Le week-end dernier mon année de course s’est bouclée sur un défi complètement fou, un contact m’a fait bénéficier d’un dossard pour la SaintéLyon.



Ayant déjà couru 2 fois l’habituelle grande course, je me suis dit pourquoi ne pas tenter la nouvelle formule lancée cette année l’aller-retour la Lyon SaintéLyon. 152 km 4300D+à parcourir, je n’en ai quasiment pas parlé avant le départ car je ne voulais pas m’ajouter de pression supplémentaire face à la difficulté du défi que je m’étais fixé.
J’admets que j’étais partagé entre excitation et crainte car la possibilité de ne pas finir était pour moi très grande. Je me lançais dans le grand bain de l’ultra en ayant parcouru 81 km Max avant cela. J’avais donc en tête un plan B, courir le plus de km possible et au moins dépasser 100 km, distance symbolique.
J’ai récupéré le dossard le vendredi avec un ami, aussi engagé sur la course mais lui est un ultra traileur aguerri. Samedi matin le départ est lancé à 9h30 pour 350 participants ! Il fait jour et plutôt bon nous démarrons Tony Garnier et moi en franchissant l’arche et remontons la course dans le sens inverse de d’habitude.

Le principe est simple l’aller doit être bouclé en 13h Maximum avec des barrières horaires intermédiaires. Pour le retour nous partons avec les autres coureurs de la SaintéLyon et des barrières horaires plus larges !!
L’aller est un jeu de gestion d’allure il faut avancer suffisamment vite pour passer les barrières intermédiaires mais pas trop pour ne pas s’épuiser pour le retour, chose que je n’avais évidemment pas l’habitude de faire.
Le passage au 1er ravito avec les encouragements des bénévoles nous donne le sourire. En avance sur mes temps, tout va bien pour le moment.
2ème ravito j’avance bien et les conditions météo sont très bonnes. Les choses ont commencé à se compliquer un peu vers 17h30 quand la nuit s’est mise à tomber. Le brouillard s’est invité, on n’y voyait rien et l’allure a naturellement diminué.

Comme à l’aller on devait se guider avec la montre nous nous sommes trompés 2-3 fois allongeant la distance de presque 2 km. Là Les barrières horaires sont devenues bien plus serrées et j’ai passé la dernière barrière à 7 min près de la disqualification.
En repartant du dernier ravito il me restait 18 km 350D+ à faire en 3h Max pour arriver à St Étienne à 22h30 maximum. J’ai couru avec un autre coureur qui fatiguait un peu et je calculais sans cesse dans ma tête si ça allait passer.
2 km avant St Étienne je réalise que l’on est très juste et qu’il faut absolument accélérer pour arriver dans les temps. Je trottine au mieux et mon acolyte de course me suit d’un peu plus loin. Je me fais biper 2 minutes avant la limite et lui 1 à peine. Ouf !!
Nous nous dirigeons vers le gymnase qui nous est réservé afin de nous changer et manger sauf que plus de repas dispo. J’ai râlé et nous avons fini par obtenir quelques choses à grignoter réservé au camion presse en principe mais pas de repas chaud comme les autres.
La pause d’1h est passée très vite et j’étais même légèrement en retard pour repartir dans la 1ère vague à 23h30. Le speaker fait le compte à rebours et j’étais encore à 200-300 m de l’arche de départ obligé de passer par-dessus une barrière.
Je passe juste derrière le tapis de pointage, let’s go pour le retour tout seul à 200 mètres du peloton de la 1ere vague.

 
Je me suis vite fait dépasser par les coureurs des vagues suivantes qui eux étaient frais comme des gardons je connaissais plusieurs personnes engagées sur le parcours du 76 km.
Au bout d’1h l’ENFER a débuté, la pluie a commencé à s’abattre. Avec le passage des milliers de coureurs, la boue s’est intensifiée très rapidement. Au fur et à mesure que nous avancions des marres de boue nous arrivaient à hauteur des chevilles.
Nous sommes arrivés au 1er ravitaillement, le temps de boire et manger un peu, de s’arrêter nous a complètement frigorifiés !!
Je grelottais, impossible de me réchauffer en trottinant car une montée nous attendait à la sortie du ravito. On avait 14 km 450D+   j’ai eu peur de regretter de m’être engagé sur les chemins et ne pas avoir stoppé avant.
A ce stade j’étais à 95 km, la barrière symbolique de 100 km n’était pas franchie. La boue et le brouillard nous ont vraiment compliqués la tâche.
Je faisais attention à ne pas tomber dans la boue. A 10 km de Sainte Catherine je me pose la question : faut-il continuer ? Mon mental en prend un sérieux coup.

Il me reste 9 km mais à ce stade de fatigue, le ras le bol des conditions très difficiles je rêve de trouver quelqu’un qui me rapatrie, mais personne sous cette pluie et en pleine nuit !!  Je dois donc puiser au fond de moi pour m’accrocher et clairement ça fait travailler le mental.
Je finis par arriver au ravito et j’ai annoncé à un bénévole que pour moi c’était stop. Il m’a indiqué la tente couverte chauffée où attendre le bus des abandons débordé ce soir visiblement.
Je me suis ravitaillé car dans la galère je n’ai même pas osé sortir quoique que soit à manger, je buvais juste un peu par moments.
Dans la tente pourtant chauffée nous avions froid, étions mouillés et fatigués, nous avons tous sorti notre couverture de survie, Cette petite couverture de survie, obligatoire sur toutes les courses mais qui jusqu’ à présent était toujours restée dans le sac.
Quel soulagement lorsqu’au bout de 30-40 minutes la navette est enfin arrivée. Celle-ci nous a déposés à Lyon et je suis rentré chez moi plus tôt que prévu. Juste le temps de manger, de prendre une douche chaude, je me suis écroulé jusqu’ à l’heure du goûter.
Je n’ai eu aucun regret d’avoir stoppé avant la fin car je n’aurais pas pu faire plus. Ma montre avait de toute façon franchi le cap symbolique souhaité avec 108,6 km et 3700D+.
Record de distance battu, je clôture ainsi l’année avec cette course folle, mythique majestueuse et terriblement dévastatrice.
Après avoir couru en 2017 dans le froid glacial avec neige et verglas et en 2018 avec la pluie le vent et la boue, cette édition m’aura définitivement convaincu, finie pour moi la SaintéLyon.
Si je veux goûter à son ambiance si particulière ce sera en tant que bénévole !!
Le bilan de cette course, elle m’aura permis de me tester sur des distances se rapprochant de l’ultratrail et mon rêve de diagonale des fous me semble un projet à mûrir encore un peu, 2021 peut être.
Je pense déjà à 2020 et les nouvelles courses que je vais pouvoir faire. Bravo si vous avez réussi à lire jusqu’au bout mais il fallait un long récit pour retracer cette balade un peu folle.
 

Carte d’itentité de Féthri 

42 ans. Pratique la course à pied et le Trail depuis 2016. 
7 marathons à mon actif : Annecy, Berlin, et NY en 2019.
 2 500 km annuel
 
 
 
 

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