La bonne tenue pour courir

Pour courir dans de bonnes conditions, il faut que la tenue adoptée vous permette de bouger et de respirer tout en vous protégeant si nécessaire. Voici nos conseils pour bien vous équiper.


Par Jean-François Tatard – Photos : Brooks/DR
En course à pied, la tenue portée doit permettre de maintenir la température corporelle et de conserver sa peau le plus au sec possible. C’est important aussi pour le confort, et surtout pour éviter de se refroidir lorsque l’intensité diminue, ou au contraire de ne plus être capable d’évacuer la transpiration. Alors comment s’habiller ? Il faut porter des vêtements dits respirants. Surtout pas de coton, mais plutôt du polyester, à la base d’ailleurs de tous les vêtements techniques dédiés au sport.

La technique de l’oignon

Selon les conditions météorologiques, vous pouvez être amené à adopter la technique de l’oignon, ou pour être plus précis à celle qui consiste à porter plusieurs couches l’une sur l’autre. Cela présente un double avantage : d’abord l’air situé entre chaque couche est un parfait isolant supplémentaire, ensuite cela vous permet éventuellement de retirer la couche supérieure si les conditions évoluent.
Première couche : focus sur le confort et la respiration des matières. Tee-shirt, corsaire, cuissard, short, etc., mais jamais de coton, car cette première couche est directement en contact avec la peau. Une fois mouillé par la transpiration, le coton reste mouillé, avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer avec un filet d’air froid en plus.
Deuxième couche : l’objectif est d’éviter de laisser passer le froid et de maintenir une chaleur constante et isolante. Collant, maillot thermique régulant, etc.
Troisième couche : protectrice, elle doit couper du vent ou de la pluie. Elle doit isoler le corps de la température extérieure, être imperméable et toujours être respirante. Coupe-vent, veste, chasuble.
L’entretien de cette garde-robe spécifique doit être soigneux afin de conserver le plus longtemps possible les propriétés respirantes et d’isolation. Mais il n’est pas très compliqué : un lavage à 30° et pas de sèche-linge.

Quel que soit le temps, il faut aussi s’équiper de chaussettes sans coutures, pour limiter les risques d’échauffements ou d’ampoules. Et si le porte monnaie suit : avec renforts et zones anti frottements.

Par temps chaud

Inutile de porter plus d’une couche comme vous pouvez vous en douter. En haut : un tee-shirt manches courtes ou un débardeur. Plutôt large. En bas : short ou cuissard. Un short est peut-être plus aéré et plus léger qu’un cuissard mais pour les grosses cuisses (ou musclées !), un short peut entraîner plus facilement des brûlures par frottement. En bonus : une casquette et des lunettes.

Par temps de pluie

Une fois trempé, il est définitivement impossible de se réchauffer. Alors une à deux couches suffisent s’il ne fait pas trop froid. Insistons sur la couche extérieure, qui ne peut être complètement imperméable. Si c’est le cas, la transpiration ne s’évacue pas et c’est très inconfortable. Les bonnes vestes sont simplement déperlantes, ce qui peut suffire en cas de pluie légère. Mais toujours coupe-vent, ce qui évite de se refroidir inutilement. En haut : un tee-shirt à manches longues et définitivement pas en coton. Du polyester si vous ne voulez pas ressembler à une serpillère en rentrant. Par dessus une veste de pluie légère s’il ne fait pas trop froid, ou une couche thermique intermédiaire en plus entre le tee-shirt et la couche extérieure. En bas : plus il y a de matière, plus vous vous alourdissez une fois mouillé. Privilégiez ainsi le cuissard, ou le collant long. Le survêtement en coton est très inconfortable une fois mouillé. En bonus : Une casquette en polyester.

Par temps froid

Comme vu plus haut, vous empilez les couches. En haut : une première couche respirante. Un tee-shirt technique pour évacuer la transpiration et rester au sec. Une deuxième couche isolante pour conserver la chaleur. Une troisième couche protectrice pour nous protéger du froid. Une veste zippée. En bas : un collant long. Cette fois ce n’est pas en bonus : un bonnet, un bandeau, un cache oreille, un Buff et des gants. Et tout ça en tissu respirant.

Et si l’habit ne fait pas le moine, il permet souvent d’ouvrir les portes du monastère…

Test de la tenue hiver Kalenji

En même temps que l’opportunité de tester à mon tour la Kiprun Fast de Kalenji m’avait été offert il y a quelques jours, dans le même colis se trouvait deux vêtements de la marque. Voyons ce qe cette tenue hiver donne une fois mise à l’épreuve.
Par Jean-François Tatard* – Photos : DR

Le tee-shirt manches longues homme CHAUD ZIPPE KIPRUN WARM REGUL NOIR BLEU KALENJI

Le collant RUNNING HOMME KIPRUN WARM NOIR JAUNE KALENJI

LA MARQUE KALENJI

Depuis l’épisode traumatisant que m’avait fait endurer ma mère lorsque j’étais au collège et alors que tous les copains avec des NIKE aux pieds, et que moi j’étais en chaussures Décathlon, le choses ont bien changé chez le géant lillois. Une marque est née pratiquement dans chaque sport que couvre l’une des plus grandes enseignes d’articles de sport dans le monde. Mais toujours avec la même obsession de départ : « optimiser les coûts de fabrication afin de proposer des produits de qualité, au prix le plus bas, et ainsi rendre le sport accessible à tous ». C’est comme ça qu’il y a quelques années, est née Kalenji pour le running.

MAIS POURQUOI KALENJI ?

J’adore les chaussures de sport et j’adore les vêtements de sport aussi. Et je les aime encore plus quand il y a une histoire… Est-il utile de vous rappeler ou se situe le berceau de l’humanité ? Quel est le « seul » moyen de survie de ces champions de la course à pied ? Où habitent-t-ils ? Qui sont-ils ? À 2000 m d’altitude sur les hauts plateaux de l’Ouest Kenyan, à Eldoret, habitent les Kalenjins. Anciens nomades, la course à pied fait partie de leur vie et de leur histoire. Elle était autrefois un moyen de survie pour fuir les tribus rivales. Les enfants courent 15 km par jour : ils enchaînent les kilomètres pour aller et rentrer de l’école, ils courent depuis leurs premiers pas sans s’en rendre compte. Considérée aujourd’hui comme un sport, la course à pied représentait également pour les jeunes de la tribu une étape importante de leur vie : c’est en attrapant une antilope qu’ils accédaient au statut d’adulte.

UNE APPROCHE ORIGINALE

Moins de volume d’entraînement, plus de phases de repos mais plus de variations de rythme. Ils courent aux sensations en jouant avec les variations du paysage. Ils s’imposent moins de contraintes de vitesse et de fréquence cardiaque. Ils courent rarement sur piste, par contre, ils ont un truc. C’est leur force. Ils courent toujours en groupe et surtout : avec le sourire !

COURIR POUR LE PLAISIR AVEC KALENJI

La course à pied est le sport le plus inné chez l’Homme. Vous l’avez pratiqué depuis votre enfance avec plaisir et complicité avec vos amis, on n’apprend pas à courir, courir relève de l’instinct. Pourtant, la course à pied est souvent perçue comme une expérience intense, souvent violente à la fois pour le corps et aussi pour l’esprit. Cette expérience ne doit pas être une souffrance mais un moment de plaisir. L’important est de courir à son rythme : celui dicté par son corps et non par sa volonté, le rythme avec lequel on se sent en symbiose. C’est ce que j’ai retenu de KALENJI ! C’est ce que partage la marque passion running de Décathlon. Une approche joyeuse, accessible éveillée, qui développe pour tous l’envie de pratiquer la course à pied. 

LE TEESHIRT ML

Sur ce modèle, Kalenji respecte parfaitement l’esprit de sa gamme hiver : le vêtement allie mode, confort, technique et pratique ! 

QUAND ?

On en fera un usage running par temps froid, ce tee-shirt à zip est principalement composée sur l’ensemble de sa surface d’une matière type polaire, douce au toucher, permettant de garder le coureur bien au chaud. Dans le même esprit, il est dotée d’un col assez haut, ce qui m’a permis de courir protégé du vent. Il est bien sûr à manches longues, et pour être complet, un passe-pouce a été intégré au bout des manches pour garder une partie des mains au chaud : c’est pratique, surtout en trail car à l’inverse des gants on peut s’en défaire facilement sans à avoir à emmener avec soit un équipement en plus. Pour des températures entre 0 et 10°C : vous pouvez porter le haut KIPRUN WARM REGUL comme une deuxième couche avec un tee-shirt en dessous. Pour des températures en dessous de 0°C : vous pouvez ajouter une troisième couche au dessus comme la veste KIPRUN EVOLUTIV ou le coupe vent KIPRUN WIND.

SÉCURISANTE 

Toujours dans l’esprit de protection du coureur, quelques bandes réfléchissantes ont été placées sur le vêtement afin d’être visible durant les sorties nocturnes : sont ainsi équipés les manches et l’arrière du vêtement. C’est pour moi, coureur assez souvent nocturne, quelque chose d’indispensable dans un vêtement.

6 AUTRES AVANTAGES IDENTIFIÉS 

  1. CHALEUR

Le tee-shirt permet de courir par des températures entre 0 et 10°C.

  1. ÉVACUATION DE LA TRANSPIRATION

Le tee-shirt permet de courir en restant à la bonne température sans avoir froid

  1. VENTILATION

Double zip permettant de moduler les entrées d’air pour gérer sa température.

  1. MODULARITÉ

Moufles et passe-pouces intégrés pour garder les mains au chaud

  1. COUPE VENT

Une membrane coupe vent sur le haut du buste

  1. POCHES

Poche pour des clefs ou une carte bleue

ET LE COLLANT ALORS ?

Côté esthétique Kalenji s’est appliquée sur ce collant : le vêtement est composé de trois types de visuel. Une partie jaune pour la haute visibilité, une partie noire pour la sobriété et une partie tâchée pour la fantaisie. Franchement : le rendu est réussi

ET POURQUOI CE COLLANT PLUS QU’UN AUTRE ?

On retrouve cinq avantages pour moi :

  1. CHALEUR

Je cours et le sens protégé du froid pour des températures mêmes inférieures à 0 °C.

  1. LIMITATION DES IRRITATIONS

Le collant est conçu avec le moins de coutures possible pour limiter les frottements.

  1. MAINTIEN MUSCULAIRE

Je cours, mon produit diminue les vibrations engendrées par mes mouvements.

  1. POCHES

Je peux courir en gardant mon téléphone ou les clés dans ma poche fermée par un zip.

  1. ÉVACUATION DE LA TRANSPIRATION

Je cours, j’ai des zones d’aération pour mieux évacuer la transpiration. Bref l’ensemble technique est ultra bien conçu et le tout à un prix défiant toute concurrence. 65 € pour l’ensemble haut et bas alors que d’autres marques proposent ce genre de vêtements à des sommes qui dépassent parfois les 100 € juste sur un des deux articles. Pourquoi hésiter ?

CONCLUSION

Pour le collant avec sa facilité d’enfilage et de désenfilage, il est comme je les aime. J’adore les ouvertures en bas de mes jambes et esthétiquement : la griffe de la marque qui entoure ma cheville est très design. Pour le haut : plus habitué aux vestes de running en matière très légère et souple, j’ai été à première vue un peu sceptique en voyant la matière de la veste. Le haut est plus épais et rigide que les vestes de running que je porte habituellement. Pourtant je ne trouve rien à redire à son confort. Le bas de la veste est élastique et intégralement réfléchissant, permettant d’être vu par une voiture que l’on soit de profil, de face ou de dos, ce qui est un réel atout pour la sécurité. Bon, vous savez quoi ? Comme pour les chaussures Kiprun Fast, si les kalenjins ont pour habitude de courir avec le sourire, vous ne pourrez pas vous empêcher de continuer à avoir le smile encore une fois au moment de passer à la caisse… Pour moins de 150€, des doigts de pieds au bout des cheveux, vous êtes équipés au complet pour tout l’hiver !

TENUE HIVER KALENJI

Les + 
Chaleur, modularité, maintien, évacuation de la transpiration, limitation des irritations, ventilation, poches, prix et garantie deux ans 
Les –
Un peu lourd et l’exclusivité de la « fonction gant » du bout des manches 

  • Prix : 35 € le tee shirt manches longues / 30 € le collant

*Jean-François Tatard
Plus de 100 victoires dans des compétitions départementales, régionales et nationales
– 2h34’ au marathon
– 3ème du 100kms de Millau 2014
– 6ème de l’ECOTRAIL 2013
– 5ème des Championnats de France du 100kms 2013
– 2ème français au marathon de Florence 2012 et au semi-marathon de Barcelone 2013
– 3ème du championnat de France de semi marathon par équipe 2011

Courir dans le froid + VIDÉO

S’il fallait attendre la température parfaite  pour aller courir c’est pas compliqué, nous attendrions des siècles ou alors faudrait déménager sur le littoral californien ou à Miami Beach… Manque de bol, on vit dans un pays où il peut aussi faire très froid. Et il va donc falloir apprendre à courir quand les températures descendent sous les 0.
Par Jean-François Tatard – Photos : DR

 
 
Je sais, la course à pied c’est mieux quand il fait beau. Quand il fait jour. Quand il ne fait pas trop chaud. Quand il ne fait pas trop froid. Mais aussi quand on n’est pas fatigué. Qu’on en a vraiment envie. Et qu’on a aussi des copains et des copines pour nous accompagner. Quand on a les vêtements qui vont bien. Quand on a du temps. Etc, etc, Et quand est-ce que toutes ces conditions sont réunies ? Je viens de compter, tout réuni, ça ne m’est encore jamais arrivé cette année.

 

MAIS, LÀ, VRAIMENT, ÇA CAILLE…

La course à pied, nous sommes tous d’accord, c’est mieux au mois de mai. Mais qu’importe, le running présente quand même suffisamment de bénéfices et d’avantages pour notre corps et notre esprit pour que nous n’attendions pas les prémices du printemps pour rechausser les baskets ! Alors nous allons le faire mais pas n’importe comment…

L’ADAPTATION POUR SOLUTION

Si courir l’hiver est bon pour le coeur, ça n’en est pas tout-à-fait la même chose pour les muscles et les articulations. Il est donc impératif de prendre des précautions pour fuir la blessure.

AVANT LES 5 PRÉCAUTIONS

Le froid accélère la déshydratation en activant la sécheresse du corps. Il est donc d’autant plus important de s’hydrater avant et après l’effort. Votre footing durera plus d’une heure ? Prévoyez de boire pendant l’effort.

PREMIÈRE PRÉCAUTION

C’est bête mais vérifiez en 1 que vous n’êtes pas asthmatique. Les températures négatives favorisent les crises d’asthme. Et dans ce cas : mieux vaut privilégier la course sur tapis si le sport dans ces conditions vous est médicalement contre indiqué.

DEUXIÈME PRÉCAUTION

L’échauffement ! Même en été, on s’échauffe en vérité, mais l’hiver il faut y consacrer probablement plus de temps et faire monter très progressivement la température du corps. Si l’échauffement n’est pas pratiqué correctement, les risques de blessure sont bien plus importants. Pourquoi ? Parce que les muscles sont froids et doivent se réchauffer avant de faire une séance. Alors vous imaginez bien qu’en hiver, les risques sont d’autant plus importants.

TROISIÈME PRÉCAUTION

Qui se résume en trois astuces…

  1. En Actif, par la réalisation de mouvements dynamiques sollicitant l’activité cardiaque, l’ensemble des groupes musculaires et des articulations.
  2. En Passif, par les effets sur l’augmentation de la température corporelle des douches bien chaudes, bains, massages toniques, pommades chauffantes, etc. Ce mode passif n’est cependant pas suffisant pour préparer le corps à l’effort, même de faible intensité.
  3. Et enfin un mixte des deux. Ou autrement appelé les « activopassifs ». En combinant le mode actif et passif, vous pouvez optimiser l’efficacité de votre échauffement.

DE FAÇON PLUS SIMPLE

Autre possibilité : juste faire tourner ses chevilles, faire des montées en talons fesses et surtout, courir à une allure très lente durant au moins 10 minutes.

QUATRIÈME PRÉCAUTION

La respiration ! Apprendre à bien respirer pendant la course à pied, c’est ultra important. Et alors encore plus en hiver ! En inspirant par le nez et en expirant par la bouche : vous réchauffez l’air avant qu’il n’atteigne vos bronches pulmonaires. Pensez-y !
-> Voir aussi : Bien respirer en course à pied

CINQUIÈME PRÉCAUTION

 
Investissez dans le textile ! Et pas du coton. Des vêtements techniques qui gardent bien la chaleur. Et qui pourtant laissent respirer votre corps. Vous connaissez la « technique à l’oignon » ? Couche par couche… Commencez par vous couvrir d’un vêtement léger, respirant et près du corps. Ensuite, protégez-vous du froid en vous couvrant d’une veste style Gore-tex. Elle va vous permette de retenir la chaleur. Ou au minimum un coupe-vent. Et pas un K-Way au risque de vous retrouver rapidement dans les mêmes conditions qu’au sauna ! Une fois en mouvement, vous ne devez pas avoir trop chaud ! Vous devez vous sentir à votre aise. Et n’oubliez pas, quoi qu’il arrive : couvrez vous la tête. Pourquoi ? La moitié de votre chaleur corporelle est perdue par les extrémités de votre corps, et par votre tête en particulier.

POUR CONCLURE


 
Maintenant que vous connaissez les astuces, ralentissez aussi le rythme de refroidissement en effectuant des mouvements de renforcement musculaire en fin de course. Ils favoriseront l’équilibre thermique après l’arrêt de l’effort, et éviteront l’hypothermie qui peut rapidement être atteinte en cas de grand froid. Et puis pensez-y mais vous allez aussi pouvoir augmenter l’apport en calories. Par temps froid, les cellules musculaires et cérébrales auront besoin de plus d’énergie pour combattre. C’est pas une bonne nouvelle ça ? Vous allez pouvoir manger encore plus… Et dernier point, le running est un sport d’endurance qui produit des effets corporels opposés à ceux du froid. Il permettra ainsi au coureur, dans tous les autres contextes que celui de la course à pied, de mieux en mieux tolérer les basses températures !

Pourquoi court-on plus vite par temps frais ?

Le froid et la chaleur de l’air ambiant sont un handicap à la pratique du running, du moins si l’on parle de rendement chronométrique. Le corps est plus efficient par temps simplement frais. Voici pourquoi.
Par Guillaume Judas – Photos : DR

À vélo par exemple, les meilleures performances sont réalisées sous des températures autour de 20 à 25°C. D’abord parce que la principale résistance à l’avancement dans cette discipline (sur route ou sur piste) reste la résistance de l’air, et que l’air chaud est moins dense que l’air froid. Ensuite parce que la vitesse de déplacement du cycliste favorise les échanges thermiques et participe à la régulation de la température corporelle. Les inconvénients liés à la chaleur interviennent sous des températures plus élevées, autour de 30° et au-delà. En course à pied en revanche, la vitesse de déplacement plus réduite ne permet pas de bénéficier de ce refroidissement naturel à de telles températures, et la densité de l’air n’a que peu d’incidence sur la résistance à l’avancement. Pour optimiser notre rendement, nous devons donc avant tout lutter contre la surchauffe en courant, dès que les températures deviennent agréables.

Dépense d’énergie supplémentaire

Au cours d’un effort et après seulement quelques minutes, la température corporelle augmente en raison de l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la musculature. Une énergie dégagée par la combustion et la dégradation des substrats énergétiques, les fameux glucides (sucres) et lipides (graisses). Or, le rendement énergétique du corps humain n’est pas des plus efficaces, car près de 75% de l’énergie consommée par le travail musculaire est dissipée sous forme de chaleur. Lorsque cette chaleur augmente au-delà de ce qui est nécessaire pour que les muscles fonctionnent de manière optimale (autour de 38°C), c’est la température corporelle qui augmente, avec les risques de déshydratation précoce associés.
Les efforts longs et soutenus dans un contexte estival font donc chuter les performances, en raison d’une diminution du rendement musculaire. L’organisme produit plus de transpiration pour réguler la température, il se déshydrate tout en continuant à se réchauffer. Une sorte de cercle vicieux car cette hausse du thermomètre interne diminue la capacité de transport d’oxygène des muscles et leur contractilité. Le coeur est lui aussi beaucoup plus sollicité, car en plus d’alimenter les muscles en sang (et donc en oxygène), il doit humidifier la peau pour lutter contre l’élévation de la température. Ce travail supplémentaire entraîne une augmentation de la dépense calorique, avec une possibilité d’épuisement précoce.

Et par temps froid ?

Si courir est plus difficile par temps chaud, cela veut-il dire que plus il fait froid, plus nous sommes performants ? Pas vraiment, car le froid provoque des réactions similaires. Même en étant bien équipé, un effort sous des conditions froides impose un énorme travail à l’organisme, pour préserver avant tout les organes vitaux. Les muscles sont ainsi moins bien irrigués que sous une température tempérée. Le choix de l’équipement est ici essentiel, pour assurer la protection mais aussi un certain confort et une certaine respirabilité. Pour tenter de compenser, l’organisme accélère sa fréquence cardiaque.

“Un effort sous des conditions froides impose un énorme travail à l’organisme, pour préserver les organes vitaux.”

Ainsi pour une intensité donnée, la FC est plus élevée qu’à 10°C, et l’organisme consomme plus d’énergie. Les capacités maximales sont limitées par cette élévation superficielle de la fréquence cardiaque, comme elles le sont sous grosse chaleur. Le rendement musculaire est impacté par ce problème d’irrigation. Les muscles se contractent moins bien, et sont donc moins efficaces. Pour se maintenir à bonne température, l’organisme dépense plus d’énergie et puise donc plus rapidement dans ses réserves. La dépense calorique est là aussi plus élevée que dans des conditions normales.

Même si les premières minutes de mise en action sont moins agréables qu’en plein coeur de l’été, c’est bien par temps frais et tempéré, autour de 12 à 13°C que l’organisme atteint son meilleur rendement. Les températures inférieures ou supérieures n’interdisent pas la pratique du running, bien au contraire. Mais il faut en tenir compte en termes de dépense calorique et de diminution du rendement musculaire. Et donc de performances. 

Chaud ou froid sur la douleur ?

Courir régulièrement expose parfois à quelques petites douleurs musculaires ou articulaires, qu’il s’agisse de simples courbatures ou de véritables blessures. Avant ou en complément de la consultation médicale (qui pourra éventuellement recommander un arrêt momentané de l’activité ou des soins complémentaires), voyons si l’application de chaleur ou de glace est efficace, et sur quel type de douleur l’une ou l’autre des deux méthodes convient.
Par Guillaume Judas – Photos : @Brooks

Courir sollicite muscles et articulations, du fait de l’intensité plus ou moins prononcée de l’effort et des chocs répétés sur le sol lors de chaque foulée. Après une bonne séance, de légères courbatures musculaires ne sont pas rares, mais sont sans aucune gravité. Elles s’atténuent en général d’elles-mêmes, surtout si vous laissez le temps nécessaire à votre organisme pour récupérer avant la séance suivante. Les douleurs articulaires sont à prendre avec plus de précautions, car elles peuvent être annonciatrices de blessures plus profondes, avec un risque ultérieur de repos forcé et prolongé. Une douleur persistante, musculaire ou articulaire, perturbe vos appuis et donc la qualité de vos séances suivantes, avec la possibilité de créer d’autres douleurs ou blessures. Le cercle infernal ! Il est ainsi utile de pouvoir atténuer la douleur en période de récupération, pour en favoriser l’élimination. Le chaud et le froid appliqués sur une partie sensible sont bien connus pour leurs vertus anti-douleurs ou régénératrices, mais il ne faut pas confondre ces méthodes avec la prise de médicaments qui peuvent dans un premier temps se contenter de masquer la douleur d’une blessure bien présente. La plupart du temps, seule une période de repos est à même de soigner muscles ou tendons blessés. 

Coup de froid

Le froid est rapidement efficace pour soulager une douleur résultante d’une blessure, comme une foulure, une entorse, un coup ou une déchirure. Il s’applique grâce à un spray ou à une poche de glace, si possible rapidement après la survenue de la douleur, et favorise une diminution de l’oedème directement consécutif au choc ou au faux mouvement, en plus de diminuer rapidement la douleur grâce à un effet antalgique. Le froid provoque une vasoconstriction des vaisseaux sanguins et protège les tissus des conséquences d’une réaction inflammatoire. Le froid soulage mais ne traite pas vraiment, et il n’est pas recommandé dans le cas d’inflammations durables. Il peut par exemple faire du bien sur le moment en cas de douleur tendineuse au niveau du tendon d’Achille, mais n’est d’aucun effet sur la récupération de celui-ci en cas de blessure bien installée.

Douce chaleur

L’application de chaleur sur une partie sensible permet d’augmenter la circulation sanguine par effet de vasodilatation (les vaisseaux sanguins sont dilatés, au contraire de ce qui se passe avec le froid, où les vaisseaux voient leur calibre diminuer). L’élimination des toxines est ainsi accélérée, grâce à un apport supplémentaire en oxygène de la partie traitée, et l’élasticité des tissus est favorisée, ce qui atténue la douleur à plus long terme. La chaleur convient donc principalement à toutes les douleurs musculaires, du dos ou des membres inférieurs, telles que les crampes, les courbatures ou les tensions. La chaleur requise s’administre avec une bouillotte, une poche d’eau chaude, ou encore une crème chauffante. Ce dernier cas peut soulager ou même préparer des muscles un peu endoloris avant un nouvel effort, avec un massage prolongé. Mais les effets ne sont que superficiels (sur l’épiderme ou peu profondément dans le muscle).
Dans tous les cas, si une douleur persiste au-delà de 24 ou 48 heures, mieux vaut demander conseil à un pharmacien ou consulter un médecin.
 

Copyright © 2020 Agence Commin All Rights Reserved.  Mentions légales

Runing4all

GRATUIT
VOIR