Un test cognitif est une évaluation de la capacité d’une personne à penser et à se souvenir, mais en quoi consiste-t-il exactement ? Existe-t-il un seul test des fonctions cognitives ? Quelles sont les capacités cognitives spécifiques qui sont évaluées ? Comment les experts interprètent-ils les résultats ?

Au cabinet du médecin

Lorsqu’une personne commence à avoir des pertes de mémoire de plus en plus fréquentes, elle fait souvent part de ses inquiétudes à son médecin. Une certaine perte de mémoire à court terme est à prévoir chez les personnes de plus de 50 ans, mais si une personne présente des déficits plus graves que d’autres de son âge, elle peut souffrir de troubles cognitifs légers (MCI). MCI est un terme spécifique désignant les personnes qui correspondent à cette description mais dont les problèmes cognitifs n’interfèrent pas de manière significative avec les activités de la vie quotidienne. Les tests cognitifs jouent un rôle important dans le diagnostic du MCI.

Les médecins de soins primaires peuvent effectuer de simples tests de mémoire et de cognition lors d’une visite au cabinet au cours de laquelle des inquiétudes sont soulevées ou une déficience est suspectée. Plutôt que de produire des résultats et des diagnostics définitifs, ces outils s’apparentent davantage à des outils de dépistage permettant d’identifier les personnes qui devraient subir une évaluation plus approfondie par des spécialistes.

Les deux outils les plus courants sont :

  • Le mini-examen de l’état mental (MMSE). Plutôt que de simplement tester la mémoire, le MMSE, créé en 1975 et qui dure moins de 10 minutes, évalue divers aspects de la cognition d’une personne, notamment sa capacité à s’orienter dans l’espace et dans le temps, à effectuer des calculs mentaux, à suivre des schémas spatiaux, à se souvenir des mots prononcés, à identifier des objets et à suivre des commandes simples. Par exemple, il est demandé aux personnes subissant le MMSE d’identifier le jour, le mois, la saison et l’année, ainsi que de nommer l’État, le comté, l’hôpital et l’étage dans lequel l’examen a lieu. Il leur sera demandé de compter à rebours de 100 par sept, d’identifier par des noms des objets simples tels que des crayons et des montres-bracelets, d’écrire une phrase simple, de copier un dessin géométrique de base et d’effectuer d’autres tâches similaires. La notation est effectuée sur une échelle de zéro à 30, tout chiffre inférieur à 26 indiquant une probabilité de MCI.
  • L’Évaluation Cognitive de Montréal (MoCA). Ce test, créé en 2005 pour s’appuyer sur le MMSE, ne prend que quelques minutes de plus que le MMSE à administrer. À travers 11 tâches, il mesure sept domaines cognitifs dont l’attention, l’abstraction et la fonction exécutive, et est noté sur une échelle allant jusqu’à 30 points possibles. Lors du MoCA, par exemple, il est demandé à la personne de tracer une séquence sur un papier en suivant le modèle 1->A->2-B etc. jusqu’à 5->E. Ensuite, il ou elle doit copier un simple dessin de bonhomme allumette, dessiner un cadran d’horloge indiquant une heure spécifique, identifier des dessins d’animaux communs, répéter une liste de mots sans rapport, passer une minute à nommer autant de mots que possible en commençant par une lettre spécifique de l’alphabet, répéter deux phrases de complexité modérée et catégoriser des ensembles d’objets courants. Comme pour le MMSE, la personne doit également identifier le lieu et l’heure et compter à rebours de 100 par sept. Un score de 25 ou moins indique un MCI possible. (Comme certaines questions sont plus difficiles pour les personnes peu scolarisées, un point est ajouté au score si la personne a complété 12 années d’études ou moins).

On pense généralement que le MMSE est plus efficace pour identifier les formes plus graves de déficience cognitive, tandis que le MoCA est plus performant en matière de détection du MCI. Le MMSE n’est capable d’identifier correctement que 18 % des candidats atteints de MCI, tandis que le MoCA identifie correctement 90 % des cas. A l’inverse, le MMSE identifie correctement 100% des personnes qui le font pas ont un MCI, contre 87 % avec le MoCA.

Le MoCA est actuellement l’outil de dépistage en cabinet le plus largement utilisé pour le MCI. Ces dernières années ont vu la création d’alternatives, mais aucune n’a gagné suffisamment de terrain pour renverser le MoCA. Il s’agit notamment de l’examen sur l’état mental de l’Université de Saint Louis (SLUMS) et du questionnaire court sur l’état mental portable (SPMSQ).

Que se passe-t-il après les résultats du test

Si l’administrateur du MMSE ou du MoCA détermine que le score d’une personne suggère une déficience cognitive, il orientera probablement cette personne vers un neuropsychologue pour une batterie d’évaluations beaucoup plus intensive. Plutôt que de prendre quelques minutes comme avec le MMSE ou le MoCA, les tests du neuropsychologue peuvent nécessiter plusieurs heures. Il peut inclure :

  • Une interview sur la vie de la personne
  • Une discussion sur leurs préoccupations concernant leur cognition
  • Examens effectués au crayon et au papier
  • Tests effectués à l’aide d’un ordinateur, d’un clavier et d’une souris

Ces tests sont conçus pour couvrir bien plus d’aspects de la cognition que les tests de dépistage. Par exemple, les tests neuropsychologiques peuvent évaluer non seulement l’attention, le langage, le raisonnement et la mémoire, mais aussi l’organisation, la résolution de problèmes, le jugement, l’apprentissage et la vitesse de traitement, ainsi que les domaines adjacents à la cognition tels que les compétences sociales et la motricité fine.

Une fois le test terminé, le neuropsychologue évalue les performances de la personne à l’aide d’échelles standardisées qui la comparent à des pairs d’âge et de niveau d’éducation similaires. Le neuropsychologue ne pose pas de diagnostic. Au lieu de cela, il rédige un rapport résumant les forces et les faiblesses cognitives de la personne, les résultats surprenants et une série de recommandations pour améliorer les domaines de faiblesse révélés par les tests. Le rapport est ensuite transmis à vos médecins qui utilisent ces informations ainsi que d’autres informations dont ils disposent pour établir un diagnostic.

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