Le régime monodiète

À l’heure de la rentrée et après avoir bien picolé tout l’été, il est une pratique qui semble de plus en plus fréquemment adoptée. Et pas seulement dans le milieu de la course à pied. En effet, avant l’été, on cherche parfois à s’affûter. Après l’été, on cherche le plus souvent à « se détoxifier ». Alors le régime monodiète ? Détox ou Intox ?
Par Jean-François Tatard – Photos : DR
 

Le régime monodiète est une méthode à la mode qui ne date pourtant pas d’aujourd’hui. Cette pratique alimentaire consiste à ne manger qu’un seul aliment durant une certaine période. Pas des semaines non plus. Juste le temps d’une détoxification des organes du corps. Mais finalement la pratique est quand même vachement controversée.

MODE D’EMPLOI

Avec un seul aliment dans la recette, l’avantage c’est qu’on ne va pas y passer des heures pour vous expliquer le mode d’emploi. En gros :

  • Un seul aliment consommé
  • Généralement 3 jours consécutifs,
  • Possible également : 1 jour par semaine ou encore 1 repas par jour
  • Les aliments les plus consommés durant une « monodiète » sont : la pomme, le radis noir ou le raisin
  • Ah oui, /!\ important /!\ , on l’oublie trop souvent ou beaucoup se posent encore la question : l’eau, vous la consommez à volonté.

COMMENT ÇA MARCHE ?

Généralement, l’aliment consommé est un végétal riche en micronutriments et en antioxydants. Cet aliment exclusif, vous le consommez durant trois jours consécutifs. Ainsi, l’aliment choisi pourra alors être consommé à volonté durant ces trois jours. On recommande de choisir de préférence les versions « bio ».

OBJECTIF ?


L’objectif est simple ! C’est d’économiser le travail de digestion et de mettre un peu au repos les organes qui permettent ces fonctions. L’eau, le thé et les tisanes sont également consommés à volonté durant cette période. Et enfin, si nous considérons l’affaiblissement énergétique et d’approvisionnement en calories, mieux vaut limiter les efforts physiques.
 

ET LE POIDS DANS TOUT ÇA ?

Rien à voir, ou presque. Il ne s’agit pas de perdre du poids. D’ailleurs, si c’est l’effet que vous cherchez, perdre du poids en pratiquant une « monodiète », vous risquez bien d’être déçu… J’aime bien comparer la « monodiète » à la vieille Renault Caravelle de papy. Le moteur s’encrasse avec le temps. Le moteur accumule des déchets et des toxines. Cela génère de la fatigue. Une mauvaise mine. Une baisse de l’immunité. Des problèmes de digestion. Etc. Les toxines proviennent de l’organisme lui-même mais aussi de l’extérieur par la pollution, les médicaments, le tabagisme, l’alcool, etc. À un moment donné, il arrive un stade où le corps devient incapable d’éliminer tous ces déchets et c’est ainsi qu’une cure de détoxification serait nécessaire.

MODE D’ACTION

Le foie, les reins et les intestins sont les organes les plus ciblés lors d’une cure « détox » ou d’une « monodiète ». Techniquement, la plupart des aliments assimilés dans cette cure possèdent des nutriments très intéressants pour la santé dont : des fibres, des antioxydants, des vitamines et des minéraux. Il est important de mentionner que le corps humain, et principalement le foie et les reins sont les organes clés dans le traitement des déchets de l’organisme.

LE FOIE & LES REINS

 
Aussi beau que vous soyez, votre corps produit des déchets mais rassurez-vous, ces derniers sont pris en charge par nos organes et sont éliminés naturellement. Ainsi, le foie participe à la formation de l’urée avant son élimination par l’organisme. Et le foie a aussi son copain. D’ailleurs, ils sont jumeaux : les reins ! Les reins sont responsables de filtrer le sang d’un individu afin d’en éliminer les déchets au quotidien. D’ailleurs, je vais peut-être vous apprendre un truc ? Un « truc de ouf » comme dit mon fils. Saviez-vous que les reins filtrent plus de soixante fois par jour votre volume sanguin total ? Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir sur la qualité de notre sang si les reins fonctionnent bien.

LA QUALITÉ DE L’ALIMENT CHOISI

Finalement on se rend compte que l’aliment choisi contient systématiquement une quantité importante d’antioxydants. Je vous rappelle d’ailleurs que les antioxydants ont un rôle à jouer dans la neutralisation des radicaux libres qui endommagent l’organisme. Ces radicaux libres sont considérés comme des déchets produits par l’organisme mais proviendraient également de l’extérieur par la fumée de combustion, les produits chimiques, la poussière, etc. Ces composés aux propriétés antioxydantes sont : la vitamine C, la vitamine E, le sélénium et les caroténoïdes.

LA « TOP LIST »

Systématiquement, je choisis personnellement parmi : le raisin, le radis noir ou la pomme. Mais les autres aliments les plus populaires en « monodiète » sont :

  • Les Cerises
  • La Pêche
  • Le Melon
  • La Carotte
  • L’Asperge
  • Le Céleri

Mais aussi :

  • Le Riz
  • Le Quinoa


 

LA BLACK LIST

Faites simple !

  1. Durant ces 3 jours, tous les aliments autres que celui qui a été choisi au départ sont interdits.
  2. Certains aliments tels que les produits sucrés, les plats industriels ou encore l’alcool sont définitivement prohibés.
  3. Pour les fumeurs, s’il y en a encore parmi les runners, la cigarette est à bannir sur cette période. Peut-être l’occasion d’un essai pour un arrêt définitif d’ailleurs…

LES AVANTAGES

Les points positifs de la « monodiète » sont nombreux :

  • Facile à mettre en place
  • Régime économique
  • Bon apport en fibres alimentaires
  • Aliments généralement de bonne qualité nutritionnelle
  • Méthode ponctuelle et de courte durée

LES INCONVÉNIENTS

Les points négatifs existent aussi néanmoins :

  • Apport en protéines extrêmement faible
  • Difficile à tenir car très monotone
  • Sentiment de faim fréquent
  • Perte d’eau majoritairement
  • Incompatible avec une vie sociale
  • Reprise de poids fréquente

LES RISQUES

Bien que les monodiètes proposent des aliments sains, il est important de noter que durant les jours où on pratique une telle alimentation, les apports en calories sont beaucoup trop faibles pour atteindre les apports recommandés en vitamines et minéraux. Ne vous éternisez donc pas avec ce mode alimentaire. 3 jours Max ! D’autre part, le poids qui vous perdez au mieux est majoritairement de l’eau car le corps se vide de ses réserves de glycogène. Et comme vous n’assimilez pas de protéines pendant cette période vous perdez aussi du muscle. Et malheureusement, les aliments les plus souvent nommés dans les « monodiètes » dont la pomme, le céleri, les raisins ou les pêches font partie de la liste des aliments contenant le plus de pesticides. Enfin, pour finir, pour bien fonctionner notre corps a besoin de (bon) gras, de protéines, de glucides, de fibres, de vitamines et de minéraux. Or, aucun aliment de la nature ne contient tous ces nutriments et c’est pour cette raison qu’il est recommandé de manger de tout.
 

LA MONODIÈTE UNIVERSELLE ?

Je vous arrête tout de suite… Une monodiète de trois jours consécutifs n’est pas franchement recommandable. D’ailleurs quelle que soit votre situation, si vous en parlez à votre « généraliste », je m’étonne d’avance qu’il aille dans le sens de ce régime. Privilégiez peut-être une seule journée. Le lendemain de gueuleton par exemple. Évitez de courir durant la période. Par contre s’il s’agit de « l’option 1 jour », allez-y, tranquillement peut-être mais allez-y 30 à 50 minutes tout doux. Cela va aider l’organisme à fonctionner de manière optimale et à éliminer les toxines.

ET APRÈS ?

De façon à conserver tous les bénéfices de cette « monodiète », il faut, lors du retour à la normale, manger de façon équilibrée en privilégiant une alimentation riche en légumes et fruits et faibles en aliments transformés. De plus, la consommation de protéines animales et de légumineuses est déconseillée pendant environ trois jours après la fin de la monodiète, car plus elles sont difficiles à digérer et favorisent la production d’urée justement.

CONCLUSION

En fait, après avoir beaucoup lu et conjointement expérimenté la « monodiète » dans diverses versions et combinaisons tout au long de ma maigre expérience de vie de sportif, je me rends compte que la pratique est quand-même très drastique. Et d’autre part, je vais peut-être vous décevoir mais en vérité : aucun aliment ne peut, à lui seul, agir sur le foie et l’aider dans ses fonctions. L’important c’est surtout d’avoir une alimentation relativement saine au quotidien. Et à la rigueur, peut-être une fois de temps en temps, lorsque vous avez apprécié un bien bon gueuleton et picolé outre mesure, vous pouvez mettre au repos votre système digestif le lendemain en sélectionnant un seul aliment à consommer pendant ce lendemain de fête. Mais surtout : ne perdez jamais, jamais, le plaisir de vous nourrir et de courir !

Quel intérêt de courir moins de 30 minutes ?

Aujourd’hui, pour ceux qui hésitent encore à se lancer, j’ai décidé d’écrire un article pour contredire une phrase sans fondements qu’on entend trop souvent : « Courir moins de 30 minutes, ça ne sert à rien ! ». Et bien détrompez-vous !
Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Dites-moi la vérité : c’est cette phrase qui vous empêche de chausser les baskets ? D’ailleurs, d’où vient cette rumeur ? Pourquoi vous laissez-vous stopper par ce genre de croyance limitante ?

LE VRAI DU FAUX

Déjà pourquoi aviez-vous décidé de courir avant que cette phrase ne vous arrête ? Dans le but de vous faire du bien ? Dans le but de maigrir ? Dans le but de préparer un défi de fin d’année avec les collègues ? Pourquoi ? Pourquoi vous alliez vous lancer ? Elle est là la vraie question…

AUSSI LONGUE SOIT LA COURSE, ELLE COMMENCE TOUJOURS PAR UN PREMIER PAS


Pour vous sentir mieux dans votre corps, pour maigrir ou juste pour reprendre le sport, vous avez décidé de débuter la course à pied ? C’est bien ça ? Et bien c’est un très bon choix ! Et le but n’est surtout pas de vous écœurer dès la première sortie. Il faut commencer en douceur. Un pas après l’autre. On ne met pas la charrue avant les bœufs. On ne court pas 30 minutes d’emblée du jour au lendemain. 

PAR ÉTAPE

On y va par étape. Si vous partez de zéro, votre corps n’étant pas ou plus habitué à la course à pied, n’essayez pas de courir longtemps dès la première séance jusqu’au bout de vos ressources. Vous n’allez pas aller bien loin. Vous devez ainsi habituer votre organisme. Si vous n’êtes pas sportif, il n’est pas raisonnable d’envisager courir plus de 5 minutes d’affilée dès la première séance de jogging ! D’ailleurs je me souviens encore du protocole de reprise de la course à pied de mon ami Christelle DAUNAY après sa blessure en 2015. Pourtant championne d’Europe et recordwoman de France du marathon. Quand elle a repris après sa convalescence, elle aussi a commencé par des footings de 5 minutes en alternant marche et trot. Il lui a fallu un mois avant de stabiliser volontairement une séance de 30 minutes de footing sans s’arrêter.

MAIS ALORS D’OÙ VIENT CETTE RUMEUR ?

Cette rumeur ? Elle est fausse ! Courir moins de 30 minutes est évidemment bénéfique. Toute sortie, marche ou course, occasionne une dépense énergétique. Maigrir, c’est se dépenser plus qu’on ne mange. C’est une question de balance énergétique avec une entrée (ce qu’on mange) et une sortie (ce qu’on dépense). Et donc : Toutes les occasions sont bonnes. Alors d’où vient  cette « rumeur des 30 minutes » ? Disons que c’est plus une question énergétique justement. Ou métabolique comme vous voulez. 30 minutes correspond juste au moment où on change de filière énergétique. Le moment où commence à puiser dans les graisses. C’est donc particulièrement efficace. Mais cela ne veut absolument pas dire que c’est inutile avant.

GARDEZ L’OBJECTIF EN TÊTE ET CONSTRUISEZ VOTRE CHEMIN

Si vous ne parvenez pas à courir plus de 30 minutes, c’est complètement normal. Vous croyez qu’on a tous commencé par un marathon ? Alors n’hésitez pas à commencer par alterner la course avec de la marche. D’ailleurs si c’est l’objectif, la marche est également excellente pour la perte de poids. Vous pouvez donc faire une séance d’exercice d’une heure, en alternant deux fois 1/4 d’heure de course, et 1/4 d’heure de marche rapide. Si vous commencez ou reprenez la course à pied à près une longue période d’inactivité sportive comme Christelle en 2015.

POUR CONCLURE

Et puis en réalité, ne vous souciez pas des « on dit ». Il y aura toujours des gens pour vous freiner dans votre ascension. Le vrai bénéfice et d’ailleurs aussi le seul bon indicateur vous le connaissez ? Le guide c’est le plaisir. Oubliez immédiatement cette rumeur culpabilisante qui ne vous fera jamais avancer. Je vous le redis : « Monsieur le Guide s’appelle plaisir et c’est lui seul qu’il faut suivre » ! Alors ! Allez hop, c’est parti, on part pour 5 minutes de footing tranquille et ça ira pour aujourd’hui 😉

Les différentes façons de nouer des lacets

Avant que je ne commence ce sujet sur le « laçage », vous allez me dire que tout le monde sait comment lacer ses chaussures. Et effectivement, vous avez raison. Mais la question est : est-ce que tous les runners savent comment bien lacer leurs chaussures de running ? Est-ce-que vous savez faire un noeud qui vous correspond et faire de vos souliers une efficacité une fois lacés ?
Par Jean-François Tatard – Photos : DR

LES DIFFÉRENTS LAÇAGES

Sachant que pour une chaussure avec six oeillets il existe des centaines de laçages possibles, on est en droit de se poser les questions suivantes :

  • Quelle est la méthode la plus élégante ?
  • La plus classique ?
  • La plus rapide ?
  • Quel laçage adopter selon le type de foulée ?
  • Selon le type de pied ?
  • Le type d’ongles ?
  • De doigts de pied ?
  • Que faire avec les crochets ?
  • Etc.

Suivez le guide pour tout savoir sur le laçage ! 

MISE EN SITUATION

C’est le matin de la course, vous n’êtes pas bien réveillé et déjà un peu en retard pour prendre le départ mais pourtant vous devez y aller… Vous perdez 5/10 minutes de plus, le temps de les desserrer, de les enfiler et de les resserrer. Vous courez à peine plus de  5 minutes et vous devez refaire le noeud qui s’est – déjà – détaché…

CETTE SITUATION VOUS RAPPELLE QUELQUE CHOSE ?

Oui nous vivons tous la même chose. Nous perdons un temps fou à lacer et re-lacer, encore et encore, nos runnings. Si je vous dis qu’il existe un noeud qui, une fois fait, ne bougera pas tant que vous ne le toucherez pas, ça vous intéresse ? Oui ?J’en étais sur ! Mais avant de faire le noeud intéressons nous d’abord au différentes façons de lacer ses chaussures. Je vous le disais en introduction, pour une chaussure à six oeillets, il existe des centaines de combinaisons.

ET ENCORE…

Et encore : ce ne sont que les combinaisons parfaitement symétriques et pour lesquelles les deux lacets suivent le même chemin. Sans ces deux conditions le nombre de combinaisons possibles monte à l’infini ! C’est mathématique… Laissez moi vous présentez quelques techniques pour bien lacer ses chaussures de running :

SPÉCIAL ONGLE NOIR


 

SPÉCIAL TALON QUI GLISSE


 

SPÉCIAL PIED HAUT


 

SPÉCIAL AVANT PIED ÉTROIT


 

SPÉCIAL PLUS D’ESPACE POUR TOUT LE PIED


 

SPÉCIAL AVANT PIED LARGE


 

LA BONNE LONGUEUR

Avoir des lacets trop grands ou trop courts est vraiment désagréable. Alors avant d’utiliser une des différentes méthodes, il faut être certain d’avoir ou d’acheter des lacets de la bonne longueur.

LONGUEUR EN FONCTION DU NOMBRE D’ŒILLETS

Allez je partage ! Ce sont des chiffres que j’ai récupéré sur une nomenclateur Kalenji…

Nombre d’oeillets Longueur des lacets
3 oeillets 60 cm
4 oeillets 70 cm
5 oeillets 80 cm
6 oeillets 80 cm
7 oeillets 90 cm

(Longueur dans le cas ou l’écart horizontal entre deux oeillets est de 2,5cm)

LACETS TROP PETITS

Vous trouvez que les boucles du noeud de vos lacets sont trop petites (ou trop grandes) ? Là encore vous allez, un peu au pif, ajouter ou retirer quelques centimètres à la taille de vos lacets.
Note 1 : dans le cas de boucles trop grandes ne me parlez pas d’un double noeuds. Cela fait un gros paquet affreux sur vos chaussures et handicapant pour courir.
Note 2 : personnellement je considère qu’il faut 20 cm pour chaque extrémité afin de réaliser une boucle de taille idéale.

PETITE FORMULE MAGIQUE

Avec un peu de chance tout ira bien et vous serez très content du résultat. Mais il y a aussi une formule très simple pour calculer la longueur idéale de vos lacets. La voici :
LONGUEUR EN CM = écart horizontal entre le centre de deux oeillets × nombre d’oeillets + 50 

POUR CONCLURE

Il est assez rare, pour ne pas dire impossible, de trouver une méthode qui soit à la fois rapide, élégante et pratique. Il va falloir faire des choix ! N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas que d’être beau au moment de courir. Mais en plus de ces considérations sachez que la technique de laçage utilisée va avoir une influence sur le confort / maintien de votre pied (notamment des points de pression plus ou moins importants). Alors, avant de vous aventurer sur les sentiers, pensez bien à être bien noué au niveau de vos souliers !

Le relâchement

Champion olympique ou champion de votre rue, vous saviez qu’en course à pied, quel que soit votre niveau, il y a un facteur de réussite qui est le même pour tous ? C’est même la clé pour atteindre votre objectif. Elle permet d’obtenir l’économie de course la plus rentable possible en termes d’énergie. Vous avez envie de savoir, hein ? Alors ? Vous me donnez combien pour que je vous offre sur un plateau ce « mot magique » ? 11 lettres et vous faites péter tous vos records ! Ça commence par un R. Alors ? Et si je vous dis que cet élément s’oppose à la douleur et à la souffrance, vous me croyez ? « Même pas besoin de souffrir pour être encore meilleur », mais c’est quoi l’arnaque ?
Par Jean-François Tatard – Photos : DR

Epaules crispées, visage grimaçant, poings serrés, poitrine contractée… Ça vous fait penser à quoi ? Les signes d’un manque cruel de relâchement ? Gagné ! C’est bête mais, à écouter, à lire et à s’instruire, à récupérer tous ces conseils pléthoriques, comme nous sommes en train de le faire en ce moment d’ailleurs, nous avons tendance à oublier des choses aussi simples comme le relâchement, qui fait partie intégrante de la performance.

LA FOULÉE

Vous vous rappelez du dernier sujet sur la foulée ? La foulée se caractérise par quatre phases : l’appui qui lui-même est composé, 1) de l’amortissement, 2) du soutien et 3) de la poussée, et la suspension pendant laquelle le coureur n’est plus en contact avec le sol. Et vous savez quoi ? C’est pendant cette dernière phase que le coureur a intérêt à être le plus relâché possible.

COMMENT CRÉER DU RELÂCHEMENT


Améliorer l’économie de course implique de réduire le coût énergétique sur les muscles qui finalement n’interviennent pas aussi directement qu’on le croit dans le geste réalisé. Mais alors comment créons-nous les conditions du relâchement ? Ça se travaille ! Ce n’est pas inné. Naturellement par réflexe de défense à ce qui nous fait mal, au premier abord, nous nous crispons. « Se relâcher » c’est ainsi aller à contre sens de ce mal-être. 

CRÉER DE LA CONFIANCE

Lorsque l’on est dans une bonne dynamique d’entraînement et de forme physique, les résultats suivent car on se relâche du simple fait d’être en confiance. Pour atteindre un relâchement optimal, il convient donc de s’installer dans une démarche mentale et physique d’une sérénité absolue.

LA RELAXATION


Quelle que soit l’activité dans laquelle vous évoluez et donc pas seulement en course à pied, le stress se traduit souvent par une tension au niveau de l’attitude. Ainsi, en pratiquant la relaxation, il est possible de fuir la pression. Vous pouvez mettre en place des techniques simples : vous concentrer sur une respiration profonde, vous mettre dans une disposition d’imagerie mentale, travailler par autosuggestion consciente, etc

D’AUTRES ASTUCES

Évidemment il faut bien s’échauffer avant. Il faut aussi soigner son hygiène de vie, son hydratation, sa nutrition, les étirements, etc. Et faire en sorte de bien préparer les muscles à l’effort et de se mettre dans une disposition qui va favoriser le relâchement pendant l’effort. Aussi, ne courez pas blessé. Ça ne peut pas correspondre avec du relâchement. S’entraîner avec une douleur à un endroit créer de la surcompensation. C’est inévitable. Et par voie de conséquence, vous créez des tensions ailleurs pour rééquilibrer.

LA BASE

On me l’a toujours appris depuis l’école d’athlé. Même encore aujourd’hui cette phrase du coach résonne lorsque je ressens la difficulté. « Relâche le haut du corps » ! En effet, relâcher le buste et les épaules  pendant l’effort est souvent l’endroit où tout démarre. Disons qu’il s’agit de la principale localisation des tensions, notamment au niveau des épaules. Pendant que vous courez, laissez tomber vos bras le long de votre corps en les laissant aller librement, comme s’ils ballottaient sur vos flancs. Vous devez sentir vos muscles se relâcher jusque dans vos trapèzes et vos cervicales. Puis reprenez une course normale. Vous pouvez répéter l’exercice plusieurs fois de suite pour bien ressentir le relâchement. Un exercice à pratiquer aussi bien à l’entraînement qu’en compétition.

QUELQUES CONSEILS

Les sensations en course à pied me semblent primordiales. Alors est-ce vraiment la peine de forcer ? de serrer les dents ? de se lancer sur l’avant sans contrôle ? Je vais vous donner quelques pistes qui vous permettront de trouver le relâchement.

  • Le visage peut être le siège de contractions numéro 1. Commencez par là ! Ne serrez pas la mâchoire. Soufflez en gonflant les joues plusieurs fois.
  • Une respiration ample et profonde, avant et pendant l’effort, permet de mobiliser le diaphragme et faciliter le relâchement. Lui aussi il faut le détendre ! Un diaphragme tendu nous offre moins d’oxygène.
  • En troisième lieu : les épaules ! Les épaules sont souvent un autre lieu de tensions musculaires. Détendre les bras en les « secouant » légèrement le long du corps permet de relâcher ces tensions. Pensez-y !
  • Évitez de courir poings fermés et crispés. Les mains doivent être légèrement ouvertes, poignets alignés avec les avant-bras.
  • De temps en temps courez sans indicateurs extérieurs, sentez les choses ! Le corps sait vous dire l’attitude que vous devez avoir pour être 100 % efficace. Votre propre corps est même meilleur que n’importe quel coach de haut niveau ou ordinateur high-tech. Faites lui confiance ! Apprenez à entendre ce qu’il a à vous dire.

« THE ZONE »


En ressentant « cette sensation » de légèreté, cette sensation où tout vous réussit, cette sensation que Michael Jordan appelait « the zone ». Sa zone ! Votre zone ! Peut-être y rentrerez-vous par hasard d’ailleurs, mais une chose est certaine, une fois dedans, vous allez essayer de la maitriser et vite vouloir retrouver les conditions qui vous amènent à cet état de bien-être suprême. Vous voyez cet état où vos pas s’enchainent naturellement sans forcer. Vous devez y arriver. C’est simple : Pour « performer », sentez-le, vous devez être tranquille, serein et juste déguster le plaisir !

Le running est-il amené à disparaître ?

Voilà maintenant plusieurs années qu’on ne cesse de lire partout que le running est à la mode. Mais connaissez-vous le problème avec la mode ? Le problème de la mode c’est que ça se démode. Mais alors, comme un cycle dont on a fait le tour… Existerait-il une fin à cet élan généreux ? Assisterions-nous ainsi à la mort de ce phénomène ? 
Par Jean-François Tatard – Photos : DR

 
Vous souvenez-vous de ces deux heures de sport hebdomadaire au collège où vous vous cachiez derrière le tapis de saut en hauteur pour ne pas que votre professeur vous voit ? Cette activité ingrate que vous preniez plaisir à détester à l’école quand il s’agissait de faire « endurance » est pourtant devenue en quelques années l’une des activités sportives les plus pratiquées. Comment est-on arrivé à un véritable phénomène de société ? Le running est définitivement hype ! Pour s’en rendre compte il suffit d’observer les hordes de runners qui parcourent la ville. Même en vacances dans un village au Portugal ! J’ai vu une communauté de plusieurs dizaines de runners se donner rendez-vous à 21h un soir de semaine comme s’il s’agissait d’un événement exceptionnel. Sauf qu’apparemment c’est comme ça trois fois par semaine depuis déjà plusieurs années… Pourtant ce n’est pas la première fois que je le lis, certains indicateurs nous disent que le Grand Boom est derrière nous !

À BOUT DE SOUFFLE ?


 
Le phénomène running serait-il à bout de souffle ? Chronique d’une mort annoncée ? Après une forte accélération ces vingt dernières années, l’intérêt pour le running s’essoufflerait d’après des stats américaines. Aux USA, moins d’inscrits sur les courses, moins de licenciés, baisse des ventes d’articles de running. Ça reste des stats mais ça donne des indications.

COMMENT EXPLIQUER CETTE DÉSAFFECTION POUR LE RUNNING ?


 
Comme les pattes d’Eph, les Power balance, le 501, les modes changent. Et le running n’échappe pas à cette règle millénaire. C’est surtout chez les plus jeunes qu’on observe le plus fort revirement. La cause à d’autres sports plus à la mode comme le CrossFit. Pourtant jusqu’ici c’était cette même génération qui alimentait la croissance du marché du running, et la féminisation du running ne suffira pas à combler les pertes. En France aussi, le nombre de participants aux compétitions de course à pied baisse. Et le contexte des attentats avec le plan vigipirate qui est toujours d’actualité ne nous aide pas non plus à trouver des occasions de faire grossir la communauté.

L’ESSOR DU BIEN-ÊTRE


Pour autant, ne soyons pas aussi négatifs et creusons une réalité plus profonde. Le changement semble effectivement plus profond et dénote surtout d’une nouvelle manière d’entrevoir le running. Après des années à « manger des kilomètres » ce sont surtout les salles d’attente des kinésithérapeutes, des podologues et des ostéos qui se sont remplies. Effet collatéral des excès dont nous avons été victimes. Ainsi, si le running devient plus occasionnel et moins volumineux au niveau kilométrique, les gens semblent aussi de plus en plus couper court à la course à la surenchère. Il s’agit plus aujourd’hui d’entretenir sa santé que de battre des records. On développe de nouvelles épreuves du type Color Run ou Mud Day qui visent avant tout un public jeune et qui se positionnent d’ailleurs comme une passerelle permettant d’attirer ces nouveaux pratiquants qui rechignent à s’inscrire sur les épreuves plus traditionnelles.
 
ALORS LE RUNNING EST-IL MORT ?
Si le running est mort ? Alors vive la course à pied ! Non la course à pied n’est pas prête de mourrir. Tout est encore une question de dosage et d’équilibre. Les bienfaits sont tellement nombreux. Le tout est surtout de savoir identifier les menaces et les risques pour n’en garder que les opportunités et les bénéfices. 

 

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