Avec son corps et surtout pour nous runners, avec ses jambes bien sûr et… avec sa tête.

Par Jean-François Tatard – Photos Jeff

En psychologie du sport, on associe souvent le succès du haut niveau à deux facteurs : l’entraînement physique, mais aussi mental. Et c’est ce deuxième facteur qui va nous intéresser aujourd’hui ! La concentration et la capacité à se concentrer. 

La concentration 

Les habilités mentales sont tout le temps sollicitées dans la pratique sportive. Même s’il s’agit pour nous de course à pied, elles interagissent avec ce qu’il se passe au niveau physique. Par exemple lorsque le coureur ressent de la fatigue, il va perdre en concentration et prendre de mauvaises décisions car trop d’informations arrivent à lui.

Ce qui peut donner lieu à de la frustration s’il commet des fautes. Se laisser embarquer par l’euphorie et partir trop vite au risque de le payer plus tard par exemple. Ou l’inverse : se laisser endormir jusqu’à se rendre compte que notre retard est irrécupérable. C’est ainsi durant l’entraînement que nous devons travailler sur ces différents points pour que, lorsqu’il s’agira du jour de l’objectif nous puissions savoir exactement comment agir. 

Facteur de concentration 

Quand un sportif passe à côté de sa compétition malgré le fait qu’il ait tout fait pour arriver à 100% le jour j, son échec s’associe souvent à un manque de confiance. En d’autres termes, son échec est très souvent lié au facteur émotionnel.

Lorsque l’on parle de facteur émotionnel, il s’agit bien là du facteur majeur de la déconcentration. Ce facteur parasite notre aptitude à passer d’un état à un autre. En pratique, il s’agit de passer du geste imaginé au geste réalisé tout en prenant en compte les impondérables et tout un ensemble d’événements imprévisibles. 

Prévoir l’imprévisible

Une préparation mentale bien menée consiste à se préparer au mieux face à l’imprévu. Si dans cet exercice l’expérience et la répétition peuvent être déterminantes, l’insouciance rend elle aussi bien des services. Entre les deux, le doute peut s’installer durablement si rien n’est fait pour y remédier.

Cet état d’hésitation favorise le repli sur soi au détriment de la réaction. A plusieurs reprises au cours d’une journée, nous éprouvons le besoin d’interrompre l’attention portée à l’entourage immédiat. Cela permet de récupérer émotionnellement ou de préparer une réponse.

L’expression « être dans la lune » traduit parfaitement ce comportement. Pendant ce laps de temps, nous effectuons des actions dans un état de conscience qui ne permet pas d’être lucide. Le cerveau ne sait bien faire qu’une chose à la fois ! Nous agissons de manière mécanique, en omettant l’essentiel :

le temps consacré à la préparation de la réponse est trop important par rapport à l’immédiateté de l’action.

Au moment même où vous lisez ces lignes, certains sont bien centrés sur le sujet alors que d’autres, et c’est bien naturel, font des associations d’idées et sont aspirés par des réflexions personnelles qui n’ont certainement rien en commun avec cet article si ce n’est la prise de distance avec la perception consciente.

 

La sophrologie 

L’utilisation de la sophrologie pendant la préparation d’un objectif permet de travailler sur la « concentration » sans la forcer. Il est très intéressant, du point de vue émotionnel, d’identifier ce qui est susceptible de vous sortir de l’action à mener. Le simple fait d’en prendre conscience permet par la suite de rester dans le rythme de la compétition.

Souplesse d’esprit

Un bon niveau de concentration dépend des dispositions de l’esprit à faire preuve de souplesse dans les échanges entre les informations extérieures et leur interprétation à un niveau plus intime.

La performance se dessine dans ces rapports entre l’explicite et l’implicite, et au centre, se trouvent les émotions. Tout comme le rêve, qui pour certains psychanalystes est un élément de mesure de la plasticité cérébrale, la sophrologie peut aider à réguler les échanges (stimulations/interprétations) lorsqu’un athlète estime qu’elle peut lui permettre de s’améliorer.

Le seuil de stress

Les émotions contenues ou la colère, qui nous sortent de notre concentration, font suite à des périodes parfois courtes mais intenses de « stress dépassé ». La sophrologie est bien plus que la simple manifestation d’une grande relaxation.

La sophrologie donne la possibilité d’utiliser la tension. Cette dernière, en intégrant notre corps dans un apaisement progressif, nous fait basculer dans un état de conscience favorable à l’analyse de notre propre comportement.

Dans ce contexte, l’imagination se substitue à l’expression des sentiments. On se forge une nouvelle représentation de notre problématique qui va nous aider à dépasser des réflexes limitants. C’est en prenant pour pilier la réalité, comme dans un rêve éveillé, qu’on est à même de distinguer et différencier ce qui nous gêne.

Le fait qu’on puisse ensuite expliquer ce qu’on a vécu pendant la séance facilite l’acquisition de notre nouveau comportement. Une façon d’agir originale et individuelle qui en situation de compétition nous permettra d’être réactif. On sera à même de prendre conscience instinctivement du moment où on est susceptible de décrocher de l’action.

Pour conclure

Développer une bonne concentration éveille les capteurs cérébraux et aiguise les sens. Elle permet d’obtenir de grands bénéfices non seulement au moment de faire du sport, mais aussi dans d’autres aspects de la vie quotidienne.

Lorsque vous courez, la plupart du temps vous vous évadez ! Vous avez l’esprit qui vagabonde. Mais si vous voulez préformer, vous allez avoir besoin d’avoir un certain contrôle mental. Il est donc essentiel d’éviter toute forme de distraction susceptible d’entraver le succès escompté.

Atteindre une bonne concentration dans le sport peut être compliqué au début. Surtout en course à pied. Cependant, le fait d’y parvenir a un impact excessivement positif et ainsi perfectionner votre concentration impliquera davantage votre esprit et votre corps en relation avec le résultat que vous souhaitez atteindre.

Soyez clair ! En d’autres termes, vous risquez davantage d’être distrait si vous ne savez pas clairement ce que vous devez faire et comment vous devez le faire. De cette façon, avant de le faire, assurez-vous de ne pas avoir de doutes sur ce que vous devez faire. Aussi, concentrez-vous sur votre objectif, pas sur celui des autres…

Runing4all

GRATUIT
VOIR