucré et n’écœure pas même sur le long terme.

·Durant la course, je dilue, quand j’ai le temps, un de leurs gels dans la gourde. C’est bien pratique.

·A 2h : une barre solide ou un gel.

·J’ai toujours un gel de côté pour la fin de course : le miel salé.

Je précise, je suis sponsorisé Meltonic car j’apprécie leurs produits et n’utilise quasiment qu’eux en course. Pas de fait maison, juste des aliments de l’effort de bonne qualité. Plus simple en terme d’organisation et cela me réussit.

MCS : Au quotidien, nous avons bien compris que tu prônais un esprit sain dans un corps sain, tu es donc devenu ASCETE ?

YS: Non, loin de là ! Il est certain que je partais de loin :

– Je fumais plus d’un paquet par jour : 30 cigarettes voir plus en soirée. Aujourd’hui je n’y touche plus et pèse 70kg, j’ai donc bien compensé l’arrêt de la cigarette !

– De très gros buveur le weekend et en semaine au point de ne plus pouvoir retrouver ma voiture en fin de soirée, je suis passé à buveur occasionnel.

Encore en 2019, je buvais 75cl de bière tous les soirs, de la belge…

Actuellement, je me suis limité à une bonne bière en début d’année et pour mon anniversaire, histoire d’arrêter les frais.

J’avais un corps ultra acide et en régulant mes apports, je le vois direct sur la récupération et le teint.

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Je ne renie pas cette période. Bien au contraire, elle me sert aujourd’hui de leitmotiv : N’oublie jamais d’où tu viens

Je ne diabolise aucun aliment et ne m’interdis rien mais je recherche la qualité.

Au restaurant, si j’opte pour une salade complète, je demanderai juste un filet d’huile d’olive plutôt qu’une sauce vinaigrette d’origine inconnue.  Le gras c’est bon, mais encore faut-il bien le choisir.

MCS : Comment se structure une semaine d’entraînements type ?

YS: Je borne beaucoup car j’en ai besoin : 150 kilomètres pour 2000 à 3000m de D+ par semaine.

Je monte entre 6000 et 9000m D+ en été.

Mon terrain de jeu est principalement souple et vallonné mais mon entraineur est énormément sur des bases athlétiques. Pour le coach, un traileur se doit d’être un vrai coureur. J’effectue donc mes séances spécifiques sur piste.

MCS : Pour cette année 2020, tes objectifs sont doubles: sportifs et professionnels. Peux-tu nous en dévoiler un peu plus?

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CÔTE SPORT

YS: J’affiche clairement des ambitions pour cette année 2020. Cela fait quelques mois que j’ai repris les entraînements avec Eric Lacroix et je commence à retrouver de bonnes sensations. J’ai d’ailleurs couru en Novembre dernier un 10km à Vénissieux en 32’14’’ sans préparation spécifique 10 bornes. Futur objectif moins de 32’.

Je débuterai ma saison 2020 sur trail et la clôturerai sur route en espérant partir sur les bases de 2h30 lors du marathon de New-York puisque le seul jamais réalisé, (Marathon de la Côte Chalonnaise gagné en 2h33’40) avait 600m de D+ et alternait route et chemins cendrés.

Mon prévisionnel s’étale même à long terme puisqu’après une coupure fin 2020, je compte retrouver les fondamentaux en effectuant une saison complète de cross. Je n’ai qu’une courte expérience dans ce domaine puisque que j’avais fait 3 tours il y a quelques années, et qui plus est, sur Cross court !

PREVISIONNEL DE COMPETITIONS 2020-2021

· 8 Février 2020 Eco trail d’Alula (Arabie Saoudite)  83km

· 14 Mars 2020 Ecotrail de Paris 80km

· 5-10 Avril 2020 Marathon des Sables 250km en 7 Jours

· 3 Mai 2020 Wings for life

· 26 Juin 2020 Lavaredo  (Italie) 120km

· 29 Aout 2020 CCC 101km

· 11 Octobre 2020 20km de Paris

· 1er Novembre 2020 Marathon de New -York

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· Saison de Cross Country 2021

COTE PROFESSIONNEL

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Je développe ma marque I AM WOODSTUCK. C’est un grand défi qui a vu le jour avec ma communauté pour le fun. J’avais créé une casquette un peu comme un signe de reconnaissance sur les courses. De ce tâtonnement sont nés des t-shirts et de ce pécule j’ai réinvesti pour cette collection plus engagée qui se veut éco-responsable. Cette aventure demande un investissement financier et humain auquel ma petite famille se joint avec plaisir.

– Ma fille de 5 ans s’éclate avec sa petite caisse enregistreuse sur les stands où je présente ma gamme.

– Ma femme m’aide pour tout le côté administratif.

Au quotidien nous gérons le E-Shop. On maîtrise donc tous les stades de la conception, à l’envoi postal. La collection commence à être distribuée en magasin en région lyonnaise, et sous peu au Vieux Campeur à Paris notamment les Chaussettes NO GLORY NO PAIN.

Pour résumer, on parle de notre passion toute la journée sans avoir l’impression de travailler.

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MCS : Ta collection se divise en 2 gammes Life Style et technique.  Peux -tu nous en dire un peu plus ?

UNE GAMME LIFESTYLE BIO EPUREE

YS: La gamme lifestyle se veut d’être épurée, minimaliste et de qualité.

Pas de gros logo ou slogan mais principalement une petite pastille discrète représentant le logo de ma marque ou un marquage ton sur ton sobre.

Les gros marquages type « No Pain No Glory », « No fat, fit, fun » vont disparaître progressivement ou être uniquement vendus en magasins spécialisés.

Qualité : J’ai opté pour du coton bio pour les t-shirts en manche courte et sweatshirts manches longues. Le but à terme est de fabriquer uniquement du made in France en profitant des métiers à tisser encore très présents dans ma région que ce soit sur St Etienne ou Roanne.

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UNE GAMME TECHNIQUE COMMUNAUTAIRE

Pour la gamme technique je reste volontairement sur du placardage communautaire I AM WOOD STUCK car la marque est née grâce à ma communauté qui se reconnait dans ma pratique. Je veux montrer que mon parcours, considéré comme atypique pour certains, correspond à beaucoup ou les inspirera dans leur quête de santé et bien-être par l’intermédiaire d’un sport hyper accessible tel que la course à pieds.

Je fais de la compétition mais ce n’est que du sport et c’est cet état d’esprit que je souhaite transmettre dans ces tissus techniques aux logos NO FAT FIT FUN / ROCK AND RUN ou bien encore MATE UN PEU MES MOLLETS !

Les t-shirts et débardeurs techniques sont tissés en fibres de hêtre à côté de Roanne.  Je mise sur le responsable et une traçabilité maximum : tissu autrichien, teinture italienne naturelle dans un unique bain de trempage qui limite le gaspillage de l’eau. La fabrication qui s’effectue en France, à base de fibres creuses régulantes et antibactériennes.

UN T-SHIRT TECHNIQUE EN FIBRES DE HETRE

Ce type de t-shirt sera idéal pour des courses en étape avec package minimaliste tel que le tour du Mont Blanc ou le GR20 car il séchera super bien et ne conservera pas les odeurs. Tu arrives au refuge, tu mets ton change du soir et le lendemain les odeurs ne seront pas incommodantes.

D’un point de vue lifestyle ces t-shirts correspondront aux besoins de l’homme actif qui se déplace au quotidien à vélo sans vouloir avoir une allure de coureur. Un sport chic respirant.

MCS: Merci encore de nous avoir offert un peu de ton temps, je te souhaite au nom de l’ensemble de l’Equipe de Running4all une belle saison sportive, et professionnelle.

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