Les dispositifs liés au Coronavirus bouleversent les plans de tous les coureurs à pied

Les épreuves sur lesquelles nous nous sommes engagés, sont désormais toutes annulées ou reportées. Quand la nouvelle est tombée la veille du semi-marathon de Paris la semaine dernière, pour les 40.000 participants ça a forcément été difficile à digérer.

Depuis cette semaine, ce sont même des organisations d’épreuves à plus long terme qui sont en danger.  Quel impact pour les runners ?  Quoi faire ? Comment s’adapter ? Comment rester motivé ?

Faire le deuil et s’adapter

Personne n’est mort (Quoi que…) ! De façon un peu égoïste, c’est quand même notre objectif qui est mort et ce n’est pas rien. C’est lui notre guide. C’est lui qui nous motive. C’est lui qui nous donne le chemin. Sans lui, même si c’est provisoire, c’est une vie un peu plus triste qui nous attend ces prochaines semaines. 

“Faire le deuil” est un des processus d’adaptation psychologique le plus difficile pour un individu. Ça commence toujours par un choc ! Quelque soit la perte, c’est la sidération. Cette étape est normale ! D’ailleurs, rien n’est engagé tant qu’on n’a pas perçu cette perte…

Après une succession d’émotions, la colère nous envahit

Assez immédiatement, on nie ! On est dans la négation. On s’y accroche ! On ne veut pas croire que ce virus ait pu tuer notre objectif ! Ce déni, c’est une étape, elle est d’autant plus fortement ressentie que l’attachement est rompu de façon soudaine et inattendue.

« Ce n’est pas possible, pas maintenant, non c’est impossible, ils laissent bien le foot continuer..». 

Oui, on se met en colère ! En fonction de chacun cela se manifeste plus ou moins fortement suivant les personnalités. Mathieu dira « ils n’ont pas le droit de faire ça… ». Timothée lui dira « le métro on ne le ferme pas ? ». Cette colère est logique.

Il faut la comprendre. Les  coureurs s’entraînent depuis trois mois en ne pensant qu’à cette course. « Comment va-t-on faire demain sans cet objectif ? ». C’est la déprime ! Ici apparaissent les problèmes les plus concrets:

les sous investis, la logistique, l’organisation, etc. On prend conscience de tout ce qui a été fait pour arriver jusqu’à là, c’est souvent là qu’on ne dit plus grand chose. 

Parfois même les larmes sortent comme une libération

Allez secouons-nous ! On ne va pas se morfondre jusqu’à la fin du corona. Trouvons de l’espoir et de la joie ailleurs ! Commençons par accepter ! « C’est dur mais c’est ainsi, et on va continuer le mieux possible ».

Renonçons à l’illusion de la toute-puissance ! « De toutes façons, ils n’avaient pas le choix… »,
« A leur place, j’aurais peut-être fait la même chose… ». Trouvons un sens nouveau ! Il y a forcément un cadeau caché à aller chercher !

Nous allons trouver un nouveau projet ! Nous sommes capables d’y adhérer et même d’en être moteur.

Ne cherchez pas à nier ces sentiments. Exprimez-les, vivez-les. Vous venez de passer des semaines à vous entraîner sérieusement, c’est normal de se sentir ainsi… On va procéder par étapes !

  1. On trouve un autre objectif et la bonne nouvelle c’est que nous avons encore plus de temps pour s’y préparer. Il y a forcément des axes d’améliorations qu’on a identifiés dans la préparation de ces dernières semaines. C’est génial on va pouvoir travailler dessus.
  2. Coupez si besoin c’est peut-être le meilleur moment de faire votre coupure annuelle mais pas trop longtemps non plus. 10 à 15 jours pas plus ! Rien n’est perdu de toute façon. Il y a un phénomène connu qui s’appelle le phénomène d’accumulation avec l’entraînement. Cela veut dire que ça resservira au moment revenu.
  3. Si vous continuez ou que vous reprenez dans une ou deux semaines, réduisez le volume et revenez aux bases. La VMA et la vitesse comme lorsque vous reprenez l’entraînement après les vacances d’été. Faites des rappels d’allure marathon de temps en temps mais une fois tous les quinze jours c’est suffisant.
  4. La plupart des runners ne font que courir. Pourtant en parallèle, les bienfaits du renforcement, du travail d’appuis et de la préparation physique générale (la PPG) ne sont plus à démontrer. On ne prend jamais assez de temps pour bien le faire. C’est peut-être le meilleur moment pour s’y remettre !
  5. Cette période imposée est finalement une opportunité pour aller vérifier ce que nous pourrions modifier, intégrer, supprimer et faire encore mieux.

EN CONCLUSION

Cette situation me conforte dans le fait que les runners et les sportifs en général sont des gens surentraînés à l’adaptation. Connaissez-vous le « coping » ? C’est de l’anglais ! « To cope with » qui signifie « faire face à ». En ce sens, cette situation liée au coronavirus est une opportunité rêvée pour vérifier à quel point nous sommes bons !

Nous allons tous mettre en place une stratégie d’adaptation personnelle ou d’ajustement intime et nous allons vite reprendre la maîtrise des conséquences potentielles sur notre bien-être physique et psychique.

Nous allons à nouveau nous servir de ce contexte pour nous prouver à quel point nous sommes capables de dépasser ce que nous croyions possible avec nos ressources…

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